Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Archive for the ‘International’ Category

Sauver Farzad Kamangar

Posted by syndicaliste sur 18 août 2008

Empêcher l’exécution du syndicaliste enseignant Farzad Kamangar

www.ei-ie.org/sauvezfarzad

Chers collègues,

Farzad Kamangar, un enseignant de 33 ans et ancien syndicaliste de la province du Kurdistan iranien, risque d’être exécuté suite à un procès inique.

Ces dernières semaines, l’Internationale de l’Education (IE) a écrit au gouvernement iranien afin de lui demander de garantir l’équité judiciaire pour Farzad Kamangar et les autres syndicalistes emprisonnés. En dépit des efforts conjoints de diverses campagnes nationales et internationales, la peine de mort prononcée à l’encontre de Farzad Kamangar a été confirmée par la Cour suprême le 11 juillet 2008. En outre, des collègues syndicalistes et des défenseurs des droits humains iraniens, qui ont manifesté leur solidarité avec Farzad, ont fait l’objet de mesures d’intimidation de la part des autorités iraniennes.

L’arrestation, la détention et la condamnation de syndicalistes en raison de leurs activités légitimes de défense des droits humains et syndicaux constituent non seulement des violations graves des droits fondamentaux, mais créent en outre un climat de peur préjudiciable au développement d’activités syndicales en Iran.

Contexte

Farzad Kamangar, qui a travaillé comme enseignant dans des zones rurales et est un militant des droits humains, est accusé de terrorisme en raison de sa prétendue affiliation au Parti des travailleurs kurdes, le PKK. Selon son avocat, Khalil Bahramian, il n’existe aucune preuve permettant de justifier l’allégation selon laquelle M. Kamangar aurait «mis en danger la sécurité nationale». Son avocat, qui n’a pas été autorisé à le défendre, a déclaré que le procès de Farzad était contraire à l’article 168 de la Constitution iranienne: «Les délits politiques et de presse doivent être jugés publiquement et en présence d’un jury, devant une cour de justice». En l’espèce, un seul juge a examiné l’affaire en cinq minutes et l’accusé n’a pas été autorisé à s’exprimer.

Un comité de soutien composé de membres de l’Association professionnelle des enseignants, d’anciens collègues de Farzad Kamangar et de défenseurs des droits humains, dont la Prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi, a été créé le 21 juillet 2008 afin de défendre les droits civiques de Farzad Kamangar et d’entreprendre des actions légales pour commuer sa sentence. À l’issue de la première réunion du comité de soutien, trois enseignants ont été arrêtés et emmenés au Centre de détention et de renseignement à Sanadaj, dans le Kurdistan iranien. Deux d’entre eux, Hassan Ghorbani et Kaveh Rostami, sont toujours en détention, tandis que le troisième, Ahmad Ghorbani, a été libéré sous caution après deux semaines. Les partisans de Farzad et leur famille sont quotidiennement harcelés par des appels en provenance du ministère du renseignement et de la sécurité nationale.

En plus de s’opposer à la peine de mort, l’IE condamne les tortures infligées à M. Kamangar pendant sa détention et le refus de soins médicaux. Lorsque sa famille a finalement été autorisée à lui rendre visite en prison, ses blessures étaient telles qu’il était incapable de marcher. L’IE a pressé les autorités iraniennes d’enquêter sur les déclarations de torture et de veiller à ce qu’à l’avenir, aucun détenu ne subisse ni torture ni mauvais traitement.

À ce jour, l’IE n’a pas d’affilié en Iran. Cependant, l’IE a reçu une demande d’adhésion provenant de l’Association professionnelle des enseignants iraniens et un représentant de cette organisation a été invité à assister au dernier Congrès de l’IE à Berlin en 2007. À son retour du Congrès de l’IE, Mohammad Khaksari a été harcelé par les forces de sécurité. M. Khaksari est aussi un membre actif du «Comité pour sauver Farzad» et fait partie des personnes harcelées par le ministère du renseignement.

Que pouvez-vous faire?

En tant que syndicat d’enseignants, vous pouvez:

  1. Faites connaître la situation de Farzad Kamangar et des enseignants en Iran dans votre magazine, sur votre site Internet, lors des réunions et par tout autre moyen approprié.
  2. Écrire aux autorités iraniennes. Votre organisation est invitée à lancer un appel au président iranien afin qu’il fasse:
    • réexaminer le cas de Farzad Kamangar et expliquer plus clairement les charges retenues contre lui et d’autres syndicalistes enseignants actuellement détenus;
    • commuer la condamnation à mort de Farzad;
    • renoncer au recours à la torture;
    • autoriser Farzad Kamangar à avoir des contacts réguliers avec sa famille et son avocat;
    • cesser le harcèlement à l’encontre des proches de Farzad Kamangar et des membres du Comité pour empêcher son exécution;
    • accepter un dialogue pacifique sur les préoccupations professionnelles des enseignants et enseignantes en Iran.

Veuillez envoyer vos appels à:

Président de la République islamique d’Iran
Son Excellence Mahmoud Ahmadinejad
Palestine Avenue, Azerbaijan Intersection
Téhéran 13168-43311
République islamique d’Iran
Courriel: dr-ahmadinejad@president.ir

Chef de l’État
Son Excellence l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei,
Bureau du Guide Suprême
Islamic Republic Street – Shahid Keshvar Doust Street,
Téhéran
République islamique d’Iran
Courriel: info@leader.ir / Fax: +98-21 649 5880 (sujet à caution)

Ministre de la justice
Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi
Cabinet du ministre de la justice
Pasteur St., Vali Asr Ave., South of Serah-e Jomhouri
Téhéran 13168-14737
République islamique d’Iran
Courriel: info@dadgostary-tehran.ir / Fax: +98-21 879 6671/640 4018 (sujet à caution)

Veuillez également faire parvenir une copie de votre lettre à l’ambassade d’Iran dans votre pays (dans certains pays, comme les États-Unis, l’ambassade du Pakistan veille aux intérêts de la République islamique d’Iran), ainsi qu’à l’IE (headoffice@ei-ie.org ou par fax: +32 2 224 0606).

L’IE vous tiendra bien évidemment informés de tout développement. Pour toute information supplémentaire ou pour discuter d’actions éventuelles, veuillez contacter la coordinatrice des droits humains et syndicaux de l’IE (dominique.marlet@ei-ie.org) ou tél +32 2 224 0680).

Je vous remercie d’avance pour le soutien que vous apporterez à nos collègues iraniens.

Solidairement,

Fred van Leeuwen
Secrétaire général de l’Internationale de l’Education

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Iran: un militant fouetté pour avoir célébré le 1° mai

Posted by lucien sur 19 février 2008

Traduit de ILRW

Radio Farda – Sedigh Amjadi, un travailleur de Sanandaj dans la province du Kurdistan, subi 10 coups de fouet le 16 février 2008 pour avoir participé à la célébration du premier mai deux ans auparavant. Il a aussi écopé d’une amende de 200,000 tomans ($2000). M. Amjadi ainsi que 12 autres travailleurs ont été arrêtés et emprisonnés au cours de la Journée internationale du travail. Deux d’entre eux ont été condamnés à 30 mois de prison et les autres à 91 jours de prison et 10 coups de fouet chacun. . Une cour d’appel a récemment approuvé la peine de coups de fouet mais modifié les peines de prison en 200000 tomans pour chacun d’entre eux.
C’est la première fois qu’un travailleur reçoit des coups de fouet pour avoir célébré la fête du premier mai.

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Iran : Nouvelles de Salehi, Osanloo et les militants du syndicat de Vahed

Posted by lucien sur 18 février 2008

Toujours en prison, Mahmoud Salehi a reçu la visite le 7 février 2008 de son épouse, Najibeh Salehzadeh, et de son avocat, M. Mohammad Sharif.

M. Sharif a parlé avec Mr.Amjadi, procureur de la ville de Sanandaj. Après quelques discussions et désaccords, dont son effort de refuser M. Sharif comme représentant légal de Mahmoud, le procureur a finalement accepté de permettre à M. Sharif et Najibeh de visiter Salehi. Après la visite, Sharif a annoncé que la santé de Mahmoud avait considérablement détérioré. Il rapporte que Mahmoud est en grand danger. M. Sharif a invité le procureur à libérer Salehi pour le réveillon du nouvel an (20 mars). Tous les rapports des médecins de l’hôpital de Tohid indiquent que la santé de Salehi se détériore nécessitant des soins appropriés en dehors de la prison et demandent sa libération pour les recevoir. Cependant, le médecin examinateur du gouvernement, Dr. Babayee, a rejeté tous ces rapports.

M. Sharif a rapporté que les autorités judiciaires sont très fâchées que la situation de Mahmoud a été rendue publique dans le monde entier et que le Représentant permanent de la République islamique de l’Iran à l’ONU a été averti au sujet de la situation de Mahmoud. M. Sharif a également ajouté que les médias officiels et semi-officiels en Iran ont été silencieux au sujet de la situation de Mahmoud. ISNA (l’agence officielle de presse des étudiants iraniens), par exemple, a refusé de publier son entrevue.

Selon le syndicat, Mansour Osanloo, président du conseil d’administration du syndicat Vahed, a reçu la visite de son avocat, Paviz Khorshid, à l’hôpital. En donnant de ses nouvelles au journaliste juridique de l’ISNA, il a indiqué « après le transfert de mon client à l’hôpital pour une intervention chirurgicale sur un œil, je lui ai rendu visite hier ». Il a ajouté « Mansour Osanloo a été transféré à partir de la prison d’Evin à l’hôpital jeudi dernier et a eu une opération lourde sur son oeil. Selon les recommandations des médecins, il devrait être sous surveillance médicale pendant cinq semaines, mais sa permission court seulement jusqu’à samedi prochain ». Selon d’autres sources, la famille et certains collègues d’Osanloo ont pu lui rendre visite à l’hôpital. L’avocat de Mansour Osanloo et sa famille ont soumis une demande de prolongation de son séjour afin d’empêcher toute conséquence négative pour sa santé après cette chirurgie ». Cependant, en dépit de tous ces efforts, Mansour Osanloo a été transféré à partir de l’hôpital à la prison samedi soir, 2 février 2008.

Concernant les 26 membres du syndicat Vahed licenciés

Selon diverses sources en Iran, les 26 membres du syndicat de la Compagnie des Autobus de Téhéran et de sa banlieue licenciés pour leurs activités syndicales doivent faire face à des difficultés financières graves. Ils sont parfois dans l’impossibilité de nourrir leurs familles. M. Yaghoub Salimi, un membre du conseil d’administration du syndicat a indiqué que les autorités avaient essayé de forcer ces ouvriers à s’exiler en dehors de Téhéran. On ne leur permet même pas de travailler aux autobus privés de Téhéran. Tous ces ouvriers sont poursuivis aussi bien par la justice que par le ministère du travail. Ils ont fait appel aux sanctions mais leurs demandes n’ont pas été jugées. Ils ont même interpellé Ahmadinejad, lors d’un événement publique, mais rien n’a été fait pour les aider à retrouver du travail. Ils ne reçoivent aucun salaire, avantage ou compensation quelconque. M. Ebrahim Medadi, vice-président du syndicat, a été convoqué devant le tribunal sur d’anciennes accusations et pourrait être condamné à nouveau pour les mêmes faits. Selon le syndicat, M. Parviz Khorshid, l’avocat qui défend Ebrahim Madadi se dit outragé du fait que l’accusation à l’encontre d’Ebrahim Medadi ne lui a pas été communiquée pour la bonne raison qu’elle ait été classée en 2005 ; son client a reçu un appel à comparaître devant le bureau d’application des peines.


Traduit en français à partir de ce document le 15 février 2008.


A l’occasion de ce bulletin, Syndicalisme de lutte signale que la campagne internationale pour la libération des syndicalistes iraniens a pris un nouvel élan avec une campagne commune Labourstart/Amnesty et l’appel des organisations syndicales internationales à une journée d’action le 6 mars (avec le soutien des associations des droits de l’homme et des partis de la gauche iranienne en exil).

Agir MAINTENANT!

Iran :

Libérer les ouvriers emprisonnés, respecter le droit du travail

Iran : Libérer les ouvriers emprisonnés, respecter le droit du travail

La CSI et la FIOT organisent une journée internationale d’action le 6 mars 2008 pour exprimer à nouveau, notre solidarité avec les travailleurs iraniens. Nous voulons Mansour Osanloo et Mahmoud Salehi soient libérés de prison immédiatement et sans réserve. Leur santé se détériore.

Nous exigeons également que les droits fondamentaux du travail soient respectés en Iran selon les conventions de base de l’OIT. L’emprisonnement d’Osanloo et de Salehi ne sont pas des cas isolés en Iran. Neuf salariés de l’éducation ont été condamnés à 91 jours de prison récemment. Les autorités iraniennes estiment qu’ils sont des « menaces pour la sécurité nationale ». En réalité, ce sont les syndicats et leurs activités qu’elles veulent écraser.

La répression du mouvement ouvrier indépendant en Iran se durcit. C’est pourquoi les organisations syndicales internationales, ainsi que des associations militantes des droits de l’homme, souhaitent envoyer un message fort au gouvernement iranien. Le 6 mars tombe deux semaines avant la nouvelle année iranienne et les élections parlementaires.

 

 

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Iran: L’intimidation des enseignants continue

Posted by lucien sur 23 décembre 2007

Le 14 décembre, neuf enseignants ont été condamnés à 91 jours d’emprisonnement par un tribunal pénal de la province de Hamadan en Iran.

Les neuf enseignants -Ali Sadeghi, Yousef Zareie, Majid Fourouzanfar, Jalal Naderi, Yousef Refahiyat, Hadi Gholami, Nader Ghadimi, Ali Najafi et Mahmood Jalilian- ont été accusés de « perturber l’ordre social, de faire des déclarations publiques et de tenir des réunions illégales« . Les enseignants ont été condamnés pour leur participation à des réunions syndicales d’enseignants appelant à l’amélioration des conditions de vie des enseignants et au respect de leur droit de former une association syndicale.

Certains de ces enseignants ont également reçus des sanctions disciplinaires du Bureau de discipline administrative. Yousef Zareie est muté pendant 36 mois à Ilam; Nader Ghadimi est muté pendant 60 mois au Khorasan du Nord; Hadi Gholami est suspendu pour 12 mois et Yousef Refahiyat a vu sa paye réduite de deux grades.
Depuis que la nouvelle année académique iranienne a commencé le 23 septembre, les intimidations à l’encontre des enseignants iraniens n’ont pas cessé.

Tout au long de l’année, les enseignants et les travailleurs académiques d’Iran ont participé à travers le pays à une série de manifestations pour dénoncer de consternantes conditions de travail et de vie dans l’éducation. Le gouvernement a répondu à ces manifestations par des menaces, des passages à tabac, des arrestations, des révocations et des suspensions d’enseignants. L’information fournie à l’IE par l’ITTA indique que 286 fichiers de sécurité ont été ouverts sur des enseignants qui ont été arrêtés dans le contexte de ces manifestations. Plus de 700 enseignants identifiés comme ayant pris part aux manifestations ont subi des coupes salariales, 86 enseignants ont été suspendus et 39 ont été bannis de l’enseignement.

Les forces de sécurité cherchent aussi à intimider les enseignants et les responsables syndicaux afin de les empêcher de demander leur affiliation à l’Internationale de l’Education. Le représentant de l’ITTA qui s’est rendu au Congrès mondial de l’IE en juillet a été arrêté dès son arrivée à l’aéroport de Téhéran et il a été enlevé deux fois depuis. Son appartement a été fouillé et tous les documents relatifs au processus de candidature à l’IE ont été soustraits.

Source: Internationale de l’éducation, 20-12-07

Voir aussi:

Quelques autres nouvelles de la répression syndicale en Iran:

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Les arrestations de syndicalistes continuent en Iran

Posted by lucien sur 30 novembre 2007

Reza Dehghan, syndicaliste iranien, co-fondateur du syndicat des peintres en bâtiment, a été arrêté le 18 novembre dernier pour avoir témoigné son soutien à Mansour Osanloo. Ce dernier, dirigeant syndical des personnels des bus de Téhéran (Sherkat-e Vahed), incarcéré, depuis juillet 2007 dans la tristement célèbre prison d’Evin malgré ses problèmes de santé, a vu sa peine de prison de 5 ans confirmée par la Cour d’appel de Téhéran.

Voir sur cette arrestation:

Voir aussi sur la répression anti-syndicale en Iran:

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Libérez Mansour Osanloo!

Posted by lucien sur 17 novembre 2007

Vidéo:

Add Video to QuickListMansour Osanloo – A quand la liberté

Film pour la campagne en faveur de la libération de Mansour Osanloo, syndicaliste iranien emprisonné en Iran… (8mn 55)

Voir aussi:

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Nouvelles de Mansour Osanloo

Posted by lucien sur 29 octobre 2007

De bien préoccupantes nouvelles de notre camarade syndicaliste emprisonné [revoir la Chronologie des Faits (septembre 2007) (63kb)]:

Iran : Mansour Osanloo perd la vision d’un œil après avoir été privé de soins médicaux

Illustration de l´article

Bruxelles, le 19 octobre 2007 : Mansour Osanloo, président du Syndicat des travailleurs de la compagnie d’autobus métropolitaine de Téhéran (Sherkat-e Vahed), écroué depuis juillet, a perdu la vision d’un œil après s’être vu privé de l’attention médicale dont il avait besoin d’urgence. Il est détenu à la tristement célèbre prison d’Evin, dans la capitale iranienne.

Mansour Osanloo a fait l’objet de harcèlements constants par les autorités iraniennes en raison de ses activités syndicales indépendantes. Incarcéré pendant huit mois, de décembre 2005 à août 2006, puis de novembre à décembre 2006, le dirigeant syndical a de nouveau été cité à comparaître. Il s’est rendu en Europe récemment afin de recueillir des soutiens internationaux en faveur des syndicats indépendants d’Iran et à pris la parole pendant la réunion du Conseil général de la CSI, le 21 juin 2007 à Bruxelles. Le 10 juillet, peu de temps après son retour en Iran, il a été arrêté et placé en isolement.

***

Iranian Regime Blinds Bus Workers’ Leader Osanloo

Publié dans

Mansour Osanloo, the Iranian bus workers’ leader, has lost the sight in one eye after being denied the urgent medical treatment he needed in prison. Apparently he has now received medical treatment… too late to save his sight.

Osanloo, President of the Syndicate of Workers of Tehran and Suburbs Bus Company (Sherkat-e Vahed) has been detained in the brutal Evin prison in Teheran since July this year. His eyes were first injured in May 2005 after he was attacked by government security forces, who also cut his tongue, leaving him with a lisp.

Osanloo has been repeatedly harassed by the Iranian government because of his trade union activities. He was imprisoned for eight months from December 2005 to August 2006, and also for a month from November to December 2006. He was threatened with five years in prison earlier this year.

Hanafi Rustandi, from the Indonesian seafarers’ union the KPI (Kesatuan Pelaut Indonesia), recently visited Iran to complaint about Osanloo’s incarceration. While there, although he was not allowed to visit the prison, he was told by the regime that Osanloo had received treatment.

The maltreatment is part of a wave of repression against independent union organising that has swept Iran since the teachers’ strikes in March. Apart from imprisonment and torture, the regime now appears to be using assassination to beat down its working class opponents.

Last week in the city of Sanandaj in Iranian Kurdistan, three hooded plain clothes agents attempted to assassinate Majid Hamidi, a member of the Coordinating Committee to Form Workers’ Organisation as well as a member of the Committee in Defence of Mahmoud Salehi. Hamidi was shot seven times in his arm, shoulder and neck and is in a critical condition in hospital.

Other activists have been visited at home or threatened by armed members of the security services. Socialists and trade unionists should be joining the protests in solidarity with Iranian workers and help to build the independent Iranian labour movement.

For more information on solidarity actions see itfglobal.org/solidarity/osanloo2.cfm

Paul Hampton

Voir aussi:

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Affamer les pauvres. L’éthanol et le prix de la tortilla mexicaine, par Noam Chomsky.

Posted by Vendemiaire sur 2 septembre 2007

CommonDreams.org et The International News, 16 mai 2007.

Le chaos provoqué par ce qu’on appelle l’ordre international est bien néfaste pour ceux qui se trouvent dans les niveaux inférieurs de la structure. Les tortillas [crêpes de maïs mexicaines] sont maintenant l’enjeu d’un conflit. Dans plusieurs régions du Mexique le prix des tortillas a augmenté de plus de 50%. En janvier, dans la ville de Mexico, des dizaines de milliers de travailleurs et de paysans ont manifesté sur le Zócalo, place centrale de la ville, pour protester contre le prix trop élevé des tortillas.

En réponse le gouvernement du président Calderón est parvenu à un accord avec les producteurs et les détaillants pour fixer une limite aux prix de la tortilla et de la farine de maïs, très probablement une solution temporaire.

La hausse des prix menace le principal produit alimentaire des Mexicains pauvres. C’est l’un des résultats de ce qu’on pourrait appeler l’effet éthanol, conséquence de l’acharnement des Etats-Unis à vouloir produire de l’éthanol à partir du maïs – substitut énergétique du pétrole, dont les principales réserves se trouvent bien sûr dans les régions du monde où l’ordre international est le plus menacé.

Ainsi l’effet éthanol aux Etats-Unis a fait monter les prix d’une bonne quantité de produits alimentaires, comme les céréales et la volaille. Il n’existe pas de relation directe entre l’instabilité au Moyen-orient et le coût de l’alimentation aux Etats-Unis, bien entendu. Mais comme toujours dans le commerce international les puissants font incliner la balance. Depuis bien longtemps l’un des objectifs de la politique extérieure des Etats-Unis a toujours été de créer un ordre global dans lequel les entreprises états-uniennes disposent d’un libre accès aux marchés, aux ressources et aux opportunités d’investissement. C’est ce qui est communément appelé le « libre échange », dénomination qui ne résiste pas au premier examen sommaire.

Cela n’est en rien différent de ce que la Grande-Bretagne, antécesseur dans la domination mondiale, avait imaginé durant la deuxième moitié du XIXème siècle quand elle adopta le libre échange, non sans avoir auparavant atteint une puissance industrielle bien supérieure à tous ses rivaux potentiels grâce à 150 ans d’interventionnisme étatique.

Les Etats-Unis ont dans une grande mesure suivi le même modèle. Généralement les grandes puissances désirent un certain niveau de libre échange lorsqu’elles considèrent que cela favorise les intérêts économiques qu’elles protègent. Cela a toujours été, et cela reste, l’un des caractères principaux de l’ordre international.

Le boom de l’éthanol relève de la même logique. Comme le signalent C. Ford Runge et Benjamin Senauer, spécialistes de l’économie agricole, dans le dernier numéro de Foreign Affairs, « l’industrie du biocombustible n’est pas activée par les forces du marché mais elle est depuis longtemps dominée par les intérêts de quelques entreprises », notamment par Archer Daniels Midland, le plus grand producteur d’éthanol.

La production d’éthanol se maintient grâce aux subventions de l’Etat et grâce aux tarifs douaniers forts élevés qui empêchent l’entrée de l’éthanol brésilien issu de la canne à sucre, nettement meilleur marché et de meilleure qualité. En mars lors d’un voyage du Président Bush en Amérique latine, la seule chose à laquelle il soit parvenu c’est à un accord avec le Brésil pour une production conjointe d’éthanol.

Mais Bush, tout en répétant la rhétorique du libre échange pour autrui soulignait que les hauts tarifs douaniers qui protègent les producteurs états-uniens seraient maintenus, ainsi que bien entendu tous les dispositifs d’aides gouvernementales pour cette branche.

Malgré les énormes subventions apportées à l’agriculture [états-unienne], financées par les contribuables, les prix du maïs et des tortillas ont augmenté très vite. L’un des facteurs c’est que les industriels commencent à utiliser les variétés de maïs mexicain qui sont meilleur marché. Cela fait monter les prix. Le Traité de libre commerce (TLC) de 1994 peut jouer un rôle de plus en plus important. Les déséquilibres initiaux du TLC ont eu pour conséquence d’inonder le Mexique de produits de l’agro-industrie subventionnée – contraignant bien des producteurs mexicains à abandonner leur terre.

L’économiste mexicain Carlos Salas après une analyse détaillée des données a signalé que, après une augmentation constante jusqu’en 1993, l’emploi dans l’agriculture a commencé à baisser avec l’entrée en vigueur du TLC, notamment parmi les producteurs de maïs – conséquence du TLC selon les conclusions de Carlos Salas et d’autres. Un sixième de la force de travail mexicaine dans l’agriculture a disparu depuis le début du TLC, et ce n’est pas fini. Cela fait baisser les salaires dans d’autres secteurs de l’économie et cela fait augmenter l’immigration vers les Etats-Unis. Ce n’est certainement pas tout à fait par hasard si le Président William Clinton a militarisé la frontière mexicaine -auparavant assez ouverte-, en 1994, juste au moment de l’entrée en vigueur du TLC.

Le Mexique auparavant autosuffisant sur le plan alimentaire est devenu dépendant des Etats-Unis du fait de la politique de « libre échange ». Le prix du maïs augmentant aux Etats-Unis, sous la pression des grandes entreprises et de par l’interventionnisme de l’Etat, on peut anticiper que les prix continueront d’augmenter de façon drastique au Mexique. De plus en plus les biocombustibles sont susceptibles d’« affamer les pauvres » dans le monde, disent Runge et Senauer, dans la mesure où les produits sont transformés en éthanol pour les privilégiés – le manioc en Afrique sub-saharienne pour prendre un autre exemple préoccupant.

De la même façon, dans le sud-est asiatique, les forêts tropicales sont taillées et brûlées pour produire de l’huile de palme destinée aux biocombustibles. Et aux Etats-Unis l’environnement est menacé par l’utilisation de grandes quantités d’intrants dans la production de maïs pour d’éthanol.

Le prix élevé de la tortilla, comme les autres soubresauts de « l’ordre international », montre le lien qui existe entre les événements du Moyen-orient au Midwest [« Moyen Occident », région centrale des Etats-Unis] et la nécessité d’établir des relations commerciales basées sur des accords vraiment démocratiques entre les personnes, et non sur des intérêts dont l’objectif principal ce sont les bénéfices des grandes entreprises subventionnées et protégées par l’Etat qu’elles dominent complètement, sans la moindre considération pour le coût humain.

Noam Chomsky

 

- Titre original : « Starving The Poor »

- Source originale (anglais) : www.commondreams.org

- Version espagnole : www.aporrea.org

- Traduction : Numancia Martínez Poggi

 

[Avram Noam Chomsky (7 décembre 1928), linguiste américain, est professeur au Massachussets Institute of Technology (MIT), l’un des principaux centres de recherches aux Etats-Unis. Ils est l’un des principaux critiques de la politique et des médias de son pays et a écrit plus de 60 livres, parmis lesquels 23 sur la politique des Etats-Unis.]

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‘Twighlight Zone’ / ‘The terrorist was neutralized’. Haaretz. 10/08/2007

Posted by Vendemiaire sur 2 septembre 2007

A coups de gourdin, de crosse de fusil, de coups de pieds portés à la tête, des soldats ont tué Jihad Shaer, un jeune homme de 19 ans qui se rendait à l’université pour s’y inscrire. L’armée affirme que Jihad Shaer a tenté d’attaquer les soldats avec un couteau. Un témoin dit qu’ils ont continué à le frapper alors qu’il était étendu par terre, menotté et inconscient.

Le taxi qui dessert Bethléem tardait et Jihad Shaer attendait, debout, dans la poussière de la station de taxis, près de son village, Tekoa. A quoi pensait-il au juste sous l’auvent au métal brûlant ? Il se rendait à l’université ouverte de Bethléem, afin de s’inscrire pour la prochaine année académique. Son père dit qu’il n’avait pas encore décidé quelles études il souhaitait entreprendre. C’est peut-être à cela qu’il pensait, debout à la station de taxis, cherchant à s’abriter du soleil torride du désert.

Qu’est-il passé par l’esprit des soldats qui l’ont battu, à coups de gourdin, de crosse de fusil, de coups de pieds portés à la tête, aux dires des témoins, et cela jusqu’à ce qu’il meure ? Se peut-il qu’il ait tenté de les attaquer avec un couteau, ce couteau que n’ont pas vu les deux témoins ? Et si c’est le cas, pourquoi les soldats ont-ils continué à le frapper furieusement, alors même qu’il était étendu par terre, inconscient et peut-être menotté comme nous l’a rapporté un témoin oculaire ? Et pourquoi, par-dessus le marché, l’armée israélienne s’est-elle empressée, « après une première enquête » au cours de laquelle aucun des témoins visuels n’a été interrogé, de classer cet incident grave avec ces mots : « les soldats ont agi de manière adéquate » ? Quel genre d’adéquation y a-t-il à ce que des soldats battent un adolescent à mort et que l’armée israélienne les blanchisse diligemment sans aucune enquête sérieuse ? Et quelle est cette monstruosité qui consiste à menotter le père en face du corps de son fils battu et agonisant, et de le laisser ainsi une heure durant comme un animal attaché ?

Trois trous s’ouvrent dans le crâne de Jihad, 19 ans, qui voulait être étudiant, et de nombreux points d’interrogation enveloppent ce qui s’est passé il y a deux semaines, le jeudi, derrière la jeep blindée Hummer, au carrefour entre Tekoa et Bethléem. L’armée israélienne, on peut en être sûr, n’essaiera pas de dissiper le brouillard accablant : elle sait déjà depuis longtemps que les soldats se sont conduits « de manière adéquate ».

Sur l’écran de l’ordinateur apparaissent des photos du mort. Le jour de l’incident, on a prétendu que Jihad était mort d’un unique coup de gourdin. Il suffit de regarder les photographies provenant de l’hôpital pour comprendre que ce n’est pas vrai : le visage paisible de l’adolescent est marqué de coups et trois trous peu profonds s’ouvrent au niveau du crâne, à l’avant et à l’arrière. Une autre photo montre le père – qui travaille dans une entreprise de Bethléem fabriquant des souvenirs en bois d’olivier – accablé par la mort de son fils, mains liées derrière le dos, agenouillé par terre, le visage exprimant la douleur contenue et l’humiliation, un soldat se tenant debout près de lui, arme brandie. Photo prise par quelqu’un qui passait par là. Tout est enregistré sur l’ordinateur. La maison se situe au seuil du désert, dans le village de Tekoa fait de maisons de pierre à flanc de montagne, face au Hérodion et à la colonie de Tekoa.

Barbe naissante en raison du deuil, Khalil, qui fabrique des croix en bois, est un homme paisible et doux. On dit que son fils était comme ça aussi. Le lendemain de l’incident, on a publié dans la presse israélienne que son fils était un instable, peut-être même mentalement handicapé. Pures fables. L’année passée, Jihad a travaillé assidûment pour obtenir les meilleures notes au bac et maintenant il était censé s’inscrire dans une extension à Bethléem de l’université ouverte Al-Quds.

Ce jeudi-là, 27 juillet, tout s’était déroulé comme d’habitude dans la maison familiale. Hussein, un des fils, était parti régler diverses affaires dans les services du Ministère de l’Intérieur à Bethléem. La mère de la famille était sortie pour une visite de famille et Jihad s’apprêtait à faire le trajet devant le conduire à l’université pour y remplir les formules d’inscription. Rien n’annonçait ce qui allait se produire une heure plus tard à peine. Jihad ni aucun autre membre de la famille n’a jamais été arrêté. Cette région est généralement tranquille, en dehors du harcèlement des patrouilles de l’armée israélienne.

Il était neuf heures et demie du matin lorsque Jihad a quitté la maison et s’est rendu à pied à la station de taxis située sur le côté de la route menant à Bethléem, à quelques centaines de mètres de chez lui. Son père, qui était à la maison, dit que Jihad n’avait rien emmené. La jeep blindée Hummer se trouvait déjà au bord de la route, à quelques dizaines de mètres de la station de taxis. Elle est presque toujours là, sorte de barrage impromptu destiné aux habitants de ce village plutôt paisible – contrôle des identités, brimades et humiliations : on veille au bon ordre de l’occupation.

Jihad était seul à l’arrêt de taxis. Apparemment, les soldats l’ont appelé, lui ont demandé d’approcher. Un policier palestinien, Moussa Suleiman, lui aussi du village, était à ce moment-là dans le taxi faisant le service de Bethléem et qui approchait de la station. Suleiman a vu Jihad marchant « normalement, d’une manière nullement suspecte » en direction des soldats. D’après lui, Jihad n’avait rien dans les mains, aucun objet.

Un soldat se tenait près de la portière du conducteur de la jeep et il y avait encore trois autres soldats assis à l’intérieur, raconte Suleiman. Lorsque Jihad est arrivé à la jeep, Suleiman a vu le soldat le saisir par la chemise et l’entraîner de force derrière le véhicule. Suleiman qui était alors à une vingtaine de mètres du Hummer, dit qu’apparemment une dispute avait éclaté entre Jihad et le soldat qui le tenait fermement par sa chemise, une dispute qui a tourné à la rixe. Quelques secondes plus tard, il les a vus tous les deux, Jihad et le soldat, rouler par terre.

A ce moment-là, les trois soldats de la jeep en sont sortis pour venir en aide à leur camarade. Suleiman a entendu deux coups de feu. Les quatre soldats, selon le témoignage de Suleiman, ont commencé à frapper Jihad étendu par terre. Il a vu les soldats frappant Jihad à l’aide de gourdins en bois, avec la crosse de leurs fusils, et Jihad essayant de se protéger la tête avec ses mains. A partir de ce moment-là, Suleiman n’a plus rien vu, parce que le taxi qui roulait lentement est passé à hauteur de la jeep lui cachant ce qui se déroulait derrière elle.

Après s’être éloigné de quelques dizaines de mètres de la scène du lynchage, le taxi a fait marche arrière afin de voir ce qui se passait derrière le Hummer. Suleiman dit que les soldats continuaient à frapper Jihad d’une manière incroyable. Il a vu le gourdin s’abattre au moins deux fois sur la tête de Jihad. « J’ai senti que ces coups-là étaient fatals », dit le policier. Il a vu Jihad étendu par terre. Selon lui, il ne bougeait déjà plus. Suleiman a couru jusqu’à la maison de Jihad, pour alerter son père : « Viens vite, les soldats sont occupés à tabasser ton fils ». Tout agité, le père a demandé à la grand-mère de Jihad de venir elle aussi jusqu’à la station de taxi, « peut-être les soldats allaient-ils avoir pitié d’elle et allaient-ils l’écouter », dit-il à présent. Mais Khalil n’a pas attendu la grand-mère et a couru vers la station de taxi, accompagné de Suleiman.

Quand ils se sont approchés de la scène, les soldats ont pointé leurs fusils vers eux en leur ordonnant de s’en aller. Un autre habitant du village, parlant l’hébreu, est arrivé sur place. Il a tenté d’expliquer aux soldats que Khalil était le père du jeune homme et qu’il voulait simplement savoir ce qui était arrivé à son fils. Le soldat a alors dit : « Dis-lui que son fils est déjà mort ».

Les soldats se sont saisis du père qui venait de perdre son fils et lui ont attaché les mains derrière le dos, le plantant sur la route, le Hummer le séparant du corps de son fils. Quant aux deux autres hommes, ils les ont chassés de là. Entre-temps d’autres forces étaient arrivées ainsi qu’une ambulance militaire. L’équipe médicale a semble-t-il tenté de ranimer Jihad – on voyait encore, cette semaine, de fins tuyaux à usage médical traînant par terre sur le bord de la route.

Après une quarantaine de minutes pendant lesquelles il est resté assis, menotté, en plein soleil, raconte Khalil, un officier de l’Administration civile est arrivé. Il s’appelle Taysir. Il a donné ordre aux soldats de détacher le père et lui a dit que son fils avait été emmené à l’hôpital de Beit Jala, tout proche. Pendant tout le temps où il s’était trouvé sur la route, mains liées, Khalil n’était pas parvenu à voir son fils, la jeep les séparant l’un de l’autre. Il a seulement entrevu sa chemise au moment où les soldats soulevaient Jihad et l’introduisaient dans l’ambulance militaire. Imaginez ce père menotté et son fils agonisant de l’autre côté de la jeep.

L’officier de l’Administration civile a dit à Khalil : « Pourquoi votre fils a-t-il fait ça ? » Le père : « Mon fils était sur le chemin de l’université ». L’officier : « Votre fils a fait des problèmes aux soldats et a brandi un couteau de cuisine ». Khalil : « Mon fils n’est pas sorti de la maison avec un couteau. Montrez-moi ce couteau, je connais les couteaux de notre cuisine ». « Vous voulez voir le couteau ? », a demandé l’officier pour revenir tout de suite sur sa proposition : « La police militaire a déjà emporté le couteau ». Khalil n’a pas vu le couteau.

Taysir a dit à Khalil que Jihad était gravement blessé. « Que lui avez-vous fait ? Vous lui avez tiré une balle dans la tête ? », a demandé le père et l’officier a proposé de ramener le père chez lui. Khalil a alerté son frère et ensemble, ils se sont empressés de prendre la route de l’hôpital de Beit Jala. Ils ont encore été retenus, à l’endroit même où le fils avait été tué. Ils n’ont été libérés et n’ont pu reprendre la route que dix minutes plus tard, quand est intervenu un soldat qui avait vu Khalil à cet endroit, un peu plus tôt.

C’est vers 11h15 que Jihad a été évacué. Peu après, le père arrivait à l’hôpital mais le corps de son fils n’a été amené à Beit Jala qu’aux alentours de 15h (le porte-parole de l’armée israélienne : « Afin d’examiner immédiatement les circonstances de la mort, le corps a été retenu par les instances habilitées »). L’officier de l’Administration civile avait dit au père que son fils était « grièvement blessé », mais avant cela déjà, le soldat lui avait dit que Jihad était mort, et il ne restait dès lors dans le cœur de Khalil aucun espoir de revoir son fils vivant. Il raconte tout cela sur un ton fataliste et avec une retenue qui surprennent.

Lorsque le corps est arrivé à l’hôpital, les médecins l’ont examiné. Ils ont établi que Jihad n’avait pas été tué par balles mais battu à mort. Ils ont découvert les trois trous superficiels à la tête ainsi que plusieurs blessures sur les autres parties du corps, surtout à la taille. Le corps a été envoyé à Abou Dis pour autopsie puis transporté pour être inhumé dans le village, accompagné d’une assistance très nombreuse. Plusieurs habitants du village racontent que lorsqu’on a commencé à creuser la tombe, une jeep des garde-frontière est arrivée dans le village et que ses occupants ont crié en arabe, dans le haut-parleur : « Jihad est mort, Allah aura pitié de lui et du c** de votre mère à tous ».

Le porte-parole de l’armée israélienne, cette semaine : « A la date du 26 juillet, au cours d’une opération de patrouille de l’armée israélienne à proximité du village de Hirbet a-Dir, à l’est de Bethléem, un Palestinien armé d’un couteau s’est approché de la patrouille et a tenté d’attaquer un des soldats. En réaction, le soldat agressé a ouvert le feu en direction du terroriste, le blessant dans la partie inférieure du corps. Comme le Palestinien continuait à essayer de poignarder le soldat, un autre soldat présent sur les lieux a été contraint d’utiliser un gourdin afin de neutraliser le terroriste. Grièvement blessé, le terroriste palestinien a reçu sur place des soins qui lui ont été prodigués par une équipe de l’armée israélienne. Finalement, il a été déclaré mort. »

Quelques cyprès sont plantés dans la pente, au pied de l’endroit où Jihad a été tué. On peut encore voir sur le sol des traces de sang ternies. La station de taxis est déserte. Une jeep Hummer nous observe depuis la colline qui domine la route. Nous montons la pente de la colline, passons devant la jeep blindée dont les occupants, quatre soldats portant des lunettes de soleil foncées pouffent de rire. Sont-ce les soldats qui ont tué Jihad ? Ou sont-ils de la même unité ?

Dans la jolie maison de pierre, avec sa ruche dans la cour et qui domine la station de taxis ainsi que la scène du meurtre, habite un autre témoin visuel, une femme, Nour Harmas, la trentaine. Le jour de l’incident, c’est le grondement du moteur de la jeep qui l’avait réveillée. Nour Harmas raconte qu’elle est allée dans la cuisine afin de préparer le petit-déjeuner de ses filles. Depuis la fenêtre de la cuisine, elle a aperçu le jeune homme attendant à la station de taxis. Puis elle s’est lancée dans les travaux du ménage. Un quart d’heure plus tard, elle a entendu un bruit sourd. Jetant alors un coup d’œil par la fenêtre de la cuisine, elle a vu que la station était déserte. Jihad ne s’y trouvait plus. Un cyprès cachait l’endroit où stationnait la jeep.

Nour Harmas s’est précipitée dans sa chambre à coucher, a ouvert la porte donnant sur la terrasse d’où elle pouvait voir l’endroit où se trouvait la jeep. « Je l’ai vu, couché par terre, les mains liées derrière le dos. Trois soldats se tenaient autour de lui. L’un d’entre eux lui donnait des coups de pied à la tête. Quand j’ai vu ça, j’ai couru chez les voisins pour appeler à l’aide ». Elle a demandé au cousin de son mari qu’il descende rapidement voir ce qu’ils faisaient à Jihad. Un enquêteur de « B’Tselem », Karim Joubran, nous sort de sa serviette une paire de menottes en plastique blanc, déchirées, qu’il a trouvée sur les lieux de l’incident. Jihad était-il menotté, aussi, quand les soldats l’ont tué sous leurs coups ? Ou s’agit-il des menottes dont les soldats avaient entravé le père, face au cadavre de son fils ?

Gideon Lévy

Version anglaise : ’The terrorist was neutralized’ – www.haaretz.com/hasen/spages/891862.html (Traduction de l’hébreu : Michel Ghys)

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Iran: revue de presse

Posted by lucien sur 17 août 2007

Iran : arrestation de cinq syndicalistes soutenant un collègue emprisonné

©AFP / 12 août 2007 15h31

TEHERAN – Cinq membres du syndicat des conducteurs d’autobus ont été arrêtés à Téhéran, a déclaré leur avocat Parviz Khorshid, cité dimanche par l’agence Isna.

« Ebrahim Madadi, Yagoub Salimi, Seyed Davoud Razavi, Ghohari et Homayoun Jaberi s’étaient rendus à la maison de Mansour Ossalou (le chef emprisonné du syndicat, ndlr) pour rencontrer sa famille et ils ont été arrêtés », a déclaré Me Khorshid.

« Ces arrestations sont illégales car ces personnes voulaient seulement rencontrer la famille de Mansour Ossalou. J’espère que mes clients seront libérés aujourd’hui même« , a-t-il ajouté.

Mansour Ossalou, responsable du Syndicat des conducteurs d’autobus de Téhéran et Faubourgs, est emprisonné à Evine (nord de Téhéran) depuis juillet, après plusieurs mouvements des conducteurs d’autobus de Téhéran pour protester contre leurs bas salaires et leurs conditions de vie.

Il a été condamné à quatre ans de prison pour action contre la sécurité nationale et à un an de prison pour propagande contre le régime islamique, selon l’agence Isna.

Le vice-procureur de Téhéran, Hassan Hadad, a expliqué dimanche que M. Ossalou avait été arrêté pour avoir distribué des tracts et tenté de créer un syndicat illégal.

« Tout d’abord le syndicat qu’il voulait créer est illégal. Ensuite, il a été arrêté lorsqu’il distribuait des tracts contre le régime, qui n’avaient rien à voir avec le syndicat« , a déclaré M. Hadad.

« J’ai parlé avec sa mère, sa femme et lui-même. Nous sommes arrivés à un accord, mais il ne l’a pas respecté« , a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions.

« Je lui ai demandé de changer de méthode car cela engendrait des problèmes de sécurité pour le pays mais il ne m’a pas écouté. Il a cru qu’il pouvait faire ce qu’il voulait parce qu’il avait voyagé deux fois à l’étranger« , a-t-il encore affirmé.

Une centaine de personnes ont participé jeudi à un rassemblement près de l’ambassade de la République Islamique d’Iran à Paris dans le cadre de la journée d’action mondiale organisée pour la libération de Mansour Ossalou et d’un autre syndicaliste détenu en Iran, Mahmoud Salehi.

Cette manifestation était organisée à l’appel d’Amnesty International, de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la Fédération internationale du transport (ITF).

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Solidarité syndicale avec deux Iraniens

L’Humanité, 10 août 2007

Une centaine de personnes ont participé jeudi à un rassemblement près de l’ambassade d’Iran à Paris, dans le cadre de la journée mondiale pour la libération de deux syndicalistes détenus en Iran. La CGT, la CFDT et FO étaient présentes.

Journée d’action internationale pour obtenir la libération de syndicalistes iraniens

Fédération internationale des ouvriers du transport, 9 août 2007

Des travailleuses et travailleurs du monde entier ont participé à une journée d’action pour réclamer la libération de deux syndicalistes actuellement emprisonnés en Iran.

Cette journée d’action internationale a été organisée conjointement par l’ITF et la Confédération syndicale internationale afin de réclamer la libération de Mansour Osanloo, président du syndicat des agents de bus de Téhéran, et de Mahmoud Salehi, membre fondateur de l’association des ouvriers boulangers de Saqez et du comité de coordination pour former des organisations de travailleurs.

Osanloo a subi plusieurs années de répressions aux mains du Gouvernement iranien et sa santé en a beaucoup souffert. Pendant ce dernier séjour en prison, on lui refuse tout soin médical ou représentation juridique – sa famille, son docteur et son avocat n’ont pas été autorisés à lui rendre visite. La santé de Mahmoud Salehi, également placé en détention, donne également des inquiétudes.

S’adressant aux participants d’une manifestation organisée aujourd’hui au Royaume-Uni devant l’ambassade iranienne à Londres, le Secrétaire général de l’ITF David Cockroft a constaté : « Nous sommes bien déterminés à obtenir une véritable liberté pour ceux qui cherchent à faire respecter les droits syndicaux fondamentaux. Ce sont les libertés stipulées dans les normes internationales auxquelles l’Iran a souscrit en devenant membre de l’Organisation internationale du travail. »

« Le traitement réservé à Osanloo et Salehi constitue une violation de toutes ces normes internationales. »

D. Cockroft a par la suite remis à l’ambassade iranienne une pétition qui réclame la libération des syndicalistes.

Des manifestations se sont également déroulées aujourd’hui dans les pays suivants : Algérie, Allemagne, Australie, Autriche, Belarus, Belgique, Canada, Egypte, Espagne, Etats-Unis, France, Finlande, Grande-Bretagne, Inde, Indonésie, Iran, Japon, Jordanie, Malaisie, Maroc, Népal, Norvège, Pakistan, Palestine, Panama, Pays-Bas, Roumanie, Russie, Suède, Suisse, Thaïlande, Tunisie, Trinité et Yémen.

Depuis la journée d’action, le Gouvernement iranien aurait arrêté cinq membres de l’exécutif du syndicat des agents de bus. Il semblerait également que des agents de la sûreté aient été postés dans la maison d’Osanloo, menaçant tous ceux qui souhaitaient organiser une manifestation pour réclamer sa libération.

Concernant ces derniers évènements, David Cockroft constate : « Ces arrestations montrent bien que le Gouvernement iranien s’inquiète du soutien international dont bénéficient Osanloo et Salehi. »

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Nos camarades iraniens:

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Mansour Osanloo [ou Ossanlu, Ossalou]

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Mahmoud Salehi

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La répression plonge le royaume des mollahs dans la terreur

Le Temps (Suisse), 15 août 2007

[Extrait:] La coercition ne concerne pas que les toxicomanes ou les gens peu respectueux de la «mode» islamique. Elle touche aussi de plein fouet les syndicalistes et les travailleurs. Il faut dire que les premiers ne se sont pas gênés de manifester à 47 reprises aux quatre coins du pays au cours des quatre derniers mois. La riposte ne s’est pas fait attendre. Le régime des mollahs a provoqué le licenciement de 26000 travailleurs depuis avril. Et plus de 1000 travailleurs perdent leur emploi chaque jour, selon Rajab-Ali Shahsavari, chef du Syndicat des travailleurs contractuels. Dans les universités, les purges sont aussi radicales.

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Déclaration d’Amnesty International

En soutien à la Journée internationale d’action en faveur de Mansour Ossanlu et Mahmoud Salehi le 9 août 2007, Amnesty International se joint à l’appel lancé par la Confédération syndicale internationale (CSI) et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) en faveur de la remise en liberté immédiate des deux hommes et de l’abandon de toutes les charges pesant contre eux en lien avec leur action pacifique et légitime en tant que syndicalistes.

Mansour Ossanlu, dirigeant du syndicat représentant les travailleurs de la régie des bus de Téhéran et de sa banlieue et Mahmoud Salehi, porte-parole du Comité organisationnel pour la création de syndicats et ancien dirigeant du syndicat des boulangers de Saqez, sont des responsables syndicaux ; leur arrestation, sur la base d’accusations formulées en termes vagues, visait à stopper leurs efforts en faveur de la construction de syndicats forts, capables de défendre les droits des travailleurs contre les lois et pratiques discriminatoires qui restreignent les droits des travailleurs en Iran.

Obtenir la remise en liberté de Mansour Ossanlu et de Mahmoud Salehi aidera les syndicats indépendants à passer la barrière de la gozinesh, ou sélection, un ensemble de règlements utilisés par les autorités iraniennes pour décider qui a le droit de former un syndicat ou de postuler pour un emploi dans toute une série de secteurs.

En 2003, la Commission de l’application des normes de l’OIT a examiné l’application de la Convention n° 111 concernant la discrimination (emploi et profession)(1958) en Iran. Le représentant des travailleurs a appelé la commission d’experts à examiner la pratique de la gozinesh, ou sélection. Les règlements de la gozinesh permettent aux autorités de l’État de sélectionner des personnes candidates à un poste dans la fonction publique, en fonction de leur conformité idéologique perçue ; un grand nombre de fonctions sont concernées, celles d’avocats ou de professeurs par exemple. La procédure de gozinesh sert également de base pour décider qui est autorisé à créer une organisation non gouvernementale ou adhérer aux instances dirigeantes d’ONG ou des Conseils islamiques du travail (Conseils islamiques), seules organisations du travail autorisées sur les lieux de travail.

Les Conseils islamiques sont une forme d’organisation collective prévue au titre du Code de procédure 2001 [relatif au] mode d’établissement, aux limites de fonctions, de pouvoirs et au mode d’opération des conseils islamiques du travail (le Code de procédure).

Le Code de procédure établit comment les travailleurs des secteurs de la production, de l’industrie, de l’agriculture, des services et les entreprises employant plus de 50 personnes peuvent créer des syndicats ou élire des conseils islamiques.

Les fonctions, devoirs et pouvoirs des conseils islamiques sont fixés par le Code de procédure. Selon l’article 1 du Code de procédure, ils sont créés pour « propager et étendre la culture islamique et défendre les acquis de la révolution islamique. » Ils sont donc davantage préoccupés par la poursuite d’un programme religieux et idéologique que par la promotion e la protection des droits des travailleurs.

L’article 10 du Code de procédure énumère un certain nombre de critères de gozinesh , imposant des restrictions discriminatoires à l’éligibilité des membres du comité central d’un conseil islamique donné. L’article 10c exige que les candidats soient « de bonne réputation » et possèdent « les dispositions requises au bon développement » du conseil et l’article10d qu’ils aient une expérience d’un an de travail au sein du conseil. Toutefois, l’article 10a exige des candidats qu’ils soient des musulmans pratiquants favorables au principe de Velayat-e Faqih (ou suprématie du jurisprudent religieux) et à la Constitution (article 10a) et l’article 10b exige qu’ils aient été présents et se soient montrés actifs dans différents domaines de la révolution islamique.

Les activités de Mansour Ossanlu et de Mahmoud Salehi témoignent de l’engagement des syndicalistes à mettre fin aux pratiques discriminatoires et à œuvrer en faveur des travailleurs et de tous les Iraniens et, par dessus tout, en faveur des droits humains en Iran.

Voir aussi:

Précédents billets sur la répression syndicale en Iran:

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