Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Archive for février 2008

Notation en ligne des enseignants: le juge des référés rendra sa décision le 3 mars 2008

Posted by lucien sur 27 février 2008

Source: Ensemble d’après dépêche AEF diffusée par des sections départementales.

Les organisations syndicales attaquent le co-fondateur du site, Stéphane Cola, sur “la violation des dispositions de la loi Informatique et libertés qui réglemente et encadre le système de traitement des informations nominatives en soumettant à des dispositions particulières les informations n’ayant pas reçu le consentement des intéressés“, explique Me Weyl. Or, “aucun des profs concernés n’a été saisi d’une demande de consentement“, poursuit-il.Le Snes et la FSU dénoncent en outre une atteinte à la vie privée, en vertu de l’article 9 du code civil: “il y a débat autour de cette question, mais nous estimons que la mise en ligne du nom d’une personne, suivi de son affectation et d’une évaluation purement subjective de son travail porte atteinte à la vie privée, dans la mesure où n’importe qui, y compris ses enfants, peut y avoir accès“, poursuit l’avocat.

ATTEINTE À LA FONCTION

Enfin, ce type de procédure s’apparente selon les plaignants à une “atteinte à la fonction”: “noter les profs, c’est le rôle de l’État, pas celui d’une officine privée, financée par la publicité. En plus, la procédure est complètement anonyme. Quand mon chef d’établissement me donne une note administrative, il assume et j’ai des possibilités de recours“, dénonce Francis Berguin. Pour Me Frédéric Weyl, “le prof est soumis à une relation inversée de notation sans aucune possibilité de rectification. Or, l’enseignant ne peut pas être évalué par l’usager, il ne fournit pas une prestation commerciale, mais remplit une fonction éducative“, estime-t-il.

L’argument de Stéphane Cola selon lequel ce type de procédure existe dans le supérieur ne tient pas la route. On note les enseignements, pas les personnes, ce n’est pas du tout la même chose. C’est d’ailleurs un débat sur lequel on est prêt à revenir“, estime Francis Berguin. Le secrétaire national du Snes regrette l’absence du ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, qui “avait condamné le site” , ce matin à l’audience, aux côtés des enseignants: “Nous l’avions sollicité, mais il n’a même pas pris la plume pour nous répondre.” [*]

~~

[*] Note d’Ensemble:

Nous avions noté l’illusion dérisoire d’en appeler au ministre le 10 février dernier (cf. Noter son prof… et l’art des communiqués) en disant notamment:

Le site en question, http://www.note2be.com, où on peut juger son prof dès la maternelle, a été créé par l’ancien assistant parlementaire de Phlilippe Séguin. Ce genre de collusion entre la droite et des offensives médiatiques inédites envers les enseignants n’est pas sans rappeler le vomi que déverse SOS-Education sur les enseignants (cf. Le grand audit a commencé, Ensemble 2006). Darcos n’a jamais rien fait contre les attaques et calomnies de SOS-Education, pourquoi prendrait-il des mesures “pour protéger les personnels” avec ce nouveau site?

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Recherche: Dans l’action le 4 mars !

Posted by syndicaliste sur 26 février 2008

FSU (SNESUP, SNCS, SNASUB, SNETAP, SNEP) CGT (SNTRS, FERC-SUP) – UNSA (Sup’Recherche, SNPTES, A&I)
CFTC-INRA – SOLIDAIRES (Sud-Recherche-EPST, Sud-Education) SLR – SLU – UNEF

 

Contre la mise en cause du rôle et des missions de service public des universités et des organismes de recherche

Dans l’action le 4 mars !

La politique du gouvernement et du Président de la République vise à bouleverser complètement l’Enseignement Supérieur et la Recherche. Les missions des organismes, transformés en agences de moyens, seraient profondément modifiées. Les libertés académiques d’enseignement et de recherche seraient en recul, soumises au
pilotage gouvernemental et aux financements privés ; les Unités Mixtes de Recherche (UMR), qui sont au coeur du lien enseignement-recherche, seraient menacées. Le statut des personnels est mis en cause notamment avec la multiplication des contrats précaires et la modulation des services.

Face à cette situation, contre laquelle les syndicats et associations soussignés se battent depuis longtemps, des directeurs d’unités et membres d’instances scientifiques appellent à une réunion au Collège de France le 4 mars pour réagir sur le recul de l’autonomie scientifique et le manque de perspectives pour les jeunes.

Les syndicats et organisations soussignés appellent les personnels à agir le 4 mars sur la base de leurs revendications, en convergence avec les directeurs d’unités et membres d’instances scientifiques. Ils proposent que soient organisés des AG (partout dans les établissements et les universités) et des rassemblements, pour informer les collègues et les amener à se mobiliser.

A Paris, un rassemblement « créatif » aura lieu à 12 heures, 1 rue Descartes, devant le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Paris, le 21 février 2008

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À vos marques®, prêts… cherchez !

Posted by lucien sur 26 février 2008

LIVRES

Editions du Croquant. Paru le 15/02/2008
ISBN : 978-2-9149-6837-9
256 pages. 18.50 euros

Isabelle Bruno

À vos marques®, prêts… cherchez !

La stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche

Mars 2000 : un Conseil européen extraordinaire se réunit à Lisbonne. Quoiqu’il n’ait pas fait les gros titres et demeure inconnu du grand public, ce sommet marque un tournant dans l’histoire de la construction européenne. Les chefs d’État et de gouvernement des quinze pays membres de l’Union se sont alors fixé « un nouvel objectif stratégique pour la décennie à venir : devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». À cette fin, ils ont ouvert le chantier d’un Espace européen de la recherche (EER) qui entend organiser la production, l’échange et la valorisation des savoirs sur le modèle du Marché commun. Ce projet vise à orienter les activités de recherche et d’innovation vers une finalité de compétitivité économique. Son but n’est pas d’intégrer les systèmes nationaux en recourant au droit communautaire, mais de les mettre en concurrence au moyen de techniques managériales censées insuffler un « esprit compétitif » dans les laboratoires comme dans les administrations publiques. Par la construction d’indicateurs de performance et leur évaluation comparative (benchmarking), il s’agit d’inciter les « chercheurs-entrepreneurs » à optimiser leur productivité, et les gouvernants à aménager des conditions institutionnelles, juridiques et culturelles attractives aux yeux des investisseurs. Quantifier ainsi le travail scientifique et l’art de gouverner n’est pas neutre. En explorant la genèse et la rationalité au principe de l’EER, ce livre se propose d’en déchiffrer les effets politiques sur la société européenne en formation.

Isabelle Bruno est maître de conférences en science politique à l’université Lille 2 et membre du Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS).

introduction

Mars 2000 : un Conseil européen extraordinaire se réunit à Lisbonne. Quoiqu’il n’ait pas fait les gros titres et demeure inconnu du grand public, ce sommet marque un tournant dans l’histoire de la construction européenne. Les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Union lui ont en effet assigné « un nouvel objectif stratégique pour la décennie à venir : devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ».
Dans leurs conclusions, cet objectif prend corps dans un programme décennal en deux volets, visant d’une part à « préparer la transition vers une économie compétitive, dynamique et fondée sur la connaissance » ; et d’autre part à « moderniser le modèle social européen en investissant dans les ressources humaines et en créant un État social actif ».
En mettant sur l’agenda les problèmes d’emploi, de formation professionnelle et d’exclusion, ce premier « sommet de printemps » a été présenté à l’époque, aussi bien par les universitaires que par les syndicalistes ou les sociaux-démocrates, comme l’acte de naissance de l’« Europe sociale », comme la « revanche de Maastricht ».
Et pour cause, ce qu’on a appelé la « vague rose » avait déferlé sur l’Europe depuis mai 1996, amenant au pouvoir des majorités de centre-gauche dans onze États membres sur quinze. Lorsque les Portugais prennent la présidence de l’Union début 2000, leur Premier ministre Antonio Guterres, qui se trouve alors être à la tête de l’Internationale Socialiste, peut donc mettre à profit un contexte propice au consensus pour tenter de surmonter les antagonismes inhérents aux questions extra-économiques. Le contexte est d’autant plus porteur qu’il conjugue les promesses de la « vague rose » avec celles de la « nouvelle économie ». On attend de la première l’ouverture d’une « troisième voie » qui bâtirait une « Europe sociale » enfin réconciliée avec la compétitivité industrielle ; et de la seconde, une croissance « vertueuse » – c’est-à-dire non inflationniste – fondée sur l’« immatériel » et le « capital humain », accompagnée d’un « retour au plein-emploi ».
Forte de cet unanimisme politique et économique, la présidence portugaise met donc au point une stratégie qui se veut à la fois globale et pragmatique. Globale dans la mesure où elle concerne aussi bien les politiques d’entreprise, de recherche et d’innovation, que la réforme des systèmes de retraites, d’éducation ou de santé. Pragmatique car elle délaisse la méthode communautaire traditionnelle, qui s’est certes montrée utile pour réaliser le Marché commun, mais qui apparaît désormais inopérante pour aller au-delà d’une Union économique et monétaire.
La stratégie – dite « de Lisbonne » – envisage donc bien la continuation de la construction européenne mais par d’autres moyens ; moyens qui ne sont plus diplomatiques ni juridiques, mais managériaux et disciplinaires. Elle entend remédier à ce qu’elle diagnostique être des problèmes d’action collective, en ayant recours aux solutions proposées par les tenants du New Public Management pour gérer efficacement l’organisation européenne, sur le modèle d’une « bonne gouvernance ». Là réside toute l’originalité de la stratégie de Lisbonne : dans la démarche qu’elle inaugure en aménageant un dispositif de coopération intergouvernementale, prétendument ouvert à tous les acteurs et baptisé de ce fait : Méthode Ouverte de Coordination (MOC pour les intimes). Avec le benchmarking pour pièce maîtresse, ce dispositif fonctionne à l’incitation, à l’émulation entre pairs et à la surveillance multilatérale, sans recours à la contrainte légale. C’est par la valorisation des performances nationales, leur quantification et la publicité de leur classement, qu’il plie les dirigeants étatiques à la discipline d’une gestion par objectifs. Autrement dit, les nouveaux champs investis par l’Union, sous la bannière de la MOC, ne font plus l’objet d’une intégration par le droit mais d’une européanisation par le chiffre.
Cet ouvrage se propose de mettre en évidence les effets politiques produits par la médiation du benchmarking dans les relations intergouvernementales. Plus précisément, il entend exposer comment l’ingénierie managériale de la MOC transforme les modes de pilotage et d’administration des activités de recherche, conçues non plus comme source de puissance étatique ou de savoirs collectifs, mais comme producteurs d’innovations brevetables et de propriétés intellectuelles. L’intention de son auteur est double : déchiffrer le discours et les pratiques qui réalisent un Espace Européen de la Recherche (EER) en engageant les États membres dans une compétition effrénée pour attirer les capitaux et les cerveaux ; montrer en quoi ce dispositif actualise la grandeur compétitive comme mesure de toute chose.
Après avoir retracé l’histoire de l’Europe de la recherche, seront identifiés les promoteurs du projet totalisant d’une « économie de la connaissance ». Nous tâcherons d’éclairer le travail de rationalisation et de contextualisation par lequel ils confèrent au dessein d’un « marché commun de la recherche et de l’innovation » la force de l’évidence et de la nécessité.
Une attention toute particulière sera portée à la fabrique du benchmark des 3% d’investissement en R&D comme signe de ralliement destiné aux gouvernants nationaux. Cet exemple nous servira de révélateur pour mettre au jour la bataille politique qui se joue dans l’ombre du consensus affiché par le Conseil européen.
C’est au sein des comités dits techniques et des offices statistiques qu’éclatent des conflits sur les critères pertinents d’évaluation, que des controverses se déclenchent sur la définition des indicateurs communs et que se nouent des alliances pour convenir des cibles à atteindre. En d’autres termes, c’est là que les cycles de benchmarking trouvent leur source de scientificité et de légitimité. Par la mise en nombre et la mise en comparaison des résultats nationaux, ils rendent visibles leurs écarts de performance dans des palmarès qui réordonnent « grands » et « petits » pays à l’aune d’une grandeur compétitive.
Or celle-ci, loin de préexister à l’opération qui la mesure, procède précisément des conventions d’équivalence par lesquelles les gouvernants acceptent de livrer leurs gouvernés à une course sans relâche pour faire advenir un « capitalisme cognitif » en Europe.
L’EER illustre la construction d’un espace européen d’équivalence, où la commune mesure ne sert pas l’égalité sociale et spatiale mais une mise en compétition des populations et des territoires. Son exploration est riche d’enseignements sur la manière dont la gouvernementalité libérale agence la confrontation d’espaces localisés de compétitivité dans un espace globalisé de concurrence. C’est en discernant les lignes de force de cette nouvelle géographie politique que nous espérons dégager des prises à l’exercice d’une pensée critique et de résistances pratiques. […]

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Venezuela : exigeons la réintégration d’un dirigeant syndical de classe

Posted by syndicaliste sur 25 février 2008

Où va la CGT?, 23 février 2008

Venezuela : exigeons la réintégration d’un dirigeant syndical de classe


Orlando Chirino est un dirigeant syndical de l’industrie pétrolière au Venezuela. Il vient d’être licencié de l’entreprise nationale PDVSA, très probablement parce qu’il a appelé à l’abstention au récent référendum constitutionnel du 2 décembre 2007 sur le mandat présidentiel, d’ailleurs rejeté par les électeurs. Une « faute » qui ne pardonne pas dans une entreprise aussi critique que le pétrole dans ce pays.


Par ailleurs, O.Chirino est un militant trotskyste, dont nous ne partageons pas les conceptions, en particulier toutes les illusions sur la cogestion et le contrôle ouvrier dans une société capitaliste. Nous avons déjà eu l’occasion de critiquer de telles conceptions à propos d’Airbus en France. On pourra trouver ici des informations complémentaires sur le courant classiste auquel participe ce camarade, ainsi qu’une interview qu’il a accordée l’an dernier permettant de mieux comprendre ses positions.
Mais tout cela ne retire rien au caractère disciplinaire et politique du licenciement de ce camarade. Aussi nous associons nous bien volontier à la pétition que nous venons de recevoir pour exiger sa réintégration. Pétition également disponible en .pdf

Pétition à transmettre à l’ambassade du Venezuela : info@amb-venezuela.frundefined


Pétition

A M. Rafael Ramirez
Ministre de l’Energie et du Pétrole, Président de Pétroles du Venezuela.
Et aux membres de la Direction de PDVSA

Les soussignés s’adressent à vous pour obtenir la réintégration immédiate à son poste de travail d’Orlando Chirino, coordinateur national de l’Union Nationale des Travailleurs (UNT), qui a joué un rôle déterminant contre le coup d’état d’avril 2002 et dans la défense de l’industrie pétrolière contre le lock-out patronal fomenté contre PDVSA cette même année.

Orlando Chirino a été licencié injustement de PDVSA alors qu’il est sous la protection de la Loi organique du travail concernant les droits syndicaux comme membre de la direction de Sinutrapetrol (Syndicat unique des travailleurs du pétrole), avec la responsabilité de Secrétaire à l’hygiène et à la sécurité et comme coordinateur national de l’UNT.

Pour ces raisons et en relation avec le parcours militant d’Orlando Chirino, qui depuis plus de 30 ans s’est consacré au service de la classe ouvrière vénézuelienne en tant que dirigeant syndical reconnu par des milliers de travailleurs, et indépendamment de ses positions politiques et idéologiques nous nous adressons à vous pour obtenir sa réintégration à son poste de travail.

Recevez nos salutations ouvrières et démocratiques.

Le samedi 2 février 2008

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Shoah: pour la police aussi, il faut un devoir de mémoire

Posted by lucien sur 21 février 2008

L’écrivain Maurice Rajsfus [*] a été arrêté par des policiers français le 16 juillet 1942, durant la rafle du Vel d’Hiv’. Il nous envoie cette tribune en réaction à l’idée de Nicolas Sarkozy de faire porter par chaque élève de CM2 la mémoire d’un enfant de la Shoah.

Entre le 16 juillet 1942 et le 31 juillet 1944, 11 000 enfants dont les parents étaient désignés comme juifs devaient être raflés, puis déportés vers les camps de la mort. Pour Nicolas Sarkozy, il faudrait que chaque élève de CM2 prenne en charge la mémoire de l’une de ces victimes de la haine raciale.Une autre approche est possible, en se posant la question essentielle: qui a arrêté ces jeunes? Ce sont nos policiers et gendarmes français, lesquels n’ont jamais hésité à les confier rapidement aux bons soins des bourreaux nazis! Il serait donc cohérent que dans chaque commissariat soient rappelé régulièrement les exploits des anciens de nos forces de l’ordre.

De tels rappels à l’Histoire seraient tout à fait salutaires, en un temps où policiers et gendarmes sont constamment en mission pour traquer les sans papiers et, à l’occasion, les séparer de leurs enfants -sans que cela les traumatise particulièrement.

Bien sûr, il ne saurait être question de comparer les périodes, car le temps de la barbarie nazie est heureusement révolu. Pourtant, les mauvaises manières n’en perdurent pas moins, et les fonctionnaires d’autorité de la République ne se risquent jamais à transgresser des ordres qui ne sont en rien compatibles avec les traditions humanitaires du pays des droits de l’homme.

Une fois encore, on nous objectera: “Ce n’est pas pareil!” Belle façon de faire l’impasse sur des dérives insupportables. Tout serait donc permis, dès lors qu’un régime se proclame démocratique et que ses dirigeants procèdent du suffrage universel?

Une certitude: les policiers et les gendarmes de la République pourraient tirer grand profit de l’étude des périodes noires de notre histoire, et des missions dont les forces de l’ordre étaient investies, de l’été 1940 à l’été 1944.

Enfin, si au temps de l’occupation nazie ceux qui s’accommodaient de leur fonction ne pouvaient refuser, paraît-il, les ordres reçus, il en va tout autrement en 2008.

[*] Note de Sdl: Ancien militant de Socialisme ou Barbarie, M. Rajsfus a présidé Ras l’Front de 1991 à 1999 et cofondé l’Observatoire des libertés publiques.

Voir aussi:

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Nouveau diplôme « Paris 1 / Conforama » : la direction de l’Université Paris 1 transforme l’université en prestataire de services pour le grand patronat

Posted by syndicaliste sur 20 février 2008

Communiqué de la FSE Paris I du lundi 18 février 2008

La présidence de Paris 1 a négocié en secret avec Conforama la création d’un nouveau « cursus diplômant (Bac +5) » : la « DM Academy ». Et c’est via la presse (communiqué de l’AEF du 8 février 2008) et le communiqué triomphaliste de Conforama du 15 janvier 2008 (http://www.canalconfo.com/pdf/1201626777.pdf) que nous apprenons que tout a déjà été décidé !

La présidence de Paris 1 met donc le nom, les locaux et les personnels de Paris 1 au service des capitalistes de Conforama qui bien sur ont décidé du contenu de la « formation ». Contre leur argent, l’université se prostitue et est de fait transformée en prestataire de services remplissant un cahier des charges.

Pour nous, l’université doit être financée à 100% par l’Etat central et le patronat ne doit pas avoir son mot à dire sur la définition et le contenu des diplômes qui doivent être nationaux, qualifiants, et reconnus dans les conventions collectives.

L’université n’a pas à prendre en charge la formation professionnelle des salariés de Conforama (décidée par les capitalistes de Conforama, en fonction de leurs intérêts de classe). Dans le cadre d’un système de formation des adultes indépendant du patronat, au service des travailleurs, l’université aurait alors vocation à accueillir les travailleurs et à leur transmettre des savoirs critiques et émancipateurs, et non du prêt à penser au service du capital, comme c’est le cas avec cette « formation ».

C’est aujourd’hui la logique de la LRU qui se déploie avec vulgarité et ostentation, et qui révèle ce qui se cache derrière la soi-disante « autonomie » des universités : la soumission directe aux intérêts du patronat, via leurs agents au sein des universités (les présidents d’université)

La FSE Paris 1 exige le retrait inconditionnel de ce nouveau cursus. Elle appelle l’ensemble des organisations syndicales à se prononcer dans le même sens, et à organiser la mobilisation afin de contraindre Pierre Yves Hénin, président de Paris 1, à faire disparaître ce nouveau cursus.

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Le Plan « Réussir en Licence » : une nouvelle attaque contre les droits étudiants

Posted by lucien sur 19 février 2008

(article publié dans la revue « L’Emancipation syndicale et pédagogique« , n°6 de février 2008)

Le Plan « Réussir en Licence » :

une nouvelle attaque contre les droits étudiants

Le 13 décembre 2007, en pleine mobilisation étudiante, Valérie Pecresse a annoncé un nouveau plan pour la « réussite en Licence » . Derrière ces mots se cache une nouvelle attaque contre le service public d’éducation et contre les droits étudiants fondamentaux.

Le Plan Licence , tout comme la LRU, reprend dans les grandes lignes les recommandations du rapport Hetzel que la FSE combattait déjà en 2006.

Un nouveau plan de bataille pour le gouvernement et le patronat
L’automne 2007 a vu une lutte massive se construire contre la loi sur les « libertés et responsabilités des universités » dite LRU. En exigeant notamment le retrait de cette loi, les étudiant-e-s et lycéen-e-s combattaient la capitalisation de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire la soumission de ce dernier aux intérêts du patronat. Disant répondre aux revendications étudiantes, le gouvernement Sarkozy/Fillon tente de museler la contestation en mettant en place de nouvelles mesures de régression sociale. De la même manière qu’il répondait au mouvement de contestation des quartiers populaires en novembre 2005 par une loi sur « l’égalite des chances » combattue par les travailleur-euse-s, il répond aujourd’hui à la lutte contre la capitalisation de l’Université par des attaques supplémentaires contre les droits étudiants. Notons que Pécresse s’est appuyé sur les syndicats institutionnels (UNEF, Cé) pour légitimer ses attaques. Ces derniers, après avoir négocié la LRU, osent annoncer que le Plan Licence est un acquis de la lutte alors que celui-ci était prévu depuis le rapport Hetzel.

Faire de la licence un diplôme professionnalisé, dévalorisé, et terminal pour la masse des étudiant-e-s
La logique du Plan Licence est simple : les entreprises ne veulent plus d’étudiant-e-s formé-e-s sur des connaissances fondamentales mais sur des compétences précises profitables immédiatement aux entreprises. Le but est d’accentuer la casse du cadre national des diplômes, d’individualiser ces derniers et de mettre en concurrence les étudiant-e-s. Ce mécanisme renforce la concurrence entre travailleur-euse-s puisque ce cadre national était adossé à des droits collectifs dans le monde du travail. C’est ainsi que, au cours de la 2ème et 3ème année, l’étudiant-e sera amené-e à « découvrir le monde de l’entreprise«  et à faire obligatoirement un stage. De plus, « l’apprentissage des compétences (TIC, rédaction de CV)«  sera favorisé dès la 1ère année au détriment des connaissances fondamentales liées à une discipline (lettres, droit, sciences physiques,…). Enfin, l’étudiant-e devra orienter ses choix de cursus en lien avec « une ouverture sur les métiers« , c’est à dire en fonction des besoins du patronat local. Quand les entreprises participent à la gestion de l’Université, elles développent les formations qui leur sont profitables économiquement et délaissent celles ne leur rapportant rien. Elles le font d’autant plus facilement que, depuis plus de 30 ans, l’État se désengage financièrement de l’enseignement supérieur.

L’application concrète de la sélection à l’entrée des universités
Tout d’abord, chaque université devra afficher « les places disponibles pour chaque filière, les taux de réussite aux examens et les taux d’insertion professionnelles ». L’université fait donc comprendre aux futurs étudiant-e-s que leurs orientations ne doit pas dépendre de critères scolaires mais économiques. Ensuite, les lycéen-e-s recevront un « avis » d’un conseil de classe d’orientation. Le but est de dissuader l’élève de choisir une filière par goût mais en fonction de son « projet d’insertion professionnelle ». Cette pré-inscription/sélection va permettre aux universités de choisir les meilleurs étudiant-e-s au moment des procédures d’orientation, ceux/celles qui pourront payer le plus, laissant sur le carreau les plus pauvres.

Justifier une politique à l’encontre des classes populaires
Pécresse annonce que le Plan Licence , en renforçant l’insertion professionnelle des étudiant-e-s, permettra de « diviser le taux d’échec par 2 en première année ». Nous refusons ce constat : la réelle explication de l’échec scolaire réside dans l’insuffisance des bourses sur critères sociaux et l’obligation de se salarier pour subvenir à ses besoins. Alors que les enfants d’ouvrier-e-s ont sept fois moins de chances d’accéder à l’Université que les enfants de cadres, le gouvernement souhaite justifier sa politique à l’encontre des classes populaires. Sa seule réponse et d’offrir aux facs la possibilité d’embaucher des étudiant-e-s sur contrat précaire afin que ceux/celles ci soient « plus près de leurs lieux d’études ».

Non à la mise en concurrence des universités ! Non à la mise en concurrence des travailleur-euse-s !
Ce Plan Licence est la suite logique du processus européen de Bologne. Dans la continuité des réformes LMD-ECTS et de la LRU, les gouvernements successifs accentuent la casse du cadre national des diplômes et l’autonomie pédagogique des universités. Les diplômes deviennent locaux, n’ont plus aucune valeur et leur qualité baisse (multiplication des stages, manipulation de logiciels informatiques,…). Il s’agit d’une part d’offrir au patronat une main d’œuvre peu formée, donc plus corvéable, et d’autre part de mettre en concurrence les travailleur-euse-s via l’individualisation de leurs statuts. Le Plan Licence utilise la peur du chômage de masse pour professionnaliser les diplômes et dégrader nos conditions d’études. Soyons clairs, la professionnalisation ne créera aucun emploi : ce n’est pas l’Université qui est responsable du chômage mais le système capitaliste qui a besoin de faire pression à la baisse sur les salaires pour augmenter les profits d’une minorité.

Il faut préparer les prochaines luttes !
Alors que le gouvernement et les syndicats institutionnels présentent ce Plan Licence comme la réponse aux revendications étudiantes, nous devons, à la lumière de la lutte anti-LRU, acquérir la conscience que seule l’organisation collective des étudiant-e-s et le rapport de force permettent de défendre efficacement nos droits. L’AGET-FSE continuera de mener le combat contre la capitalisation de l’enseignement supérieur. Nous appelons donc les étudiant-e-s à préparer les luttes futures à nos côtés et à se syndiquer car, de son côté, le gouvernement ne perdra pas de temps pour casser nos acquis (LRU, chasse aux sans papiers, destruction de l’aide sociale étudiante, contrat unique,…). Nous devons nous tenir prêt-e-s pour riposter avec une énergie redoublée !

Non au Plan Licence de Pécresse !

Retrait sans condition de la LRU !

Le savoir est une arme, le syndicat est une force !

Seule la lutte paie !

AGET – Fédération Syndicale Etudiante

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Iran: un militant fouetté pour avoir célébré le 1° mai

Posted by lucien sur 19 février 2008

Traduit de ILRW

Radio Farda – Sedigh Amjadi, un travailleur de Sanandaj dans la province du Kurdistan, subi 10 coups de fouet le 16 février 2008 pour avoir participé à la célébration du premier mai deux ans auparavant. Il a aussi écopé d’une amende de 200,000 tomans ($2000). M. Amjadi ainsi que 12 autres travailleurs ont été arrêtés et emprisonnés au cours de la Journée internationale du travail. Deux d’entre eux ont été condamnés à 30 mois de prison et les autres à 91 jours de prison et 10 coups de fouet chacun. . Une cour d’appel a récemment approuvé la peine de coups de fouet mais modifié les peines de prison en 200000 tomans pour chacun d’entre eux.
C’est la première fois qu’un travailleur reçoit des coups de fouet pour avoir célébré la fête du premier mai.

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Répression syndicale à Narbonne

Posted by lucien sur 18 février 2008

Communiqué de presse de la FSU 66:

Le tribunal correctionnel de Narbonne vient de rendre un verdict lourd de conséquences dans l’affaire qui oppose la CGT aux ASF. Il condamne des camarades syndicalistes à de lourdes peines de prison avec sursis assorties d’amendes conséquentes.

Les motifs invoqués pour les peines prononcées reposent sur des griefs, qui au sens de la FSU 66, témoignent de la volonté d’assimiler l’action syndicale à une action criminelle. Ces condamnations laissent craindre que la justice se prononce dans des termes aussi orientés dans le cadre d’une autre affaire (l’action du 23 mai 2003 au péage Perpignan Nord).
Action pour laquelle les secrétaires départementaux des unions départementales FO, CGT, UNSA et FSU ont été récemment mis en examen.

Ne soyons pas dupes de ces politiques de démantèlement des droits sociaux les plus fondamentaux qui veulent faire taire les voix dissonantes. Alors que des personnalités d’horizons politiques divers s’élèvent dans notre pays pour dénoncer des dérives anti républicaines, la FSU 66 souhaite exprimer toute sa solidarité envers ses camarades syndicalistes de la CGT. Elle appelle par ailleurs à la vigilance et à la mobilisation de tous les citoyens attachés au respect des droits et des libertés.

Françoise Chatard et Gérard Gironell
Co secrétaires départementaux de la FSU 66
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Voir aussi:

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Iran : Nouvelles de Salehi, Osanloo et les militants du syndicat de Vahed

Posted by lucien sur 18 février 2008

Toujours en prison, Mahmoud Salehi a reçu la visite le 7 février 2008 de son épouse, Najibeh Salehzadeh, et de son avocat, M. Mohammad Sharif.

M. Sharif a parlé avec Mr.Amjadi, procureur de la ville de Sanandaj. Après quelques discussions et désaccords, dont son effort de refuser M. Sharif comme représentant légal de Mahmoud, le procureur a finalement accepté de permettre à M. Sharif et Najibeh de visiter Salehi. Après la visite, Sharif a annoncé que la santé de Mahmoud avait considérablement détérioré. Il rapporte que Mahmoud est en grand danger. M. Sharif a invité le procureur à libérer Salehi pour le réveillon du nouvel an (20 mars). Tous les rapports des médecins de l’hôpital de Tohid indiquent que la santé de Salehi se détériore nécessitant des soins appropriés en dehors de la prison et demandent sa libération pour les recevoir. Cependant, le médecin examinateur du gouvernement, Dr. Babayee, a rejeté tous ces rapports.

M. Sharif a rapporté que les autorités judiciaires sont très fâchées que la situation de Mahmoud a été rendue publique dans le monde entier et que le Représentant permanent de la République islamique de l’Iran à l’ONU a été averti au sujet de la situation de Mahmoud. M. Sharif a également ajouté que les médias officiels et semi-officiels en Iran ont été silencieux au sujet de la situation de Mahmoud. ISNA (l’agence officielle de presse des étudiants iraniens), par exemple, a refusé de publier son entrevue.

Selon le syndicat, Mansour Osanloo, président du conseil d’administration du syndicat Vahed, a reçu la visite de son avocat, Paviz Khorshid, à l’hôpital. En donnant de ses nouvelles au journaliste juridique de l’ISNA, il a indiqué « après le transfert de mon client à l’hôpital pour une intervention chirurgicale sur un œil, je lui ai rendu visite hier ». Il a ajouté « Mansour Osanloo a été transféré à partir de la prison d’Evin à l’hôpital jeudi dernier et a eu une opération lourde sur son oeil. Selon les recommandations des médecins, il devrait être sous surveillance médicale pendant cinq semaines, mais sa permission court seulement jusqu’à samedi prochain ». Selon d’autres sources, la famille et certains collègues d’Osanloo ont pu lui rendre visite à l’hôpital. L’avocat de Mansour Osanloo et sa famille ont soumis une demande de prolongation de son séjour afin d’empêcher toute conséquence négative pour sa santé après cette chirurgie ». Cependant, en dépit de tous ces efforts, Mansour Osanloo a été transféré à partir de l’hôpital à la prison samedi soir, 2 février 2008.

Concernant les 26 membres du syndicat Vahed licenciés

Selon diverses sources en Iran, les 26 membres du syndicat de la Compagnie des Autobus de Téhéran et de sa banlieue licenciés pour leurs activités syndicales doivent faire face à des difficultés financières graves. Ils sont parfois dans l’impossibilité de nourrir leurs familles. M. Yaghoub Salimi, un membre du conseil d’administration du syndicat a indiqué que les autorités avaient essayé de forcer ces ouvriers à s’exiler en dehors de Téhéran. On ne leur permet même pas de travailler aux autobus privés de Téhéran. Tous ces ouvriers sont poursuivis aussi bien par la justice que par le ministère du travail. Ils ont fait appel aux sanctions mais leurs demandes n’ont pas été jugées. Ils ont même interpellé Ahmadinejad, lors d’un événement publique, mais rien n’a été fait pour les aider à retrouver du travail. Ils ne reçoivent aucun salaire, avantage ou compensation quelconque. M. Ebrahim Medadi, vice-président du syndicat, a été convoqué devant le tribunal sur d’anciennes accusations et pourrait être condamné à nouveau pour les mêmes faits. Selon le syndicat, M. Parviz Khorshid, l’avocat qui défend Ebrahim Madadi se dit outragé du fait que l’accusation à l’encontre d’Ebrahim Medadi ne lui a pas été communiquée pour la bonne raison qu’elle ait été classée en 2005 ; son client a reçu un appel à comparaître devant le bureau d’application des peines.


Traduit en français à partir de ce document le 15 février 2008.


A l’occasion de ce bulletin, Syndicalisme de lutte signale que la campagne internationale pour la libération des syndicalistes iraniens a pris un nouvel élan avec une campagne commune Labourstart/Amnesty et l’appel des organisations syndicales internationales à une journée d’action le 6 mars (avec le soutien des associations des droits de l’homme et des partis de la gauche iranienne en exil).

Agir MAINTENANT!

Iran :

Libérer les ouvriers emprisonnés, respecter le droit du travail

Iran : Libérer les ouvriers emprisonnés, respecter le droit du travail

La CSI et la FIOT organisent une journée internationale d’action le 6 mars 2008 pour exprimer à nouveau, notre solidarité avec les travailleurs iraniens. Nous voulons Mansour Osanloo et Mahmoud Salehi soient libérés de prison immédiatement et sans réserve. Leur santé se détériore.

Nous exigeons également que les droits fondamentaux du travail soient respectés en Iran selon les conventions de base de l’OIT. L’emprisonnement d’Osanloo et de Salehi ne sont pas des cas isolés en Iran. Neuf salariés de l’éducation ont été condamnés à 91 jours de prison récemment. Les autorités iraniennes estiment qu’ils sont des « menaces pour la sécurité nationale ». En réalité, ce sont les syndicats et leurs activités qu’elles veulent écraser.

La répression du mouvement ouvrier indépendant en Iran se durcit. C’est pourquoi les organisations syndicales internationales, ainsi que des associations militantes des droits de l’homme, souhaitent envoyer un message fort au gouvernement iranien. Le 6 mars tombe deux semaines avant la nouvelle année iranienne et les élections parlementaires.

 

 

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