Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

La police évacue la Sorbonne

Posted by lucien sur 16 novembre 2007

Communiqué du SNASUB-FSU et du SNESUP-FSU, vendredi 16 novembre, 11h

Nous condamnons fermement le recours aux forces de l’ordre contre des étudiants et la regrettons au nom des principes démocratiques et progressistes qui sont à l’origine même de la création de notre université.

L’équipe présidentielle de Lyon 2 a donc décidé hier de faire intervenir des gendarmes mobiles pour faire évacuer, de façon « musclée », une petite centaine d’étudiants qui occupaient l’amphi Laprade sur le campus des Quais.

A la demande des syndicats de la FSU, une délégation de représentants du personnel a été reçue par M. Eric Froment, Président par intérim, jeudi 15 à 16h, ainsi que M. Rabier et Mme Grangette, tous deux Vice-présidents.
L’objectif de cette démarche était d’éviter toute intervention policière.

Voici, en quelques lignes, le résumé de cette rencontre :

* Nous avons demandé clairement aux représentants de la direction l’état des dégradations sur le campus de Bron. M. Froment nous a expliqué que la fermeture administrative n’était pas liée aux dégradations, réelles mais relatives (serrures, 3 tableaux), mais à l’analyse de l’équipe
présidentielle sur les formes prises par le mouvement étudiant à Bron (blocage sans réelle participation étudiante en dehors des AG). Nous avons insisté pour qu’un communiqué de la présidence mette fin aux rumeurs les plus alarmantes sur les dégradations à Bron (pillages, etc.) afin de rassurer les personnels.

* Nous avons demandé aux représentants de la direction de trouver une solution analogue à celle négociée le matin même sur le site de Bron : soit la mise à disposition d’un amphi pour les étudiants mobilisés. Cette option a été refusée. Nous avons également insisté pour qu’un dialogue s’établisse avec les étudiants grévistes et qu’une délégation de ceux-ci soit reçus.

* Nous avons demandé que lundi 19 après-midi soit banalisé afin de permettre l’organisation de débats de fond sur le contenu de la loi LRU, débats ouverts à tous, personnels et étudiants.

* Nous avons demandé que les personnels vacataires soient assurés dès maintenant du paiement de leurs cours et TD durant la période de fermeture administrative. Seul point sur lequel l’équipe présidentielle nous a assuré que cette disposition était d’ores et déjà acquise. Nous attendons donc que cette disposition soit transmise au plus vite au sein des UFR.

Suite à cette délégation,

Nous sommes intervenus dans l’AG des étudiants et avons obtenu qu’une délégation étudiante se forme pour aller rencontrer la présidence. Dans la mesure où la Présidence ne proposait pas une solution analogue à celle de Bron, et que les étudiants portaient le mandat voté par l’AG sur le blocage le dialogue n’a absolument pas eu lieu. Les deux parties se sont fermées sur la seule confrontation. L’intervention qui a été la nôtre, soit de personnels ouverts à la discussion avec les étudiants et partageant le fond de leur revendications, a sans doute permis que l’évacuation se fasse ensuite sans trop de heurts, sans dégradation et sans arrestation, les étudiants ayant réfléchi à la situation et l’ayant anticipée. Les conditions d’un dialogue sont possibles.

La FSU appelle

1) les personnels à se rassembler lundi 19 novembre à 12h, au moment de la réouverture des locaux, devant le 18, Quai Claude Bernard afin d’en joindre la présidence à restaurer le dialogue sans choisir a priori ses interlocuteurs et à ne pas se plier à la gestion sécuritaire de la crise visiblement imposée par le gouvernement.

2) à organiser des débats dès l’après-midi du 19 novembre, dans les campus pour discuter entre personnels et étudiants sur le fond de la loi en rappelant les motions des AG des personnels demandant l’abrogation de la loi LRU (nous rappelons que les enseignants sont couverts par un mot d’ordre de grève du Snesup du 16 au 23 novembre)

Personnels administratifs, personnels enseignants, nous sommes directement concernés par les conséquences de cette loi qui expose Lyon 2 à une forte réduction de ces moyens financiers et à une explosion de la précarité.
– pour l’abrogation de la loi
– pour un service public d’enseignement supérieur de qualité au service des usagers
– contre le désengagement de l’Etat dans l’Enseignement supérieur et la Recherche
– contre la mise à mal de la démocratie universitaire
– contre la casse des statuts des personnels

3) La FSU appelle les personnels à suivre massivement le mouvement de grève le mardi 20 novembre, à participer à l’AG le 20 novembre à 9h30 dans l’Amphi Laprade (site des Quais) avec un départ en cortège pour la manifestation.
– pour la défense du Service Public,
– pour l’augmentation du pouvoir d’achat, la requalification des grilles indiciaires et un salaire de 1500 euros net
– pour la défense des emplois publics
– pour la défense des statuts de fonctionnaire des personnels

4) La FSU s’adresse aux étudiants en lutte pour leur demander de résister aux provocations et aux débordements afin d’élargir l’unité avec les personnels.

Ne tombons pas dans le piège de la division tant voulu par le ministère et le gouvernement c’est TOUS ensemble, dans l’unité la plus large : étudiants, personnels du public et du privé que nous gagnerons sur nos revendications.
TOUS Ensemble dans la lutte contre les régressions sociales !

***

Communiqué de la FSE Paris du vendredi 16 novembre

La police intervient ce matin à la Sorbonne pour casser les piquets de grève et arrêté un gréviste

Le mouvement étudiant prend chaque jour plus d’ampleur. Près de 40 universités sont en grève avec blocage (partiel ou total). La FSE tient à rappeler solennellement que seule la coordination nationale des universités est légitime pour parler au nom des étudiants mobilisés. Les organisations syndicales doivent se mettre au service de la mobilisation et reconnaître la légitimité de la coordination nationale.

Nous devons aujourd’hui faire face à une répression sans précédent orchestrée par le gouvernement et ses valets (présidents d’université) : communiqués mensongers, fermetures administratives, vigiles privés souvent armés (chiens d’attaque comme à Grenoble, gaz lacrymogène comme à Nanterre, etc.), interventions policières violentes pour casser les piquets de grève et mettre fin aux occupations des locaux par les grévistes, arrestations (à Rennes, Grenoble, Nantes, Rouen, Tours, Lyon .).

La classe dominante est aujourd’hui déterminée à utiliser tous les moyens pour écraser la grève étudiante. Ils sont prêts à tout car ils ont peur que les grèves étudiantes et cheminotes débouchent sur une grève interprofessionnelle puissante susceptible de mettre en échec Sarkozy et ses réformes.

Face à la détermination du patronat et de ses représentants, nous lançons un appel solennel à l’ensemble des directions syndicales de l’enseignement supérieur : appelez immédiatement et clairement à la grève ! Nous nous réjouissons de la décision du Snesup d’appeler les personnels à se réunir en AG et à voter la grève. C’est un premier pas.

Par ailleurs, face à la répression et aux basses manouvres orchestrées par les présidences d’université, nous devons tous ensemble réaffirmer haut et fort :

– Seules les AG sont légitimes pour décider de la grève avec piquets de grève.
Nous n’avons rien à co-organiser avec les présidences d’université, et nous devons clairement dénoncer et saboter les référendums bidon organisés par les présidences pour casser la grève.

– La grève, c’est l’appropriation des locaux des universités par les grévistes.
Toutes les initiatives prises par les présidences d’université (contrôle des cartes, recours à des milices privées, etc.) sont illégitimes dès lors que la grève est votée.

– Seule la grève nationale avec piquets de grève peut nous permettre de gagner sur nos revendications, à condition que la grève s’étende au niveau interprofessionnel, vers la grève générale.

Ce matin à la Sorbonne, la police (flics en civil avec brassard police) est intervenue très violemment, avec les vigiles, contre les grévistes rassemblés pacifiquement devant la porte du Conseil d’administration de Paris IV. Une arrestation a été effectuée. Les étudiants sont choqués par un tel déferlement de violence. Nous appelons l’ensemble des directions syndicales à condamner avec force la répression et à appeler immédiatement à la grève. Cette situation est intolérable et nous devons aujourd’hui prendre conscience de la gravité des évènements. Plus que jamais, la grève des personnels est aujourd’hui indispensable. Les étudiants ne doivent pas être isolés, sous peine d’être vaincus, réprimés et écrasés par le gouvernement et les présidences d’université.

Voir aussi:

 

 

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Une Réponse to “La police évacue la Sorbonne”

  1. cgt paris1 said

    CGT PARIS 1
    BIATOS CHERCHEURS ET ENSEIGNANTS-CHERCHEURS

    Depuis un peu plus d’une semaine des étudiants ont mené dans notre université des actions ayant notamment entraîné à plusieurs reprises, la fermeture du centre Pierre Mendès-France. Ces actions traduisent d’abord le désarroi et les difficultés vécues au quotidien par de trop nombreux étudiants, et qui n’ont pas cessé après la crise du CPE.

    Les problèmes de logement, les conditions de vie et d’étude difficiles, les bourses distribuées avec parcimonie et pour des montants
    qui ne permettent pas de vivre décemment sont le lot quotidien de beaucoup d’étudiants, souvent obligés de travailler pour compléter leurs ressources. Abonnés aux petits
    boulots, les étudiants sont durement
    touchés par le développement de la précarité.

    En dépit des engagements pris, les pouvoirs publics ne se donnent pas les moyens d’améliorer de manière substantielle la condition
    étudiante comme le démontre clairement
    le projet de loi de finances pour 2008.

    Face à ce malaise persistant, les sections CGT de Paris 1 entendent tout d’abord affirmer que le recours aux forces de police ne règle rien et risque, dans ce contexte, d’envenimer le conflit.
    Mais les sections CGT de Paris 1 veulent également réaffirmer leur opposition à la loi LRU.
    Préparée dans la hâte et sans véritable concertation, cette loi ne répond pas aux besoins des étudiants et de la communauté éducative dans son ensemble. Elle ne constitue pas une réponse appropriée aux défis auxquels
    l’Université française doit aujourd’hui faire face. Bien au contraire, elle entérine le
    désengagement de l’Etat, renforce les
    dérives localistes et ouvre la voie à l’intrusion des intérêts privés.
    Du point de vue de la gouvernance, la loi LRU accroît considérablement les pouvoirs des Présidents d’universités, elle renforce le pouvoir de CA resserrés dans lesquels la
    représentation des personnels BIATOS et des étudiants sera réduite à la portion congrue au détriment de la démocratie. Elle réduit le CS et le CEVU à un rôle purement consultatif.
    Du point de vue des personnels, la loi LRU constitue une attaque contre le statut de la fonction publique en instaurant des modes de recrutement des enseignants comme des personnels BIATOS reposant principalement sur les
    choix et préférences des Présidents.
    Elle aggrave la précarité, notamment en ouvrant la possibilité d’accentuer le recrutement de contractuels et par l’instauration de primes au mérite.

    A terme, il faut craindre non seulement une forte augmentation des droits d’inscription, surtout dans les universités « d’excellence », mais également que la mise en concurrence des établissements n’aboutisse à un fractionnement en un système universitaire à plusieurs vitesses.

    Enfin, depuis le début du mois d’octobre, un groupe de travail se réunit pour conformer les statuts de notre université à la loi LRU. S’inscrivant dans une logique
    d’accompagnement, certains y voient le moyen « d’atténuer » l’impact de la loi LRU en espérant « encadrer » en interne l’action des futurs Présidents.

    Pour les sections CGT de Paris 1, il est clair que les statuts d’une université doivent vivre, évoluer et être modernisés. Mais nul ne peut penser qu’ils interdiront à un
    Président de faire usage des pouvoirs exorbitants que prétend lui conférer la loi.

    POUR TOUTES CES RAISONS, LES SECTIONS CGT APPELLENT LES PERSONNELS DE PARIS 1 à LA GREVE LE 20 NOVEMBRE ET à PARTICIPER AUX MANIFESTATIONS.

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