Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Intimidation patronale à Air France contre le droit de grève

Posted by lucien sur 27 octobre 2007

84% des hôtesses et stewards d’Air France étaient en grève hier. La direction répond par une assignation en justice des syndicats!

Revue de presse

Air France porte plainte pour mater la grève

Libération, 27 octobre 2007

La compagnie aérienne estime que les syndicats n’ont pas respecté un texte les obligeant à négocier. Samedi matin, le trafic était toujours très perturbé avec 30% des vols annulés.

En recourant à la justice, Air France a choisi de saquer la grève menée par ses hôtesses et stewards à la veille des vacances de la Toussaint, qui a causé l’annulation de 30 % des vols. La direction du groupe a décidé hier, au deuxième jour du mouvement, d’assigner en justice trois des syndicats qui ont appelé à la grève : Force Ouvrière (FO), l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) et le Syndicat national des personnels navigants commerciaux (SNPNC).

 

Motif ? Ces syndicats n’auraient pas respecté une disposition du protocole de veille sociale, signé en juin, qui oblige les syndicats signataires et la direction à négocier pendant un préavis de grève. Cette procédure vise à «privilégier dialogue et négociation avant tout déclenchement de grève», explique un porte-parole d’Air France.

Facture. La compagnie accuse ses syndicats d’avoir oublié d’envoyer un courrier détaillant les points du différend, afin d’obtenir une réunion avec la direction. Et donc le PDG Jean-Cyril Spinetta de réclamer «réparation intégrale du préjudice qu’elle [la société Air France] est amenée à subir». Et la facture est lourde : Air France réclame 14 millions d’euros à FO, 15 millions au SNPNC et 14 millions à l’Unsa, selon les syndicats. Le groupe n’a pas souhaité confirmer ces chiffres, mais indique qu’ils sont «dans cet ordre de grandeur».

Par ailleurs, un euro symbolique est demandé à chacun des syndicats pour «l’atteinte à l’image de l’entreprise». «Rien ne figure dans l’accord en cas de non-respect», a toutefois reconnu l’entreprise, précisant que le recours en justice relève des dispositions classiques du Code civil. Une façon d’assumer un bras de fer avec ses syndicats quitte à s’embourber dans un conflit qui «empirait d’heure en heure», vendredi, selon l’intersyndicale (CGT, CFTC, Unsa, FO, CFDT, SNPNC, SUD-aérien). Le SNPNC a-t-il oui ou non enfreint le protocole ? Quand on lui pose la question sa présidente, Fatiha Schneider, reste prudente : «On ne souhaite pas réagir à chaud, car le dossier est dans les mains de nos avocats», dit-elle. «C’est un processus d’intimidation, Air France ne pensait pas que la grève serait aussi importante», estime Pascal Zadikian, délégué CGT à Air France (syndicat qui n’a pas signé le protocole). Hier, 84 % des personnels navigants commerciaux étaient en grève, un peu plus que la veille où ils étaient 80 %, selon la CGT. Leurs revendications portent sur les salaires et les conditions de travail, au moment où est renégocié l’accord collectif de cinq ans, qui arrive à échéance en décembre.

«Sur le béton». Natacha, hôtesse gréviste de la région parisienne, raconte qu’elle gagne de 1 400 euros à 1 600 euros nets par mois. Elle estime notamment «injuste» le système de rémunération qui «paie en heures de vol, quand le moteur tourne». «Avec les temps d’escales et de réparation, on passe parfois plus de temps sur le béton qu’en vol, dit-elle avant de dénoncer les jours de repos proratisés : si on est absent plus d’une journée, même en arrêt maladie, ces jours sont enlevés de nos jours de repos.»

En attendant, 70 % des vols seront assurés dans les jours qui viennent, assure Air France. Objectif ambitieux puisque la grève doit se poursuivre jusqu’à lundi minuit. A moins qu’un accord soit obtenu plus tôt. Vendredi soir, l’intersyndicale était reçue dans la soirée par le PDG.

***

Tract de l’intersyndicale du 24 octobre :

CFTC – FO – SNPNC – SUD Aérien –
UGICT CGT- UNSA

Mercredi 24 octobre 13 h 00
GREVE MAINTENUE ET LEGALE
PANIQUE DE LA DIRECTION

La Direction sourde aux messages des PNC :
Taux record de participation aux élections professionnelles, grogne dans les galleys, réunions de négociation plusieurs fois annulées par la Direction… Comment les dirigeants peuvent-ils se déclarer surpris par la grève ? Mesurent-ils l’irresponsabilité de leurs propos et le gouffre qui les sépare des PNC ?
INTIMIDATION, le nouveau dialogue social :
Après les tentatives de déstabilisation, l’Intersyndicale est menacée de procès et de soit disant dommages et intérêts. Les délais légaux ont été respectés et la négociation a débuté il y a
suffisamment longtemps pour que nous ayons eu le temps de nous rendre compte que l’on voulait nous mener en bateau (pour changer de l’avion peut-être).
L’INTOX :
La Direction prétend que chaque syndicat émet des demandes différentes.
Faux : un seul Délégué a présenté les revendications de l’ensemble des membres de l’Intersyndicale…
La Direction prétend que les syndicats ont refusé de se rendre à la réunion du 23 octobre pour négocier.
Faux : L’intersyndicale a proposé un « protocole de fin de conflit », que la Direction a tout simplement passé sous silence dans sa communication.
Depuis le mois de juin, nous sommes toujours sur le chapitre de la rémunération sans aucune avancée significative. Cette parodie de négociation a assez duré face à une échéance connue de longue date. Jusqu’à présent, tous les gains de productivité ont été obtenus sans contrepartie : COMPO PEQ ; NEV ; Accélération des vols ; calcul des temps médians plus que fantaisiste…..
La Direction se lance dans une campagne de désinformation en distillant auprès des médias et des PNC un discours mensonger et en prônant l’éclatement de l’Intersyndicale.
L’union des syndicats fait peur d’où la panique de nos dirigeants.

La grève est légale.

Le double langage du Président :

  • Pour les médias et les investisseurs, les comptes affichés sont excellents et présentés de façon attractive.
  • Les PNC devraient s’estimer heureux d’avoir un « emploi garanti ».
  • Les résultats réalisés par l’entreprise génèrent un intéressement dont les PNC devraient se contenter.

Les bénéfices records de l’Entreprise engendrent des dividendes pour les actionnaires mais pas pour les PNC.

Devant l’irresponsabilité et le manque de volonté manifeste de nos dirigeants d’instaurer un dialogue social avec les représentants de son personnel, ne nous laissons pas influencer par la peur et la culpabilité, technique de chantage lamentable.

TOUS EN GREVE
Pour l’Intersyndicale, nos revendications et notre combat
sont légitimes.
Seule une grève massive peut faire plier la Direction

Permanence CFTC : 01 41 56 40 70 / 72 CDG – 01 41 75 27 29 ORLY
Permanence FO : 01 41 56 41 90 / 87
Permanence SNPNC : 01 49 19 58 18
Permanence SUD Aérien : 01 41 56 30 38 CDG – 01 41 75 20 85 ORLY
Permanence UGICT CGT : 01 41 56 41 84 CDG – 01 41 75 16 75 ORLY
Permanence UNSA : 01 41 56 04 64 / 68

Consultez les différents sites de vos syndicats et faites circuler les consignes de grève.

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