Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Un article écoeurant dans Témoignages

Posted by lucien sur 2 septembre 2007

Article précédemment publié sur le site La Bataille socialiste le 4 août dernier.

A. Nin (1892-1937)

Dans un article du 30 juillet 2007, le journal communiste réunionnais Témoignages remet en avant les techniques de désinformation des années 50. Alors même que les communistes espagnols ont fait leur mea culpa [*] sur le meurtre d’A. Nin en 1937, ce « journal » écrit notamment:

Le P.O.U.M a toujours accusé les Soviétiques de l’assassinat de leur leader, Andrès Nin. Cette accusation aurait trouvé un fondement ténu, après l’ouverture en 1992 des Archives de Moscou. On y aurait trouvé une lettre de juillet 1937 signée d’Alexander Orlov, membre du N.K.V.D (service d’espionnage soviétique) selon laquelle le meurtre aurait été commis par « deux membres du NKVD » (dont lui-même) « aidés de trois communistes espagnols ». C’est du moins ce que dit “Le Monde”, qui ne donne ni citation, ni reproduction de cette lettre.
Une autre lettre de mai 37 (signataire inconnu) expliquerait comment les services de Staline comptaient « fabriquer des preuves » qualifiant Andrès Nin et d’autres membres du POUM « d’agents du fascisme ».
D’une part, il faut observer que l’espion Alexander Orlov, passé aux Etats-Unis dès 1938, a publié des confessions – “L’histoire secrète des crimes de Staline” – parues à New-York en 1952… Quarante ans plus tôt ! Il n’avait pas tout dit ?

Drôle d’anniversaire, 70 ans après l’assassinat de Nin, 70 ans après l’étouffement de la Révolution espagnole [**] par un stalinisme rendu incontournable en Espagne puisque le seul à vendre des armes à la République assiégiée. Cette forme clientéliste du communisme à la Réunion n’aurait donc pas fait, 70 ans après, le moindre effort de remise en cause de la théorie des « hitléro-trotskystes du POUM »? Qu’importe la recherche historique, qu’importe l’ouverture des archives du KGB, qu’importe le journalisme d’investigation de la télévision catalane (surtout le reportage Operación Nikolai en 1992)! L’histoire est avant tout un enjeu: l’oubli, la désinformation flagrante ou rampante [***], OU la vérité, seule source de leçons pour l’avenir des luttes.

S.J.

Notes:

[*] C’est surtout le PC catalan, le PSUC, qui fit son mea culpa dès 1989, la direction madrilène du PC espagnol déclarant que c’était le gouvernement soviétique qui fit assassiner Nin sans que le parti fut directement impliqué.

[**] Sous prétexte de mettre les collectivisations en veilleuse pour prix d’unité dans l’effort de guerre, le stalinisme n’en était pas à son coup d’essai en Espagne. En Chine, en 1925-27, il avait déjà freiné le développement révolutionnaire pour lui préférer (sans succès d’ailleurs) une technique d’inflitration de l’Etat. L’accession au pouvoir de la bureaucratie aurait été ainsi dégagée de la pression des masses. Cf. Souyri/ Révolution et contre-révolution en Chine (1982)

[***] L’article n’hésite pas à conclure que les « historiens, aujourd’hui, loin de faire le procès de la présence soviétique en Espagne, en soulignent le rôle éminemment positif« !

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