Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Iran: revue de presse

Posted by lucien sur 17 août 2007

Iran : arrestation de cinq syndicalistes soutenant un collègue emprisonné

©AFP / 12 août 2007 15h31

TEHERAN – Cinq membres du syndicat des conducteurs d’autobus ont été arrêtés à Téhéran, a déclaré leur avocat Parviz Khorshid, cité dimanche par l’agence Isna.

« Ebrahim Madadi, Yagoub Salimi, Seyed Davoud Razavi, Ghohari et Homayoun Jaberi s’étaient rendus à la maison de Mansour Ossalou (le chef emprisonné du syndicat, ndlr) pour rencontrer sa famille et ils ont été arrêtés », a déclaré Me Khorshid.

« Ces arrestations sont illégales car ces personnes voulaient seulement rencontrer la famille de Mansour Ossalou. J’espère que mes clients seront libérés aujourd’hui même« , a-t-il ajouté.

Mansour Ossalou, responsable du Syndicat des conducteurs d’autobus de Téhéran et Faubourgs, est emprisonné à Evine (nord de Téhéran) depuis juillet, après plusieurs mouvements des conducteurs d’autobus de Téhéran pour protester contre leurs bas salaires et leurs conditions de vie.

Il a été condamné à quatre ans de prison pour action contre la sécurité nationale et à un an de prison pour propagande contre le régime islamique, selon l’agence Isna.

Le vice-procureur de Téhéran, Hassan Hadad, a expliqué dimanche que M. Ossalou avait été arrêté pour avoir distribué des tracts et tenté de créer un syndicat illégal.

« Tout d’abord le syndicat qu’il voulait créer est illégal. Ensuite, il a été arrêté lorsqu’il distribuait des tracts contre le régime, qui n’avaient rien à voir avec le syndicat« , a déclaré M. Hadad.

« J’ai parlé avec sa mère, sa femme et lui-même. Nous sommes arrivés à un accord, mais il ne l’a pas respecté« , a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions.

« Je lui ai demandé de changer de méthode car cela engendrait des problèmes de sécurité pour le pays mais il ne m’a pas écouté. Il a cru qu’il pouvait faire ce qu’il voulait parce qu’il avait voyagé deux fois à l’étranger« , a-t-il encore affirmé.

Une centaine de personnes ont participé jeudi à un rassemblement près de l’ambassade de la République Islamique d’Iran à Paris dans le cadre de la journée d’action mondiale organisée pour la libération de Mansour Ossalou et d’un autre syndicaliste détenu en Iran, Mahmoud Salehi.

Cette manifestation était organisée à l’appel d’Amnesty International, de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la Fédération internationale du transport (ITF).

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Solidarité syndicale avec deux Iraniens

L’Humanité, 10 août 2007

Une centaine de personnes ont participé jeudi à un rassemblement près de l’ambassade d’Iran à Paris, dans le cadre de la journée mondiale pour la libération de deux syndicalistes détenus en Iran. La CGT, la CFDT et FO étaient présentes.

Journée d’action internationale pour obtenir la libération de syndicalistes iraniens

Fédération internationale des ouvriers du transport, 9 août 2007

Des travailleuses et travailleurs du monde entier ont participé à une journée d’action pour réclamer la libération de deux syndicalistes actuellement emprisonnés en Iran.

Cette journée d’action internationale a été organisée conjointement par l’ITF et la Confédération syndicale internationale afin de réclamer la libération de Mansour Osanloo, président du syndicat des agents de bus de Téhéran, et de Mahmoud Salehi, membre fondateur de l’association des ouvriers boulangers de Saqez et du comité de coordination pour former des organisations de travailleurs.

Osanloo a subi plusieurs années de répressions aux mains du Gouvernement iranien et sa santé en a beaucoup souffert. Pendant ce dernier séjour en prison, on lui refuse tout soin médical ou représentation juridique – sa famille, son docteur et son avocat n’ont pas été autorisés à lui rendre visite. La santé de Mahmoud Salehi, également placé en détention, donne également des inquiétudes.

S’adressant aux participants d’une manifestation organisée aujourd’hui au Royaume-Uni devant l’ambassade iranienne à Londres, le Secrétaire général de l’ITF David Cockroft a constaté : « Nous sommes bien déterminés à obtenir une véritable liberté pour ceux qui cherchent à faire respecter les droits syndicaux fondamentaux. Ce sont les libertés stipulées dans les normes internationales auxquelles l’Iran a souscrit en devenant membre de l’Organisation internationale du travail. »

« Le traitement réservé à Osanloo et Salehi constitue une violation de toutes ces normes internationales. »

D. Cockroft a par la suite remis à l’ambassade iranienne une pétition qui réclame la libération des syndicalistes.

Des manifestations se sont également déroulées aujourd’hui dans les pays suivants : Algérie, Allemagne, Australie, Autriche, Belarus, Belgique, Canada, Egypte, Espagne, Etats-Unis, France, Finlande, Grande-Bretagne, Inde, Indonésie, Iran, Japon, Jordanie, Malaisie, Maroc, Népal, Norvège, Pakistan, Palestine, Panama, Pays-Bas, Roumanie, Russie, Suède, Suisse, Thaïlande, Tunisie, Trinité et Yémen.

Depuis la journée d’action, le Gouvernement iranien aurait arrêté cinq membres de l’exécutif du syndicat des agents de bus. Il semblerait également que des agents de la sûreté aient été postés dans la maison d’Osanloo, menaçant tous ceux qui souhaitaient organiser une manifestation pour réclamer sa libération.

Concernant ces derniers évènements, David Cockroft constate : « Ces arrestations montrent bien que le Gouvernement iranien s’inquiète du soutien international dont bénéficient Osanloo et Salehi. »

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Nos camarades iraniens:

mansour.jpg

Mansour Osanloo [ou Ossanlu, Ossalou]

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Mahmoud Salehi

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La répression plonge le royaume des mollahs dans la terreur

Le Temps (Suisse), 15 août 2007

[Extrait:] La coercition ne concerne pas que les toxicomanes ou les gens peu respectueux de la «mode» islamique. Elle touche aussi de plein fouet les syndicalistes et les travailleurs. Il faut dire que les premiers ne se sont pas gênés de manifester à 47 reprises aux quatre coins du pays au cours des quatre derniers mois. La riposte ne s’est pas fait attendre. Le régime des mollahs a provoqué le licenciement de 26000 travailleurs depuis avril. Et plus de 1000 travailleurs perdent leur emploi chaque jour, selon Rajab-Ali Shahsavari, chef du Syndicat des travailleurs contractuels. Dans les universités, les purges sont aussi radicales.

***

Déclaration d’Amnesty International

En soutien à la Journée internationale d’action en faveur de Mansour Ossanlu et Mahmoud Salehi le 9 août 2007, Amnesty International se joint à l’appel lancé par la Confédération syndicale internationale (CSI) et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) en faveur de la remise en liberté immédiate des deux hommes et de l’abandon de toutes les charges pesant contre eux en lien avec leur action pacifique et légitime en tant que syndicalistes.

Mansour Ossanlu, dirigeant du syndicat représentant les travailleurs de la régie des bus de Téhéran et de sa banlieue et Mahmoud Salehi, porte-parole du Comité organisationnel pour la création de syndicats et ancien dirigeant du syndicat des boulangers de Saqez, sont des responsables syndicaux ; leur arrestation, sur la base d’accusations formulées en termes vagues, visait à stopper leurs efforts en faveur de la construction de syndicats forts, capables de défendre les droits des travailleurs contre les lois et pratiques discriminatoires qui restreignent les droits des travailleurs en Iran.

Obtenir la remise en liberté de Mansour Ossanlu et de Mahmoud Salehi aidera les syndicats indépendants à passer la barrière de la gozinesh, ou sélection, un ensemble de règlements utilisés par les autorités iraniennes pour décider qui a le droit de former un syndicat ou de postuler pour un emploi dans toute une série de secteurs.

En 2003, la Commission de l’application des normes de l’OIT a examiné l’application de la Convention n° 111 concernant la discrimination (emploi et profession)(1958) en Iran. Le représentant des travailleurs a appelé la commission d’experts à examiner la pratique de la gozinesh, ou sélection. Les règlements de la gozinesh permettent aux autorités de l’État de sélectionner des personnes candidates à un poste dans la fonction publique, en fonction de leur conformité idéologique perçue ; un grand nombre de fonctions sont concernées, celles d’avocats ou de professeurs par exemple. La procédure de gozinesh sert également de base pour décider qui est autorisé à créer une organisation non gouvernementale ou adhérer aux instances dirigeantes d’ONG ou des Conseils islamiques du travail (Conseils islamiques), seules organisations du travail autorisées sur les lieux de travail.

Les Conseils islamiques sont une forme d’organisation collective prévue au titre du Code de procédure 2001 [relatif au] mode d’établissement, aux limites de fonctions, de pouvoirs et au mode d’opération des conseils islamiques du travail (le Code de procédure).

Le Code de procédure établit comment les travailleurs des secteurs de la production, de l’industrie, de l’agriculture, des services et les entreprises employant plus de 50 personnes peuvent créer des syndicats ou élire des conseils islamiques.

Les fonctions, devoirs et pouvoirs des conseils islamiques sont fixés par le Code de procédure. Selon l’article 1 du Code de procédure, ils sont créés pour « propager et étendre la culture islamique et défendre les acquis de la révolution islamique. » Ils sont donc davantage préoccupés par la poursuite d’un programme religieux et idéologique que par la promotion e la protection des droits des travailleurs.

L’article 10 du Code de procédure énumère un certain nombre de critères de gozinesh , imposant des restrictions discriminatoires à l’éligibilité des membres du comité central d’un conseil islamique donné. L’article 10c exige que les candidats soient « de bonne réputation » et possèdent « les dispositions requises au bon développement » du conseil et l’article10d qu’ils aient une expérience d’un an de travail au sein du conseil. Toutefois, l’article 10a exige des candidats qu’ils soient des musulmans pratiquants favorables au principe de Velayat-e Faqih (ou suprématie du jurisprudent religieux) et à la Constitution (article 10a) et l’article 10b exige qu’ils aient été présents et se soient montrés actifs dans différents domaines de la révolution islamique.

Les activités de Mansour Ossanlu et de Mahmoud Salehi témoignent de l’engagement des syndicalistes à mettre fin aux pratiques discriminatoires et à œuvrer en faveur des travailleurs et de tous les Iraniens et, par dessus tout, en faveur des droits humains en Iran.

Voir aussi:

Précédents billets sur la répression syndicale en Iran:

Archives:

 

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2 Réponses to “Iran: revue de presse”

  1. Iran: la répression continue said

    Voir ici

  2. lucien said

    Iran: Grève des ouvriers de la raffinerie de canne à sucre de Chouch

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