Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Le Louvre d’Abu Dabi

Posted by syndicaliste sur 1 août 2007

Communiqué de presse du SNAC-FSU

Le Louvre d’Abou Dabi, « source de fierté »…

 

La Ministre de la Culture vient de faire devant la commission culturelle du Sénat un long exposé de politique générale. Nous reviendrons sur la partie programmatique de ce texte.

L’avant-dernier paragraphe est pour le « Louvre d’Abou Dabi ».

Foin de la « coopération culturelle » avec cette « jeune démocratie » qu’exaltait R2DV. Le Louvre d’Abou Dabi n’est cité qu’en exemple pour « encourager nos institutions à développer leurs recettes propres ». Bref, la grandeur du projet réside bien là où on la voyait, dans le côté juteux de l’affaire. Et l’argument de vente, cocardier, est cette « profondeur historique » qui ferait défaut à la concurrence privée américaine !

La Sorbonne d’Abou Dabi, ouverte depuis la rentrée 2006 ? Cet autre projet a fait moins couler d’encre. Il est pourtant tout aussi exemplaire de l’alchimie qui transmute la culture en espèces sonnantes, et surtout en monnaie d’échange diplomatique.

Dans cet autre projet, le « produit » Sorbonne, dont on peut penser qu’il ne représente pas seulement l’excellence universitaire, mais aussi le modèle français d’une université publique, ce produit, donc, exporté, se métamorphose en université de prestige aux coûts de scolarité exorbitants. Peu de sorbonnards inscrits dans l’originale seraient en mesure d’étudier dans la copie de luxe.

Pendant ce temps, du côté de New-York, Human Rights Watch (HRW), l’organisation internationale de défense des droits de l’homme s’inquiète, elle, de l’exploitation des travailleurs immigrés aux Emirats arabes unis, et demande au ministère de la culture français « de s’engager publiquement et de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher l’exploitation de travailleurs émigrés au Louvre d’Abou Dabi ».

Car l’émirat d’Abou Dabi, cette « jeune démocratie », est surtout tristement réputée pour l’exploitation éhontée de sa main d’œuvre, à 95% immigrée. Les ouvriers du bâtiment y travaillent dans des conditions dangereuses, se retrouvent endettés par les agences de recrutement pour des frais que devraient payer leurs employeurs, lesquels retiennent régulièrement leurs salaires et leur confisquent les passeports. Il va sans dire qu’ils n’ont ni le droit de se syndiquer, ni le droit de grève.

Quand on introduisit le mécénat dans les musées, le Snac-fsu revendiquait que ne soient agréés comme mécènes que les entreprises dont les pratiques sociales seraient irréprochables.

Que vaudra le label Louvre, s’il ne sert à imposer des conditions d’emploi dignes et valorisantes pour tous les corps de métiers appelés à travailler sur ce projet, puis dans ce musée ?

Le Louvre d’Abou Dabi, source de fierté ?

C’est surtout à l’aune de cette responsabilité sociale qu’assumeront ou non le gouvernement et le ministère de la culture, qu’on en jugera.

Paris, 26 juillet 2007

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