Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Tract de Paris III

Posted by lucien sur 29 juin 2007

Un projet de loi inacceptable


Après avoir pris connaissance du projet de loi sur l’autonomie des universités présenté par le gouvernement, les organisations étudiantes, d’enseignants et de personnels BIATOS de l’université Paris 3 souhaitent attirer l’attention des usagers et acteurs de l’université sur les points suivants :


Démocratie universitaire : Le projet de loi prévoit une professionnalisation de la fonction présidentielle, assortie de pouvoirs exorbitants, et instaure une gestion technocratique des universités au mépris de l’ensemble de leurs acteurs. Le conseil d’administration notamment, dans lequel siègeront davantage de représentants d’entreprises que d’élus des étudiants et du personnel, verra ses pouvoirs considérablement renforcés au détriment des autres conseils.

Nous pensons au contraire que la gestion des universités doit être confiée de manière réellement démocratique à l’ensemble de leurs acteurs.


Droits des salariés : Le projet de loi permet de casser les statuts de la fonction publique et d’accroître la précarité de l’emploi. La rationalisation des dépenses à laquelle seront poussées les universités risque de conduire à des destructions importantes d’emplois. La possibilité d’embaucher des contractuels en lieu et place de fonctionnaires risque d’accroître la précarité. Le développement de la méritocratie et du clientélisme risque d’entraîner la concurrence entre les salariés.

Nous pensons au contraire que les moyens humains dont ont besoin les universités nécessitent des créations d’emplois stables et sécurisés au moyen d’un réengagement de l’Etat.


Droits des étudiants : Le texte ouvre la voie à la sélection des étudiants dès leur entrée en Licence par le biais d’un processus de préinscription jouant un rôle de « tri sélectif ». En outre, la sélection est dorénavant institutionnalisée à l’entrée en Master, chaque université pouvant fixer librement des modalités de sélection. Enfin, le texte ne prévoit en aucune manière d’encadrer nationalement les frais d’inscription, ce qui laisse augurer des augmentations importantes selon les universités.

à Nous pensons au contraire que tout titulaire du baccalauréat doit pouvoir obtenir une place de droit dans l’université de son choix, que tout licencié doit pouvoir accéder librement en Master et que les droits d’inscriptions doivent être fixés nationalement pour permettre à tous l’accès au service public d’enseignement supérieur.


Désengagement de l’Etat : Le projet de loi amorce une accélération du désengagement de l’Etat en permettant par exemple de transférer aux universités la gestion de leur patrimoine immobilier ou de leur masse salariale. Cela risque d’accroître les inégalités entre universités, de développer la recherche de compétitivité des établissements et d’instaurer un enseignement à deux vitesses (facs d’élite et facs poubelles). En outre, l’asphyxie budgétaire risque de pousser les universités à trouver les moyens d’accéder aux financements privés, ce qui est facilité par le texte.

Nous pensons au contraire que le développement du service public d’enseignement supérieur passe par un engagement financier important de l’Etat offrant à chaque université les moyens de fonctionnement nécessaires.


Généralisation de la concurrence : Le transfert des compétences de l’Etat vers les établissements (non assorti des moyens de gestion en conséquence) accroît le risque de transfert des compétences des universités vers les Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES), notamment par le biais d’une gouvernance autoritaire. Autrement dit, le texte crée les conditions de l’accélération de la fusion de groupes d’universités dans des PRES, lesquels sont constitués d’organes de gouvernance encore moins démocratiques et accordent une place prépondérante aux entreprises tant en termes de financements que de prises de décisions. Ce projet de loi permet donc une transition entre le service public d’Enseignement Supérieur et un système de concurrence généralisée, c’est-à-dire sa privatisation.

Nous pensons au contraire que développer la coopération entre universités, garantir l’accès à tous au droit fondamental à l’éducation et permettre le développement d’une recherche libre et indépendante implique de préserver ces missions de service public de toute forme de concurrence et des intérêts particuliers liés aux puissances économiques.

Nous affirmons avec force notre hostilité envers ce projet de loi qui constitue un grave danger pour l’avenir du service public d’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Si le gouvernement maintenait sa volonté de faire passer en force ce projet de loi, nous serions prêts à en tirer toutes les conséquences et à n’exclure aucun moyen d’action pour manifester notre refus de cette réforme inacceptable. Nous appelons tous les étudiants, personnels et instances des autres universités à prendre publiquement position contre cette loi et à rester vigilants durant la suite des évènements.

 

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

 

JEUDI 5 JUILLET – 12H EN AMPHI A

 

 

Signataires : CGT, CNT, SNASUB-FSU, SNESUP-FSU, UNEF

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