Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Motion du groupe ECOLE 76

Posted by lucien sur 17 juin 2007

CDFD de la FSU 76 du 13.06.07

Motion actualité-action

Il est évident qu’une nouvelle période vient de s’ouvrir sur le front de l’action syndicale et plus largement des luttes. L’élection de Sarkozy s’est faite sur un programme d’attaques massives contre la classe ouvrière et ses acquis : droits du travail, contrats de travail, temps de travail, salaires, droit de grève, retraites, services publics et fonctionnaires. Malgré ses références démagogiques aux travailleurs, tout son programme montre qu’il est au service des puissants et qu’il va faire payer aux travailleurs, aux jeunes, aux immigrés, aux pauvres, le prix du renforcement inégalitaire et libéral de cette société. On voit déjà que Sarkozy compte bien appliquer ce qu’il a promis. Sa première déclaration dans le domaine de l’éducation portait sur le droit de grève. Ce n’est pas un hasard. Dans l’éducation comme dans tous les secteurs, c’est la mesure qu’il compte faire passer. C’est d’abord symbolique : ce droit, acquis au prix du sang, n’appartient qu’aux travailleurs. Mais c’est surtout pratique : c’est un levier contre les ripostes collectives, contre les luttes organisées. Une fois ce coin enfoncé, Sarkozy et le patronat qui l’a investi auront les coudées franches pour faire passer la suite.

Mais il sait, tout comme nous, que ça risque de ne pas passer comme une lettre à la poste. Dans tous les secteurs du monde du travail, et en particulier dans la Fonction Publique qui est dans la ligne de mire de la première vague d’attaques, il va forcément y avoir des réactions. C’est pour cela qu’il a aussi vite rencontré les dirigeants des principales organisations syndicales pour préparer des négociations. De son point de vue, c’est une manière de valider ses « réformes » en faisant valoir qu’elles ont été négociées avec les « partenaires sociaux ». Mais peut-on négocier le droit de grève, fut-ce « branche par branche » ? Il n’est pas question de tomber dans le piège tendu par Sarkozy, dans lequel certains se précipitent déjà avidement.

Nous n’avons pas à demander à Sarkozy de tenir ses promesses, comme dans la déclaration ambiguë du BDFN de la FSU du 7 mai dernier.

Nous ne pouvons nous satisfaire du gel des décrets Robien quand les postes supprimés à leur suite ne sont pas rétablis. Nous ne pouvons accepter la mise sous tutelle de l’école et de l’université, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, le développement prévu des heures supplémentaires, des tutelles de toutes sortes et de la précarité.

Si Sarkozy a été élu de façon démocratique, il remet en cause les libertés fondamentales, les libertés démocratiques au travers du renforcement des forces policières, de la répression, des fichages, de la censures de la presse, de la remise en cause de la majorité pour les jeunes, de la loi sur les peines plancher, de l’accélération des expulsions…

L’urgence maintenant, c’est d’organiser la riposte pour défendre nos droits démocratiques. Elle doit être organisée à plusieurs niveaux. Il nous faut d’abord une réponse d’actualité, un avertissement de l’ensemble du monde du travail à Sarkozy et au camp qu’il représente. Les manifestations qui ont déjà eu lieu montrent la colère qui gronde, en particulier dans la jeunesse (au passage, leur répression judiciaire – que nous devons dénoncer – montre aussi les inquiétudes du pouvoir). Même pendant la période électorale, il y a eu des luttes (grèves à PSA, à Airbus). Beaucoup sont désemparés face à l’ampleur des attaques, mais aussi face à l’absence d’alternative qui explique l’ampleur de la victoire électorale de Sarkozy. Pour préparer les mobilisations qui sont nécessaires, organisons donc une première démonstration par une journée d’action massive avant les vacances d’été organisée si possible par l’ensemble des secteurs du public et du privé, avec leurs organisations syndicales. La FSU, doit rencontrer les autres organisations syndicales, nationalement et localement pour contribuer à l’impulsion de cette riposte.

D’ores et déjà des mobilisations se construisent : assises dans le supérieur le 2 juillet, contre la franchise médicale, contre le remise en cause du droit de grève dans les transports…. La FSU doit prendre les contacts nécessaires avec les syndicats concernés.

Nous sommes conscients de l’ampleur nécessaire que la riposte devra prendre pour faire reculer Sarkozy. Une première journée de mobilisation avant les vacances devra être le point de départ d’une campagne pour défendre nos droits, pour rappeler nos revendications sur la restitution des postes supprimés, la titularisation de tous les précaires, le refus de la mise sous tutelle locale de l’école publique. Dès la rentrée, nous devrons ensuite organiser une riposte de plus grande ampleur y compris par la grève si des attaques se concrétisaient à la faveur des congés d’été.

Groupe ECOLE du SNUipp 76 (avec amendements EE)

POUR : 8 CONTRE : 10 ABST : 1 NPPV : 1

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