Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

La sectorisation des collèges a vécu

Posted by lucien sur 13 juin 2007

Revue de presse

La carte scolaire s’efface

La sectorisation des collèges a vécu. Mais le doublement des dérogations s’annonce chaotique et laisse en suspens quelques questions fondamentales
Chose promise, chose due : Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, vient d’annoncer la mort de la carte scolaire. D’ici à trois ans, plus n’obligera parents enfant dans le collège le plus proche de leur domicile, surtout s’il est malfamé ou s’il affiche les plus mauvais résultats du département. Ils auront le choix. « La carte scolaire a échoué à assurer l’égalité des chances », plaide le ministre. On a vu sombrer des collèges « poubelles » pendant que d’autres, très sélects, fleurissaient. Pauvres d’un côté, nantis de l’autre. La sectorisation, un principe vieux de quarante ans, a fini par produire l’effet contraire à celui recherché. Exit le sacrosaint principe ! Il faut dire qu’il est depuis longtemps dévoyé. 10 % des élèves ne fréquentent pas l’établissement de leur secteur. La proportion est plus forte dans les grandes villes, voire à Paris, où elle atteint 47 % ! Comment les familles s’y prennent-elles ? Elles ont recours aux demandes de dérogation, pures et simples, accordées par l’inspection. Ou les choix d’options rares : les adolescents se découvrent un amour subit pour le japonais, par exemple. Les domiciliations fictives, enfin… sous forme d’une simple adresse postale chez un ami complaisant. Les collectivités locales en ont rajouté, redécoupant habilement les zones de chalandise, les enfants de la cité par ici, les enfants des pavillons par là… Bref, le système claudiquait déjà. Cela risque de s’aggraver à la rentrée. Le ministre a annoncé qu’il doublait le nombre des dérogations dès septembre. 20 % des élèves pourront être affectés ailleurs que dans leur collège de rattachement. Les familles qui le souhaitent sont invitées dès maintenant à déposer leur dossier, et recevront une réponse d’ici à mi-juillet ( 1 ). Cette annonce suscite moult réactions. A Paris, 4 000 familles parisiennes ont déjà téléphoné à l’inspection académique pour faire valoir leurs droits à dérogation, alors que d’habitude elles ne sont « que » 1 700. Les fédérations de parents d’élèves sont partagées. La PEEP préférerait que « chaque élève ait les moyens de réussir n’importe où ». Pour sa part, la FCPE estime qu’à terme ce seront les établissements qui feront leur marché. Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, doute : « Les familles populaires ne bougeront pas et ne profiteront pas de cette mesure. » Mais sur le terrain, on est franchement inquiet.
« Les mauvais élèves vont se retrouver entre eux, et ce sera pire », fait valoir une principale d’un collège de Saint-Denis. Ce grand chambardement laisse beaucoup de questions en suspens ( lire notre débat entre le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos et la sociologue Marie Duru-Bellat p. 90 ). Les dérogations vont être accordées « dans la mesure des places disponibles ». Mais si les demandes excèdent l’offre, comment la sélection des élus se fera-t-elle ? Le ministre veut aussi « renforcer la diversité sociale et géographique au niveau de chaque établissement ». Faudra-t-il envisager des quotas ? « On nous prépare une usine à gaz », commente Bernard Toulemonde, inspecteur honoraire de l’Education nationale.

( 1 ) Voir le site de l’Education nationale : www. education. gouv. fr
Caroline Brizard
Le Nouvel Observateur

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Une Réponse to “La sectorisation des collèges a vécu”

  1. Mise à jour said

    Dépêche AFP Jeudi 14 juin 2007 :

    Carte scolaire et loi sur les universités: les régions critiquent le gouvernement

    L’association des régions de France (ARF) a critiqué mercredi la décision du gouvernement de supprimer la carte scolaire d’ici trois ans et dénoncé son « improvisation » et sa « précipitation » dans l’élaboration de la loi sur l’autonomie des universités.

    Pour l’ARF, la suppression de la carte scolaire « au nom d’une prétendue +égalité des chances+ », laisse « croire aux familles qu’elles pourront faire en toute liberté le choix du collège ou du lycée pour leur enfant: c’est un leurre ».

    Jugeant qu’il « faut la refonder mais pas la supprimer », l’ARF a estimé, dans un communiqué, que cette « refondation » devait passer par « une implantation volontariste et équitable des options les plus recherchées par les familles ».

    Elle a rappelé que la suppression de la carte scolaire risquait de « renforcer un système de +passe-droit+ à l’opposé de sa conception de l’égalité des chances » mais aussi « vider les établissements qui connaissent des difficultés ».

    Sur les universités, l’ARF a regretté que « les régions ne semblent pas pour l’heure être associées à cette réforme » et qu' »à peine trois semaines » soient « données aux acteurs et partenaires de l’Enseignement supérieur pour proposer une refonte de la gouvernance universitaire ».

    Elle a rappelé que « les collectivités locales, dans le cadre des contrats de projet avec l’Etat, participent à près de 50% aux investissements des universités » et que « les régions sont souvent les premiers partenaires en matière des constructions, de fonctionnement des sites, de logement des étudiants, d’aides sociales et de mobilité internationale ».

    « Cet investissement massif impose de considérer les collectivités autrement que comme de simples guichets », a-t-elle ajouté, en réclament des « engagements budgétaires précis de l’Etat ».

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