Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Une directrice d’école en garde à vue

Posted by lucien sur 23 mars 2007

Rebondissement inquiétant à l’école maternelle Rampal du 19ème où des interpellations musclées avaient eu lieu provocant l’indignation de toutes les personnes présentes et le gazage de la rue, par la police, dans laquelle se trouvaient parents et enfants.

Depuis ce matin, la directrice de l’école, Mme Valérie Boukoza, est en garde à vue.

Des syndicats et des réseaux citoyens appellent à un rassemblement immédiat devant le commissariat, 3 rue Eric Satie, M° Ourcq (ligne 5) ou
Danube (7B) près du cimetière de la vilette.
Tél. du commissariat : 01 55 56 58 00 / 01 56 41 30 00

***

Dernière minute:

Une de nos militantes était (avec RESF, SNUIPP, SUD, parents, DAL, collègues) aujourd’hui au rassemblement. Vers 15h30 le compagnon de Valérie a annoncé qu’elle sortait. Sur France-Info, à 16h, le porte-parole du recteur déclarait la neutralité de l’Académie, considérant que les actes en question avaient eu lieu en dehors des heures de service. Nous rassemblons ci-dessous les communiqués syndicaux et les dépêches de presse d’aujourd’hui.

 

***

COMMUNIQUES

 

Communiqué SNUipp:

 

SANS-PAPIER, DIRECTRICE SANCTIONNEE

 

Le SNUipp élève les plus vives protestations vis-à-vis du placement en garde à vue de la directrice de l’école Rampal à Paris 19ème qui est interpellée pour « outrage et dégradation de biens publics en réunion ».

Cette interpellation est inadmissible vis-à-vis d’enseignants qui assurent la scolarisation légale d’enfants dont les parents sont sans-papier.

Le SNUipp condamne l’utilisation de violences physiques et gaz lacrymogènes, condamne les tentatives d’arrestations.

Le SNUipp demande que cessent les poursuites à l’encontre de cette directrice et qu’elle soit libérée immédiatement. Il intervient en ce sens auprès du ministère de l’Education Nationale.

 

PARIS, le 23 mars 2007

 

Communiqué Sud:

La solidarité n’est pas un délit !

Lundi et mardi dernier, la police a organisé, aux portes d’écoles de Belleville, des interpellations musclées qui
ont suscitées l’indignation de toutes les personnes présentes.
Aujourd’hui, Valérie Boukobza, directrice de l’école Rampal (19ème) a été convoquée pour témoignage au
commissariat du 19ème arrondissement de Paris et retenue en garde à vue…
Les syndicats de Paris de l’Education nationale (CGT’éducation, CNT, FO, FSU, SE-UNSA, SUD Education),
la FCPE 75 , le Réseau Education Sans Frontières :
· appellent immédiatement à se rassembler devant le commissariat du 19 ème, rue Erick Satie,1
· expriment leur totale indignation,
· dénoncent cette détention arbitraire,
· exigent l’arrêt immédiat de toute poursuite contre cette citoyenne et contre tout militant de RESF qui apportera son soutien à celles et ceux qui protègent des enfants en danger.

***

Communiqué FSU Paris le 23 mars 2007

Suite aux incidents graves qui se sont produits mardi dernier lorsque la police a voulu procéder à des arrestations de parents sans-papiers aux abords de l’école maternelle Rampal à Paris dans le 19ème arrondissement et où la mobilisation des personnes présentes les a empêchées, c’est maintenant la directrice de l’école qui est mise en garde à vue.

Après les gaz lacrymogènes et les coups, la répression se poursuit.

Des délégués syndicaux, des parents d’élèves, des enseignants, RESF sont actuellement devant le commissariat de la rue E. Satie (19è).

La FSU demande la levée immédiate de la garde à vue qui est inadmissible.

Elle rappelle qu’elle condamne la répression et la chasse aux étrangers, doublement insupportable à proximité de l’école.

***

REVUE DE PRESSE

Sans-papiers: la directrice d’école interpellée à Paris a été libérée

La directrice d’une école maternelle du XIXe à Paris, interpellée ce matin pour «outrage et dégradation de biens publics en réunion», a été remise en liberté dans l’après-midi • Des incidents violents entre parents d’élèves et policiers s’étaient produits devant l’école Rampal mardi lors de l’arrestation d’un parent sans papiers d’enfants scolarisés •

Par J.L. et agenes

LIBERATION.FR, vendredi 23 mars 2007

 

La directrice d’une école maternelle, proche du lieu où s’étaient produits mardi des incidents violents entre parents d’élèves et policiers lors de l’arrestation d’un parent sans papiers d’enfants scolarisés, a été interpellée vendredi matin et placée en garde à vue, a-t-on appris auprès de la préfecture de police. Elle a été remise en liberté dans l’après-midi.
La directrice de l’école maternelle Rampal à Paris (XIXe) a été interpellée pour «outrage et dégradation de biens public en réunion», a-t-on précisé de même source. Elle a été placée en garde à vue au commissariat Erik-Satie du XIXe arrondissement. Vendredi après midi, une soixantaine de personnes s’étaient regroupées devant le commissariat en signe de prtestaiton.
Selon Brigitte Wieser, porte parole de RESF (Réseau Education sans frontières), des policiers avaient interpellé mardi vers 18H00 dans un café appelé «le petit Rampal», le grand-père chinois et sans papiers d’enfants scolarisés dans le groupe scolaire de la rue Rampal, tout proche. Les policiers n’auraient pas hésité à utiliser la violence physique et à asperger la rue de gaz lacrymogène pour disperser les parents qui s’opposaient à cette interpellation.

Le grand-père chinois, emmené mardi en fin d’après-midi au commissariat du IIè arrondissement, a été remis en liberté mercredi, a précisé RESF.

Selon un parent d’élève témoin des incidents de mardi, Gilles Dansart, «de nombreux parents de quatre écoles du quartier Belleville, situées rue Rampal et rue du Général-Lassalle, ont été alertés de l’arrivée de policiers vers 17h30». «Lundi soir, a-t-il ajouté, il y avait déjà eu une tentative d’arrestation devant l’école maternelle Rampal d’une dame venue chercher sa petite fille et les parents du quartier en avaient été choqués».

Selon des informations recueillies par «Libération» sur place, la directrice d’école avait reçu une convocation jeudi de la part de la police « pour une affaire vous concernant», sans aucune mention d’une éventuelle garde à vue. Elle s’était présentée à 9 heures ce matin au commissariat.
Plusieurs parents dont les enfants ont eu à subir les jets de gaz lacrymogène mardi ont par ailleurs voulu déposer plainte vendredi matin au commissariat du XIXe qui les a renvoyés sur l’IGS (Inspection générale des services, la police des polices. En conséquence, ces parents ont appelé à un rassemblement lundi matin devant l’IGS dans le XIIe arrondissement.

Dépêches AFP:

Sans-papiers: la directrice d’école libérée

La directrice de l’école maternelle du XIXe arrondissement de Paris placée en garde à vue vendredi matin après des incidents mardi devant son école lors de l’interpellation d’un sans-papiers, a été remise en liberté, a-t-on appris de source syndicale et auprès de manifestants sur place.

Le parquet de Paris avait ordonné peu auparavant la remise en liberté de la directrice et de deux autres personnes, elles aussi placés en garde à vue dans le cadre de cette affaire.

Plusieurs manifestants, à l’appel du Réseau Education sans frontières (RESF), d’enseignants et de syndicalistes s’étaient rassemblés devant le commissariat Erik Satie dans le XIXe arrondissement de Paris, où la directrice avait été placée en garde à vue vendredi matin vers 09h00.

Elle a été remise en liberté peu avant 16h00, a affirmé à l’AFP le secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat de l’enseignement primaire, Gilles Moindrot.

Plusieurs manifestants ont indiqué à un journaliste de l’AFP sur place que la directrice avait quitté discrètement les lieux sans faire de déclarations.

 

Directrice d’école gardée à vue: « une tentative d’intimidation intolérable », selon le Syndicat de la Magistrature

Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a dénoncé vendredi « une tentative d’intimidation intolérable », après la garde à vue subie par une directrice d’école maternelle à Paris à la suite d’incidents liés à l’interpellation d’un parent d’élève sans papiers.

Cette garde à vue de près de sept heures « relève à l’évidence d’une tentative d’intimidation intolérable à l’égard d’une enseignante qui, d’après plusieurs témoins, n’a fait que tenter de protéger ses élèves » pendant ces incidents violents, a estimé le SM dans un communiqué.

Selon le syndicat, ces évènements « révèlent une volonté politique manifeste d’accélérer et de durcir la chasse aux sans-papiers et de disqualifier et réprimer tous les citoyens qui s’y opposent pacifiquement ».

« S’agissant de la garde à vue d’une enseignante, un nouveau pas est franchi vers l’atteinte aux fondements de la République », ajoute le communiqué.

Convoquée vers 09h00 au commissariat du XIXe arrondissement, la directrice d’école Valérie Boukobza, a été placée en garde à vue pendant près de sept heures pour « outrage et dégradation de biens public en réunion » avant d’être relâchée, sur décision du parquet de Paris.

Un policier a été « blessé et aspergé d’un gaz irritant » mardi soir au cours des incidents qui ont opposé policiers et parents d’élèves lors de l’interpellation, a affirmé vendredi soir la préfecture de police.

 

Voir aussi:

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :