Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Rafles devant une école de Belleville

Posted by lucien sur 22 mars 2007

La vidéo de la rafle avec les parents d’élèves qui s’interposent:

Rafle_Paris_Rampal_2007-03-20-J.Warlop

Rafle de parents d’élèves « sans-papiers » à l’école Rampal…

***

Rafles effectuées à Paris, aux abords des établissements scolaires

Communiqué de presse de la FSU du jeudi 22 mars 2007

La FSU dénonce les incidents graves qui se sont produits lors des rafles effectuées à Paris, aux abords des établissements scolaires. Lundi 19 mars, la tentative d’arrestation devant une école de Belleville d’une dame venue chercher une petite fille est mise en échec par les parents. Le lendemain un grand-père d’enfants scolarisés est arrêté au même endroit. Face aux protestations des parents et des enseignants, les policiers utilisent violences physiques et gaz lacrymogènes pour disperser la mobilisation. Parents et enfants se réfugient dans l’école.
La FSU condamne la répression et la chasse aux étrangers, doublement insupportable à proximité de l’école. Elle rappelle sa détermination à lutter pour le respect des droits et libertés pour tous, notamment le droit à l’éducation.

***

A Belleville, travaux pratiques policiers devant les écoliers

 

Lacrymos, chiens… la chasse aux sans-papiers s’intensifie à Paris.

 

Par Christophe BOLTANSKI

Libération, vendredi 23 mars 2007

 

 

Les écoles de l’Est parisien vont-elles se transformer en terrain de chasse ? Au 77, boulevard de Belleville, la rentrée des classes se déroule au milieu des banderoles déployées jusqu’en travers de la chaussée. Des prénoms d’enfants sans papiers, menacés d’expulsion, sont apposés sur la rambarde. En ce jeudi matin, ils sont plus de deux cents parents à dénoncer la traque des étrangers aux abords des établissements scolaires. «Les enfants à l’école, pas en rétention», scandent-ils d’une seule voix. Lundi, le père d’un élève, monsieur Huang, a été arrêté, puis libéré. Le même jour, une femme, madame Sun, également sans papiers, était interpellée un peu plus haut devant la maternelle de la rue Rampal, au moment où elle venait chercher sa nièce. Elle a été relâchée quelques minutes plus tard sous la pression des parents.

«Ça devient invivable Belleville ! On ne peut plus sortir ses enfants sans qu’ils soient témoins d’une rafle et ça peut être les parents de leurs copains», s’écrie Aline Beilin. Cette professeure de philo et membre de Réseau éducation sans frontières (RESF) vient de déposer les siens rue du Général-Lassalle. Une école qui, avec sa voisine de la rue Rampal, a été, mardi, le théâtre d’une autre opération policière encore plus musclée. Depuis, parents et enfants des deux groupes scolaires sont sous le choc. Plusieurs écoliers ont essuyé des gaz lacrymogènes. Une psychologue a été appelée par la directrice de Rampal. «J’ai un fils de cinq ans. Il est terrorisé», déclare Béatrice Vincent. «C’était d’une extrême violence, raconte une autre mère, Maria Clark. Il y a des enfants qui pleurent encore aujourd’hui.»

«Moi, maintenant, la rue du Général-Lassalle, elle me fait peur», lance Dominique Perez. Journaliste, elle fait elle aussi partie de RESF. Mardi en fin d’après-midi, elle se trouvait avec une vingtaine d’autres parents au métro Belleville pour prévenir une «nouvelle rafle», lorsqu’elle a été prévenue de la présence de deux voitures de police, en face de l’école de la rue Rampal.

Bistrot. A son arrivée sur les lieux, elle découvre une femme en pleurs. Son père, Xiangxing Chen, en situation irrégulière, vient d’être arrêté lors d’un contrôle d’identité dans le café le Petit Rampal, situé à l’angle de la rue du Général-Lassalle. Il devait aller chercher son petit fils, 4 ans, scolarisé en maternelle. «On a commencé à appeler.» Quelques SMS plus tard, un attroupement se forme devant le bistrot. «Vous allez très vite comprendre pourquoi vous allez dégager», leur crie un officier. Il ouvre la porte de son véhicule et en sort deux chiens muselés qu’il lâche sur la foule. Pour empêcher les policiers d’emmener leurs prisonniers, certains se couchent sur la chaussée, devant leurs voitures. «On a commencé à manifester de façon véhémente, mais non violente», souligne Dominique Perez.

L’émotion est particulièrement vive après l’interpellation la veille, à la même heure, d’une Chinoise devant la maternelle Rampal. Il est presque 18 heures. De nombreux parents attendent la sortie de l’étude. Pas moins de quatre groupes scolaires, deux primaires et deux maternelles, entourent le café.

«Tout le monde a rappliqué et ça a dégénéré», raconte Gilles, qui a trois enfants à Lassalle. Des renforts de la BAC, la brigade anticriminalité, arrivent. Les voitures, sirènes hurlantes, tentent de remonter à reculons la rue Lassalle. Les policiers sortent leurs matraques et aspergent la foule de gaz lacrymogène au moment où les enfants se répandent dans la rue. «Les flics étaient d’une extrême nervosité car ils étaient pris au piège», selon Gilles. La directrice de Rampal rouvre ses portes pour mettre ses élèves à l’abri. Elle reçoit elle-même du gaz en tentant de s’interposer.

Squat. Xiangxing Chen, 58 ans, a été libéré mercredi matin. Dans un communiqué, le maire du XIXe, Roger Madec, demande au ministre de l’Intérieur de «faire cesser le harcèlement, les contrôles au faciès et les interpellations humiliantes sans justification», des «agissements particulièrement suspects en période électorale». Les policiers disent avoir reçu des coups et des projectiles, notamment en provenance du squat de la rue du Général-Lassalle. Ils auraient fait une descente dans ce café «parce qu’il est soupçonné de trafic en tout genre», selon Roger Molkou, directeur de cabinet du maire du XIXe. «Mais, la veille, tout indique qu’ils sont venus cueillir une femme sans papiers dont ils avaient le signalement», en dépit d’un engagement oral du préfet de police de ne pas procéder à de telles interpellations dans le périmètre des écoles. Sur les deux groupes scolaires, 29 familles sont en situation irrégulières.

Voir aussi:

 

Photo tirée d'une vidéo montrant les incidents violents ayant eu lieu entre parents d'élèves et policiers devant l'école maternelle Rampal à Paris le 20 mars 2007, à la suite de l'arrestation d'un parent sans papier d'enfants scolarisés. | AFP/JULIETTE WARLOP

AFP/JULIETTE WARLOP

Photo tirée d’une vidéo montrant les incidents violents ayant eu lieu entre parents d’élèves et policiers devant l’école maternelle Rampal à Paris le 20 mars 2007, à la suite de l’arrestation d’un parent sans papier d’enfants scolarisés.

Voir aussi:

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