Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Non à la C.S.I.

Posted by lucien sur 12 mars 2007

Dans le cadre de la préparation de son congrès national, le SNES publie des cahiers de contributions comme suppléments à son journal L’Université Syndicaliste. Nous publions ici la contributions aux débats envoyée par deux camarades UA.

Non à la CSI

Le débat sur l’adhésion de la FSU à la CSI va traverser le congrès du SNES dont la direction s’est illustrée durant le congrès FSU par sa volonté d’adhérer au plus vite. Espérons toutefois que le débat demeure serein et qu’il permette l’expression argumentée de tous les points de vue et de tous les faits, même si, comme disait l’autre, ils sont souvent têtus.

La CSI est le produit de la fusion de la CISL (créée par le syndicat étatsunien AFL-CIO avec les fonds de la CIA dans le contexte de la guerre froide) et de la CMT (fondée par le Vatican au début des années 20 contre le spectre du syndicalisme « rouge »). On nous dit aujourd’hui que la CSI aurait rompu avec les pratiques de ces peu glorieuses aïeules (refus de l’action revendicative, soutien aux coups d’Etat contre Allende en 1973 et Chavez en 2002…). Or, non seulement 50 des 70 membres de l’organe de direction de la CSI sont d’anciens de la CISL mais le nouveau patron de la CSI, Guy Ryder, ancien secrétaire général de la CISL, a bien pris soin de rassurer tout son monde : « lors du dernier congrès de la CISL, pour sa dissolution, j’ai insisté sur la continuité avec nos valeurs (de la CISL). Sans cela, cette organisation n’aurait pas accepté le processus de création de la CSI ».

Quant au programme de la CSI, présenté parfois comme audacieux voire combatif, il vise en réalité à inscrire l’action « syndicale » dans l’accompagnement de la mondialisation capitaliste et de ses ravages par la construction d’un « dialogue social mondial » entre syndicats et entreprises dans le cadre des institutions officielles du libéralisme (FMI, Banque mondiale, OMC, Union européenne,…). Ce qui conduit Guy Ryder à définir comme priorité stratégique l’obtention « d’un système minimal de protection pour garantir un système minimal de droits : on ne peut arrêter les délocalisations, mais on peut essayer de mettre en place des règles du jeu pour que ces changements soient acceptables. »

Ce qui est en fin de compte à l’ordre du jour avec l’adhésion à la CSI (dont la CES est l’antenne européenne), c’est la dilution progressive de notre syndicalisme dans un syndicalisme bureaucratisé et participant des institutions officielles, privé de son indépendance et voué, au mieux, à négocier en recul dans le cadre imposé de la mondialisation et des besoins des entreprises. C’est d’ailleurs cette inscription de l’action syndicale dans les limites du système économique qui explique que, de la CES à l’AFL-CIO aux EU où 45 millions de travailleurs sont sans couverture sociale, ce syndicalisme d’accompagnement n’a jamais réussi (ni même cherché !) à conquérir d’avancée pour les travailleurs.

Benoit Foucambert, Snes 28 (UA)

Pascal Rolando, Snes 28 (UA)

***

– Des mêmes auteurs:

– Voir aussi d’autres contributions préparatoires au congrès du SNES:

– Sur la question de la CSI, outre la contribution de G. Réquigny déjà citée ci-dessus, on pourra aussi relire:

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