Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Des chômeurs en déficit

Posted by lucien sur 27 février 2007

L’Unédic annonce pour 2007 un retour à de substantiels excédents. Mais la nouvelle n’est pas bonne pour les chômeurs, car elle résulte d’une dégradation importante de leurs droits : la proportion de demandeurs d’emploi indemnisés a reculé de près de sept points depuis 2003. Moins d’un chômeur sur deux est aujourd’hui indemnisé par l’Unédic.
Le montant des allocations demeure faible, 80% du SMIC en moyenne ; les inégalités de traitement entre chômeurs sont importantes, particulièrement au détriment des jeunes, des précaires et des femmes. Depuis 1979, pas moins de six réformes ont progressivement réduit les droits à indemnisation, et le RMI sert de plus en plus de voiture-balai. Sur vingt-cinq ans, malgré la hausse considérable du chômage, le poids de l’indemnisation du chômage dans le PIB tend à diminuer.

Lire la suite de l’étude du collectif « Les autres chiffres du chômage » [26-02-07]

Revue de presse

Les bons chiffres de l’Unedic résultent de la piètre indemnisation du chômage, selon ACDC

Le régime d’assurance chômage, qui a enregistré un léger bénéfice en 2006, prévoit 2,5 milliards d’euros d’excédent cette année. Pour le collectif Les Autres Chiffres du Chômage, il faut y voir la conséquence de la diminution des droits à indemnisation depuis 2003.

La Tribune [26-02-07]

Le bonheur des uns est parfois la conséquence du malheur des autres. C’est ce qui ressort de la dernière analyse du collectif Les Autres chiffres du Chômage (ACDC) relative à l’indemnisation des demandeurs d’emploi.

Pour ce collectif, qui réunit chercheurs, syndicalistes et associations de chômeurs, l’amélioration de la situation financière de l’Unedic, dont les comptes sont au vert en 2006 après quatre années de déficit, est la conséquence directe de la réduction des droits à indemnisation depuis 2003. Après 344 millions d’euros de bénéfice enregistré en 2006, le régime d’assurance chômage table sur un excédent de 2,5 milliards d’euros pour 2007.

Les droits à indemnisation ont été doublement réduits depuis trois ans par les partenaires sociaux signataires de la convention Unedic dans laquelle sont déclinées ces règles. D’abord, le taux de couverture des demandeurs d’emploi, c’est-à-dire la proportion d’entre eux qui perçoit une allocation financée par l’Unedic, a diminué de près de sept points depuis 2003. Ce taux est passé de 54% en novembre 2003 à 47,5% en novembre 2006, selon les chiffres Unedic analysés par ACDC.

Aujourd’hui, moins d’un demandeur d’emploi inscrit à l’ANPE sur deux perçoit une allocation de chômage. Le nombre de chômeurs indemnisés a diminué de près de 19% entre fin 2003 et fin 2006, alors même que le nombre d’inscrits à l’ANPE n’a diminué que de 8% au cours de la même période, souligne ACDC.

Tous les demandeurs d’emploi ne sont pas égaux devant l’indemnisation du chômage. Du fait des règles ouvrant droit à indemnisation et du mode de calcul du salaire de remplacement, les jeunes, les femmes et les moins qualifiés sont moins souvent indemnisés que les autres catégories de demandeurs d’emploi. « L’écart est d’environ 10 points entre les cadres et les professions intermédiaires d’une part et les employés et les ouvriers d’autres part », relève le collectif.

Ensuite, le niveau de l’indemnisation est faible et son coût pour l’Unedic est en recul, puisque les dépenses qui lui sont consacrées « ont diminué de 10,3% entre 2004 et 2006 », souligne ACDC. Selon le collectif, l’indemnisation moyenne ne représente que 80% d’un Smic brut mensuel, soit environ 1.000 euros. Mais cette moyenne cache de fortes disparités. « On estime qu’aujourd’hui entre 30% et 40% des indemnisés perçoivent moins d’un demi-Smic », soit moins de 600 euros par mois, a calculé ACDC.

Les ressources des chômeurs non indemnisés par l’Unedic, soit plus de la moitié des demandeurs d’emploi incrits à l’ANPE aujourd’hui, varient entre rien – cas des jeunes de moins de 25 ans, de chômeurs vivant dans un foyer dont les ressources ne leur permettent pas de prétendre à une indemnisation financée par l’Etat – et une série de minima sociaux : l’allocation de solidarié spécifique (ASS, chômeurs en fin de droits aux Assedic), l’allocation d’insertion (AI, demandeurs d’asile et sortants de prison), devenue l’allocation temporaire d’attente (ATA) depuis novembre 2006, et l’allocation équivalent retraite (AER, chômeurs âgés).

Or, non seulement le niveau de ces prestations est très faible – entre 35% et 50% de l’indemnisation moyenne des chômeurs – mais seuls 10% du total des demandeurs d’emploi les perçoivent. Si bien que « le RMI est devenu le dernier maillon de l’indemnisation du chômage », souligne ACDC, qui rappelle le fort accroissement du nombre d’allocataires du RMI – un peu plus de 400 euros par mois pour une personne seule – entre fin 2003 et fin 2005.

Pour Thomas Coutrot, membre d’ACDC, « il n’est pas possible de considérer qu’il n’y a pas de rapport entre des filets de sécurité de plus en plus troués et le nombre de personnes aujourd’hui à la rue ». L’Unedic a décidé de reverser ses excédents à venir à un fond de réserve plutôt que d’améliorer l’indemnisation des chômeurs.

***

Chômeurs : la part des indemnisés « en chute libre »

NOUVELOBS.COM | 27.02.2007

C’est ce qu’explique une note du collectif Autres chiffres du chômage qui affirme que le nombre d’inscrits à l’ANPE a diminué de 8% depuis 2003, tandis que celui des chômeurs indemnisés diminuait près de 19%.
L’amélioration des comptes de l’Unedic se fait au détriment des demandeurs d’emploi, s’inquiète le collectif ACDC (Autres chiffres du chômage) en expliquant que la part des chômeurs indemnisés « est en chute libre depuis 2003 ». Dans une note publiée lundi 26 février, il relève en outre des inégalités: les jeunes, les femmes et les ouvriers touchent moins souvent d’allocations que les seniors, les hommes et les cadres.

Fin 2006, la France comptait 2,17 millions de chômeurs dont seulement 1,85 million percevaient les Assedic. D’après ACDC, le nombre d’inscrits à l’ANPE a diminué de 8% depuis 2003, tandis que celui des chômeurs indemnisés diminuait près de 19%.

Le taux de couverture par l’assurance-chômage est en chute libre sous l’impact de la réforme initiée au début 2003″, dénonce le collectif qui rassemble des associations, des chercheurs et des syndicats (Agir ensemble contre le chômage, Mouvement national des chômeurs et précaires, Réseau Stop Précarité, CGT-INSEE, SNU-ANPE et Sud-ANPE).

Des inégalités liées à l’âge, au sexe, à la qualification

ACDC dénonce par ailleurs les inégalités liées à l’âge, au sexe, à la qualification. Les jeunes « sont très peu couverts par l’indemnisation du chômage parce qu’ils ont peu ou pas de références de travail antérieures ». Les femmes ont, « plus souvent que les hommes, des emplois précaires ou des durées d’emploi courtes, ce qui les exclut fréquemment des droits à l’indemnisation ». « Pour les mêmes raisons, les salariés les plus qualifiés » (professions intermédiaires, cadres) touchent plus fréquemment les Assedic que les autres (ouvriers, employés).

Pour les chômeurs qui touchent leurs allocations, « l’indemnisation moyenne reste faible puisqu’elle ne représente qu’environ 80% du SMIC », précise la note. En outre, « entre 30% et 40% des chômeurs indemnisés perçoivent moins d’un demi-SMIC ».

Rien d’étonnant donc à ce qu’ils soient de plus en plus nombreux à « accepter des petits boulots pour joindre les deux bouts », dénonce ACDC selon qui La proportion de ces « chômeurs-travailleurs » atteint « un niveau record. Aujourd’hui, chaque mois, environ un chômeur sur trois a exercé une activité rémunérée ». (AP)

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