Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Roland Veuillet arrête sa grève de la faim

Posted by lucien sur 21 février 2007

Veuillet ravale une soupe, mais pas sa dignité

Éducation . Roland Veuillet accepte de nouveau de s’alimenter. Sanctionné suite à un mouvement de grève, il jeûnait depuis bientôt deux mois.

 

Roland Veuillet a mis un terme, dimanche, à une grève de la faim entamée le 24 décembre. Après être resté près de deux mois sans manger, ce conseiller principal d’éducation (CPE), qui proteste contre une sanction disciplinaire prononcée à son encontre, a accepté de s’alimenter. « Il était extrêmement épuisé, indiquait Laurence Pennequin, cosecrétaire générale de SUD éducation. Son corps ne suivait plus. Il a tout simplement avalé une soupe. ».

Une soupe, donc, mais pas sa dignité. Rentré chez lui afin de se reposer, Roland Veuillet paraît décidé à poursuivre sa lutte. « Le combat continue », prévient d’ailleurs son comité de soutien, lequel s’élargit à mesure que Gilles de Robien s’acharne à refuser la réouverture du « dossier Veuillet ». En 2003, celui-ci était muté d’office de Nîmes vers l’académie de Lyon, après avoir participé à un mouvement de grève dans son établissement. Estimant être victime de discrimination syndicale – et alors qu’un avis rendu par le conseil supérieur de la fonction publique juge infondée cette mutation -, le CPE demande la levée de la sanction, ou à tout le moins l’ouverture d’une enquête administrative.

La CGT, la FSU, la CNT, et bien sûr, SUD éducation, son syndicat, lui apportent leur soutien depuis un bon moment, de même que les parlementaires communistes qui, dès 2004, interpellaient le gouvernement sur ce cas. André Gerin, maire de Vénissieux, et Guy Fischer, vice-président du Sénat (PCF l’un et l’autre), étaient à ses côtés, vendredi, lors d’une conférence de presse, tandis que Marie-George Buffet, Olivier Besancenot et José Bové, candidats à la présidentielle, lui ont signifié leur appui. Plusieurs enseignants ont observé – ou observent – un jeûne de solidarité. Et hier, une manifestation était organisée à Marseille, à l’occasion de la venue du ministre de l’Éducation.

Mais la cause de Veuillet a rallié plus de soutien encore depuis la semaine dernière quand est tombé l’ordre de le faire interner. Mercredi, le CPE était hospitalisé contre son gré dans un établissement psychiatrique. Aussitôt, la Ligue des droits de l’homme réagissait, estimant que le procédé « illustre un nouveau durcissement de la réponse répressive au mouvement social ». L’Union syndicale de la psychiatrie (syndicat de médecins psychiatres) dénonçait pareillement « cette forme d’hospitalisation sous contrainte », rappelant que « la psychiatrie n’est pas un goulag où l’on enferme les opposants ».

Dès jeudi, un avis médical tombait, qui stipulait que Veuillet est sain d’esprit et que rien ne justifiait son internement : après vingt-quatre heures d’hospitalisation, le CPE était libre. Mais son comité de soutien n’entend pas en rester là et devrait engager, cette semaine, une action en justice, avec constitution de partie civile.

Quant à la revendication initiale – celle d’ouvrir une enquête -, elle reste bien sûr d’actualité. Sera-t-elle entendue ? La réponse devait tomber hier, en fin d’après midi, avec les conclusions d’un médiateur nommé par Gilles de Robien.

Marie-Noëlle Bertrand

(L’Humanité du 20-02-07)

*

 [AFP,22-02-07]

  Roland Veuillet: la FSU dénonce « la politique de l’autruche » de Robien
La FSU et son syndicat des collèges-lycées, le Snes, majoritaires, ont dénoncé jeudi « la politique de l’autruche » du ministre de l’Education, Gilles de Robien, à propos de la situation de Roland Veuillet, conseiller principal d’éducation (CPE) qui réclame l’annulation d’une sanction.

Roland Veuillet, très affaibli, a interrompu dimanche une grève de la faim de 57 jours, entamée pour réclamer l’annulation pure et simple d’une sanction disciplinaire (une mutation) en 2003, selon lui injustement imposée pour sa participation à une grève.

« Après de multiples tergiversations, qui ont fait courir un risque grave pour la santé de Roland Veuillet, le ministère fait du sur-place », a estimé dans un communiqué la FSU, en référence aux conclusions remises mercredi au ministre de l’Education, par le médiateur de l’Education nationale, Jean-Marie Jutant.

« Après enquête auprès de toutes les parties dans ce dossier, il conviendrait de le rapprocher géographiquement de ses proches (le muter là où il le souhaite, ndlr) et voir si un complément d’enquête administrative est possible », a expliqué le médiateur à l’AFP, en rappelant qu’il fallait néanmoins attendre la décision du Conseil d’Etat auprès duquel M. Veuillet a déposé un recours.

Le ministère « ignore l’avis de la commission du recours du Conseil supérieur de la Fonction publique », qui s’est prononcé pour la levée de la sanction, a ajouté la FSU. Selon elle, « alors qu’on aurait pu s’honorer en proposant une véritable sortie de crise, le ministre a choisi la politique de l’autruche, laissant le problème entier ».

La FSU assure qu’elle « continuera à soutenir » Roland Veuillet « dans cet objectif ».

Voir aussi:

 

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