Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Motion de l’AG Université du Mans

Posted by lucien sur 6 février 2007

Motion des Personnels de l’Université réunis en Assemblée Générale
(lundi 5 février)

1) Le gouvernement ne cesse de montrer du doigt les fonctionnaires, les considérant comme des privilégiés :

– Où est le privilège pour un personnel de catégorie C quigagne 1060 Euros nets en début de carrière, entre 1130 et 1230 Euros au bout de 11 ans, et entre 1270 et 1570 Euros en fin de carrière ?
– Où est le privilège pour un Professeur Certifiée (CAPES) d’être nommé en région parisienne avec un salaire de départ de 1300 Euros nets (1750 Euros au bout de 10 ans et 2450 Euros en fin de carrière) ?
Depuis 1980, le pouvoir d’achat des fonctionnaires a baissé de plus de 20%, et 7,35 % depuis 2000.

2) L’Université est toujours la dernière roue du carrosse de
l’Enseignement Supérieur : malgré les promesses, l’Etat ne consacre toujours à ce secteur que 6700 Euros par étudiant et par an, contre 13700 Euros pour un élève de Classe Préparatoire (CPGE).
La réforme LMD n’a servi qu’à la casse des diplômes nationaux, à leur multiplication et à les rendre illisibles pour les étudiants et les employeurs (22 licences professionnelles sur le campus du Mans).
Cette réforme, sans financement, a conduit à l’explosion du nombre d’heures complémentaires (+21%) rendant nos conditions de travail encore plus dures, dégradant la qualité de l’enseignement et de l’accueil des étudiants.

3) Pour ce qui est des personnels, la dizaine de postes cédée par le ministère, en partie absorbée par la création d’un département à l’IUT de Laval, n’a en rien changé les conditions de travail, déjà dégradées, des personnels de l’Université :
– Les personnels IATOSS sont débordés : le doublement du travail lié à la mise en place du contrôle continu ou la gestion des dossiers de candidatures aux diplômes sont autant de charges nouvelles que les secrétaires doivent assurer,
– Les personnels de service sont en nombre insuffisant,
– Quant aux enseignants chercheurs, comment peuvent ils mener à bien leurs missions que sont la recherche et l’enseignement, lorsqu’ils sont accaparés par les tâches administratives (suivi de projets, suivi de stages, gestion des emplois du temps complexifiée par l’enseignement
modulaire, réunion pour le nouveau plan quadriennal ) ?
Par ailleurs, de plus en plus de missions sont confiées à des personnels au statut précaire : en CDD reconduits d’année en année d’octobre à juillet, une soixantaine de postes de ce type existent sur le campus, soit environ un personnel IATOSS sur 5. Qu’en est-il des progressions de carrière de ces collègues?
Tout cela est – il acceptable ?

Pendant ce temps, le gouvernement persiste à vouloir ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite : ainsi, les postes aux concours du 2nd degré (CAPES, AGREGATION) ont baissé de 29% entre 2005
et 2007.
Il crée quelques «équivalents temps plein» (ETP) dans l’Enseignement Supérieur et supprime en même temps plus de 6000 postes dans l’enseignement secondaire.

4) Sur le plan de la recherche, la mise en place de son financement sur projet par l’ANR est subie de plein fouet par les laboratoires:
parallèlement, on constate des subventions déguisées aux grandes entreprises, et de nombreux recrutements sur contrat dans le cadre de nouvelles agences comme l’agence pour l’innovation industrielle (AII).
Comment accepter ces faits ?

5) L’objectif du gouvernement est de mettre en place des Universités visibles depuis Shangaï : la mise en place des PRES (Pôle Régional d’Enseignement Supérieur) n’est que de la poudre aux yeux. Derrière ces concentrations se cache la privatisation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, avec un statut juridique particulier. Un EPCS (Etablissement Public de Coopération Scientifique) ou une fondation, faisant appel à des fonds privés, regrouperait enseignement public et
privé : le but du gouvernement est de faire des économies d’échelles, en regroupant les fonctions administratives, et de mettre les Universitaires à la botte de personnes nommées, et non élues.
Les Personnels de l’Université du Maine réunis en AG lundi 5 février, ont décidé d’appeler à une grève massive jeudi 8 février pour:

  • la revalorisation des salaires
  • l’amélioration des conditions de travail, par l’embauche de personnels
  • l’arrêt des réformes visant à privatiser l’Université
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :