Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Avant le congrès de Marseille…

Posted by lucien sur 23 janvier 2007

Revue de presse

(mise à jour)

Dépêche AFP 23-01-07:

La FSU en congrès veut « peser dans le débat » présidentiel

La Fédération syndicale unitaire (FSU) organisera son 5e congrès du 29 janvier au 2 février à Marseille, entre deux journées de mobilisation, avec l’intention d’en faire une « caisse de résonance » dans le débat présidentiel tant sur les questions d’Education que de Fonction publique.

Organisé à moins de trois mois du premier tour, le congrès succèdera à une manifestation nationale à Paris samedi (13.500 personnes selon la police, 25 à 30.000 selon la FSU) contre la politique éducative du gouvernement et précèdera une journée de grève, le 8 février, dans la Fonction publique pour « les salaires et l’emploi ».

« Nous espérons que le congrès servira de caisse de résonance : on va essayer d’en sortir des textes lisibles et d’interpeller les candidats », explique Gérard Aschieri, secrétaire général de la fédération, originaire de Marseille.

La FSU est la fédération ultra-majoritaire de l’Education nationale recueillant la moitié des voix des enseignants de la maternelle à la terminale (sauf lycées professionnels) aux élections et dont 80 % des adhérents sont enseignants.

Elle est présente dans d’autres secteurs de la Fonction publique d’Etat (majoritaire chez les travailleurs sociaux, aux ministères de l’Environnement et de l’Agriculture), discrète dans les collectivités territoriales (action sociale) et absente de la Fonction publique hospitalière.

Soucieuse d’élargir son influence, elle a récemment profité de l’arrivée de plusieurs syndicats, notamment les fonctionnaires de l’Equipement, de l’Environnement et de l’Agriculture qui ont quitté la CFDT en 2003, pour protester contre la position de celle-ci sur la réforme des retraites.

Actée il y a trois ans, cet élargissement au-delà de l’Education peine cependant à se concrétiser et les 750 congressistes devraient décider de « rester où on en est et de digérer ce qu’on a fait », assure M. Aschieri.

Le congrès doit aussi permettre de « peser dans le débat » sur la réforme du dialogue social, car, explique le leader syndical, « il existe des sujets communs à l’ensemble des salariés du public et du privé et il est anormal que nous soyons exclus de ces questions ». Il souhaite que sa fédération puisse être consultée sur la protection sociale ou l’assurance vieillesse, comme les cinq confédérations représentatives au niveau national.

Mais la FSU n’oubliera pas pour autant son audience originelle. Sa première inquiétude sera pour la suppression de plus de 5.000 postes de professeurs dans les collèges et lycées à la rentrée prochaine, succédant à des milliers de suppressions de postes depuis 2003.

Elle évoquera également les « dangers » que représente la bivalence des enseignants (à cheval sur deux matières), l’allongement de leur temps de travail, la réforme de la formation des maîtres ou les multiples réformes dans les programmes du primaire (lecture, calcul, grammaire).

Toutes ces questions seront largement abordées au cours de quatre tables rondes : « les services publics et leurs agents »; « Education, formation, recherche: enjeux d’avenir »; « Quel syndicalisme, quelle FSU pour demain? »; « Pour des alternatives économiques et sociales ».

Les rapports de la FSU avec les autres organisations syndicales pourraient aussi alimenter les débats puisque Bernard Thibaud (CGT), Jean Grosset (Unsa), Annick Coupé (Solidaires), Patrick Gonthier (Unsa-Education) ou Jean-Luc Villeneuve (Sgen-CFDT) ont annoncé leur venue.

Seul candidat à sa succession, M. Aschieri devrait être réélu pour un troisième mandat de trois ans.

Dépêche AFP 18-01-07:

Congrès de la FSU: peser sur le débat de la représentativité

La FSU, première fédération de l’éducation nationale et des fonctionnaires d’Etat, a expliqué jeudi qu’elle entendait peser dans le débat national sur la représentativité des syndicats, lors de son cinquième congrès à Marseille du 29 janvier au 2 février.

« Nous sommes une organisation syndicale à part entière, même si l’on ne représente qu’une partie circonscrite des salariés », a déclaré le secrétaire général du syndicat, Gérard Aschieri, lors d’une conférence de presse.

« Il existe des sujets communs à l’ensemble des salariés du public et du privé comme la protection sociale ou les retraites et il est anormal que nous soyons exclus de ces questions », a-t-il ajouté.

En France, seules cinq organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC) bénéficient d’une « présomption irréfragable » de représentativité depuis un arrêté de 1966, ce qui leur permet notamment de siéger au conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance vieillesse et de la Caisse nationale d’assurance maladie.

Le gouvernement travaille à un avant-projet de loi sur une modification des règles de représentativité syndicale. Le Conseil économique et social a suggéré d’asseoir cette représentativité sur des choix exprimés par les salariés lors de consultations électorales.

Un sujet sur lequel la FSU va « s’exprimer très fort » lors de son congrès, afin que « les choses bougent vite », a affirmé M. Aschieri.

Ce rassemblement devrait en outre permettre à la FSU, cinquième organisation syndicale de fonctionnaires, de « faire le bilan » de son élargissement aux deux autres fonctions publiques, territoriale et hospitalière, décidé lors de son dernier congrès en 2004.

Les rapports de la fédération avec les autres organisations syndicales pourraient aussi alimenter les débats avec la présence à Marseille de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, Jean Grosset, secrétaire général adjoint de l’Unsa et Annick Coupé de Solidaires.

*

 

5ème congrès de la FSU

Du 29 janvier au 2 février va se tenir à Marseille le 5ème congrès national de la Fédération Syndicale Unitaire. La FSU, qui se réclame du syndicalisme de lutte, est la première organisation syndicale de la Fonction Publique et est très largement majoritaire dans l’Education Nationale. Or, alors que l’Education nationale, la Recherche publique et le statut des fonctionnaires sont menacés de mort par les politiques
européennes appliquées par les gouvernements successifs, les documents de congrès de la direction FSU laissent craindre une dérive accélérée vers le syndicalisme d’accompagnement : pas d’analyse des politiques européennes ni de l’UE comme instrument des grands monopoles privés, pas d’analyse du
positionnement de la direction CFDT et des autres, proposition que la FSU adhère la CES et à la CSI, outils de l’intégration du syndicalisme aux institutions officielles du capitalisme. Cependant, dans tous les départements, des militants FSU militent activement pour défendre leur syndicalisme de lutte et résister au Capital qui mise ouvertement sur le syndicalisme d’accompagnement.

Conseils de classes n°7 – janvier 2007 (Bulletin éduc supplément à Initiative communiste)

*

Le congrès de janvier 2007 de la FSU

La FSU tient son congrès fin janvier. Héritière de la FEN et de toute une tradition unitaire du syndicalisme de l’éducation nationale, elle est, depuis plusieurs années, tiraillée entre plusieurs options quant à son avenir et sa place dans le syndicalisme. Le Congrès de Marseille risque, une fois de plus, de ne pas trancher le débat, tout en fermant les yeux sur des évolutions fédérales qui participent de plus en plus nettement à l’émiettement syndical.

Le syndicalisme enseignant a été au cœur de l’unité syndical pendant cinquante ans, avant de devenir le lieu où se manifestent le plus clairement les tensions vers l’émiettement et les difficultés de l’union du syndicalisme.

La création de la Fen, en 1948, a en effet obéi à une logique de refus de la scission entre Cgt et Fo. Elle a permis à ce que l’on a appelé la “forteresse enseignante” de jouer le rôle de trait d’union entre les différentes forces syndicales, malgré certains échecs, comme celui du Pumsud en 1957 ; et, bien qu’elle n’ait pas été officiellement reconnue par les différents textes réglementaires et législatifs, son poids dans la fonction publique a pu justifier qu’on parle d’elle comme d’une “semi-confédération”.

Vingt ans après les premiers coups de boutoirs contre la Fen, la situation a changé du tout au tout. Fo, en premier, a rompu le pacte tacite entre la fédération enseignante et les confédérations ouvrières, qui consistait à ne pas empiéter sur leurs champs de syndicalisation respectifs. La création, en 1985, de syndicats Fo dans l’enseignement, avec le soutien de militants lambertistes et Rpr, a donné le coup d’envoi d’un long processus autrefois appelé “recomposition” qui a abouti à la situation actuelle.

Entre temps, la Cgt a tenté d’imiter sa concurrente historique, sans grand succès, d’ailleurs. La Fen a explosé ; d’un côté la “majorité” (qui n’est plus majoritaire depuis 1996), a abandonné son sigle pour se fondre dans l’Unsa, dont elle est devenue la branche “éducation”. La Fsu, après une période d’euphorie, appelée dans le jargon local “l’effet U”, connaît des difficultés de fonctionnement liées essentiellement à l’inadéquation de ses statuts avec le paysage interne profondément modifié par la sécession du Snetaa en 2001 et la scission au sein de la principale tendance minoritaire, l’Ecole Emancipée. Enfin, une fédération Sud s’est créée, d’abord avec l’apport de militants du Sgen-Cfdt en rupture avec leur direction confédérale, puis s’est développée dans le second degré grâce à des arrivées en provenance pour l’essentiel des minorités du Snes.

Face à cette situation, la Fsu semble dans une relative impasse. Le mode de fonctionnement, qui minore les majorités et impose, à défaut du consensus, au moins un large accord sur les prises de décision, se heurte à une bipolarisation asymétrique des tendances, avec d’une part Unité et Action, et d’autre part l’Ecole Emancipée. Le débat de tendance, de facto, ne correspond plus à la réalité des clivages et débats internes, mais se superpose à eux et semble être devenu un garde-fou consensuel. Ce renversement de situation se traduit par une certaine atonie du débat interne : les tendances qui, auparavant, garantissaient la clarté des débats, même si elles pouvaient aussi les figer, contribuent aujourd’hui grandement à les cacher. Elles s’opposent aussi et de la même manière à toute modification du mode de fonctionnement qui passerait forcément par une remise en cause de l’équilibre statutaire réalisé en 1994, lors du premier congrès de la fédération.

Ainsi, l’émergence d’un courant prônant la réunification syndicale a été rendue impossible par cette structuration figée, ce courant ne parvenant pas à arracher à leur tendance les responsables qui partageaient pourtant ses objectifs.

L’autre difficulté que connaît la Fsu est une crise de reconnaissance. Elle repose sur trois écueils qu’elle tente plus ou moins bien de contourner ou de dépasser. Le premier, c’est sa représentativité. Cantonnée dans la fonction publique d’Etat, avec environ 80 % de ses adhérents dans le seul ministère de l’Education nationale, la Fsu a dû mener un combat titanesque pour un minimum de reconnaissance nationale, qui s’est traduit par son entrée au Conseil Economique et Social, mais n’est pas reconnue comme représentative notamment pour les questions qui touchent à l’interprofessionnel (retraite, protection sociale, etc.).

Cette difficulté est doublée par la stagnation de ses effectifs. Les principaux syndicats de la fédération connaissent en effet soit une baisse notable, depuis dix ans, de leurs effectifs (le Snes a ainsi perdu quelque 15 000 adhérents) ou une progression nettement moindre que leur audience pourrait laisser espérer (le Snuipp stagne sous la barre des 60 000 adhérents, alors même qu’il est majoritaire dans le premier degré).

Et cette stagnation des effectifs correspond aussi à une difficulté de mise en mouvement des professions enseignantes, en crise d’identité et de reconnaissance sociale depuis le passage de Claude Allègre au ministère, et assommées par l’échec de leur très forte mobilisation de 2003 contre la réforme Fillon des retraites et la décentralisation Raffarin.

La réponse de la Fsu a été une sorte de fuite en avant dans l’élargissement de son champ de syndicalisation. Après des débats âpres, mais réservés il est vrai aux initiés, le congrès de Perpignan a décidé d’accepter des syndicats de toutes les fonctions publiques. Il s’agissait, outre de syndicats de la fonction publique d’Etat n’entrant pas dans le champ de l’éducation, de la recherche et de la culture (qui est le champ historique de la Fsu), du Snu-Clias, dissidence de la Cfdt, et implantée dans la fonction publique territoriale.

Trois ans après, le bilan de cette orientation est assez maigre : ce syndicat n’est pas parvenu à dépasser son implantation d’origine dans une dizaine de départements, et, parfois, ses tentatives pour se développer se sont traduites par des conflits avec un syndicat fondateur de la Fsu, l’Unatos. Par ailleurs, le Snu-Clias a essuyé une série de refus d’enregistrement de ses listes lors des élections professionnelles, faute d’avoir pu prouver sa représentativité dans la collectivité ou le secteur concerné.

Au-delà, la question qui est posée à la Fsu est celle de son positionnement sur la question de la réunification syndicale. Deux projets, ici, s’opposent. Il y a, d’une part, une logique de rapprochement avec les confédérations existantes, et notamment la Cgt, dont la Fsu est évidemment la plus proche, qui pourrait être l’embryon d’une réunification. Cette piste, un temps explorée par le biais de Clui (Comité de Liaison Unitaires Interprofessionnels), s’est heurtée au scepticisme des partenaires de la Fsu, et ce d’autant plus que, précisément, la fédération élargissait son implantation dans des secteurs où elle était en concurrence avec les confédérations (notamment l’Anpe, à l’époque).

La seconde semble donc s’imposer : elle consiste à développer au maximum la fédération, qui devient un lieu d’accueil des syndicats en rupture, notamment avec la direction confédérale de la Cfdt. Cette stratégie, outre qu’elle agglomère à des syndicats historiquement structurés, d’autres dont les orientations et les principes sont souvent très éloignés, n’a pour l’instant pas fait la démonstration de son efficacité à sortir la Fsu de son isolement. L’option de la création d’une “Unsa contestataire” semble donc se heurter à la réalité des faits. Elle rallie pourtant à la fois Unité et Action, préoccupée de ne pas voir se réduire l’influence et les capacités d’action de “sa” fédération, et l’Ecole Emancipée, très proche de la Lcr, qui se réjouit de voir adhérer des syndicats dont les directions sont censées être sur la même longueur d’onde.

Les débats internes et le positionnement final de la Fsu, cependant, peuvent peser lourd, au bout du compte, sur la réunification syndicale que de nombreux militants appellent de leurs vœux. Ses actuelles orientations constituent, au même titre que l’indifférence de la direction de la Cgt, l’isolement de Fo, le pas de deux entre action et accompagnement de l’Unsa ou la stratégie de clivage systématique de Sud, un puissant verrou à toute évolution dans ce sens.

Reste à savoir, dans cette étonnante partie de sur-place, qui bougera le premier. Tout porte à croire, cependant, que, contrairement au cyclisme, celui-là ne perdra pas, puisque les salariés ont tout à gagner à se doter d’une confédération unitaire et démocratique puissante.

Hervé LeFiblec

Démocratie & socialisme (8-01-07)

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :