Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Vote interne au SNES: Non au rapport d’activité

Posted by lucien sur 22 janvier 2007

Déclaration d’Emancipation dans la préparation du congrès du SNES

Les deux années écoulées ont vu les gouvernements réactionnaires poursuivre leurs attaques (traque des sans-papiers, atteintes aux libertés et casse du Code du Travail… et pour les travailleurs de l’Education : des licenciements sans précédent de précaires, des milliers de suppressions de postes, de autoritarisme pédagogique et des menaces sur les statuts nationaux…). Cette politique est rejetée, comme on l’a vu lors des votes, lors de la révolte des banlieues en novembre 2005 et de la lutte victorieuse contre le CPE. Malgré des victoires partielles, des luttes dures, le syndicalisme n’a pas pu mettre un terme à cette politique. Les directions nationales, dont celles du SNES, y ont une part de responsabilité.

Surfer sur la vague…
Les leçons des grèves de 2003, du mouvement lycéen, de la lutte anti-CPE… n’ont pas été tirées. Toutes les luttes d’ampleur se sont construites à partir d’AG souveraines, d’établissements et de secteurs, se coordonnant démocratiquement entre elles et associant les organisations syndicales sans exclusive, pour généraliser le mouvement. Au lieu de cela, la direction du SNES se borne à constater les résultats le plus souvent décevants d’une « unité » construite au sommet dans l’Education et la Fonction Publique, sur des bases revendicatives a minima et sans aucune dynamique de lutte, avec les directions syndicales les plus timorées, et de surcroît excluant certaines forces (CNT, FO, SUD…).
Ainsi lors du mouvement lycéen de 2005, où la SNES et la FSU n’ont jamais appelé à la grève les personnels condamnant le mouvement à l’isolement. Idem pour le CPE : manifs sans grève, appels à la grève tardifs et du bout des lèvres, refus de rechercher la généralisation du mouvement… à chaque fois il a fallu la pression de la base pour contraindre les directions syndicales à s’engager réellement dans l’action. Concernant la lutte contre le décret De Robien sur les obligations de service, la direction nationale a une fois de plus freiné pour appeler à la grève le 18 décembre, et pour appeler -formellement- à réunir des AG afin d’organiser la résistance !
Cessons cette stratégie d’unité a minima, de « journées d’action » sans débouché (cf. 28 septembre) ! Finissons-en aussi avec les graves carences revendicatives récentes !

… En esquivant des questions majeures
Nous en évoquerons trois ici :
– la précarité : alors que des précaires se mobilisaient à nouveau (campements de non-titulaires à Nice et Créteil, création d’une coordination nationale), jamais la direction du SNES n’a cherché à généraliser ces mouvements. L’intersyndicale construite sur ce problème pourrait être utile, mais il n’y a pas la volonté de déboucher sur de réelles actions. Tout cela alors même que des milliers de précaires sont licenciés, privés de droits ou employés sous des « statuts » encore plus fragilisés.
– la laïcité : le SNES, à juste titre et malgré les appels de l’Ecole Emancipée, a refusé l’intégration des syndicats de l’enseignement privé au sein de la FSU, du fait de mandats incompatibles avec les positions laïques (refus du dualisme scolaire, du financement public des écoles privées). Cela ne doit pas masquer le reste, depuis le refus d’organiser une quelconque mobilisation pour défendre les lois laïques (loi de 1905), jusqu’à l’inaction de la FSU concernant l’article de loi forçant les communes à subventionner encore davantage les écoles privées.
– l’indépendance syndicale : le candidat Sarkozy veut « thatchériser » la société française et casser le mouvement social, l’opposition n’offre pas d’alternative et en même temps S.Royal agresse publiquement les enseignants. On ne saurait se limiter à un commentaire plus ou moins critique des programmes des différents partis, pour le syndicalisme l’heure est à la mobilisation des personnels, pour dire clairement la nécessité d’abroger l’ensemble des lois réactionnaires décidées par les gouvernements depuis plusieurs années.

Nous appelons donc les syndiqués à dire NON à une forme de syndicalisme qui tourne le dos aux urgences revendicatives, qui se contente de s’adapter là où il faudrait lutter. Ce NON est un NON à la direction « pluraliste » Unité & Action / « Ecole Emancipée » (qui cautionne au quotidien la plupart des dérives de la direction nationale, et continue d’en faire partie), un NON qui se veut une contribution pour agir avec tous ceux et celles qui souhaitent un syndicalisme de lutte.

VOTEZ NON AU RAPPORT D’ACTIVITE,
ET AU RAPPORT FINANCIER QUI EN EST LA MISE EN ŒUVRE !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :