Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Contre le rapport Hetzel

Posted by lucien sur 22 janvier 2007

Ni sélection sociale, ni professionnalisation et orientation patronale: Pour un enseignement de service public, de qualité, gratuit et ouvert à tous !

Le rapport Hetzel : Après la LEC, le gouvernement persévère dans ses attaques
En novembre 2005, un mouvement de révolte embrasait les quartiers populaires. En réaction, le gouvernement De Villepin rédigeait la loi dite « sur l’égalité des chances » -dont faisait partie le Contrat Première Embauche-. Sous prétexte de répondre aux demandes de justice sociale, cette loi s’attaquait aux droits issus du contrat de travail. Pour la combattre, étudiants, lycéens et travailleurs ont mené une lutte d’une ampleur inédite depuis presque 40 ans, qui finissait par faire reculer le gouvernement sur le CPE.
Mais encore une fois, le gouvernement répondait coté par la mise en place d’une commission universités/emploi le 25 avril à la Sorbonne. Elle a rendu son rapport final le mardi 24 octobre 2006 (le rapport Hetzel) qui propose de généraliser la professionnalisation de l’enseignement telle que la conçoit le MEDEF en utilisant la sélection sociale et l’orientation forcée des étudiants et des lycéens.

Une volonté de mise en place de la professionnalisation au service du patronat
La professionnalisation des études vise à faire
prendre en charge par l’Education Nationale la formation
professionnelle du travailleur (constituée de savoir-être
professionnels dépendants des besoins du patron)
-autrefois financée par l’employeur- après la fin de la
formation initiale (constituée de savoirs et savoir-faire
acquis indépendamment des besoins patronaux)
-financée par l’Etat via le service public d’éducation-.
L’intérêt pour le patronat est donc tout d’abord de
faire des économies et de ne plus payer la formation
professionnelle.
Mais ce n’est pas tout: cette professionnalisation
au service du patronat redéfinit complètement le contenu
des qualifications, transforme les savoirs et savoir-faire
en savoir-être professionnels. Les diplômes ne sont
plus qu’un agrégat de compétences individualisées
qui ne correspondent plus à rien dans les
conventions collectives. Après le CPE, c’est une
nouvelle étape dans l’attaque des droits issus du contrat
de travail qui poursuit la réforme LANG de 2002, dite
Licence/Master/Doctorat ou LMD.
Concrètement, le but est de faire de la licence un
diplôme dont les composants sont majoritairement
professionnalisés. Conséquences: moins de
connaissances acquises par les étudiants, déqualification
des diplômes. Déjà avec la réforme LMD, tout était bon
pour valider les points de son diplôme: stages, badminton, activités d’élu étudiant… Cette fois-ci, de nouveaux modules sont développés: recherche d’emploi, formations à « l’entrepreunariat », stages obligatoires non rémunérés, apprentissage ou alternance (y compris en licence de lettres!). Les diplômes généraux deviennent professionnels: mêmes les masters « recherche » et « professionnel » fusionnent.
Qui dit professionnalisation dit intervention
directe des patrons dans les universités: en donnant
des cours à la place des enseignants-chercheurs
(modules « connaissance de l’entreprise »); en finançant
telle ou telle filière selon leurs besoins (chaires
d’entreprises) pour en retirer des bénéfices (stagiaires
non rémunérés, résultats des recherches); en donnant
leur avis sur l’ouverture de nouvelles filières (en étant
intégrés au « conseil d’orientation stratégique »). L’intérêt
général et les besoins sociaux sont réduits à ceux d’une
minorité: la classe patronale. Où les intérêts des étudiants
à un enseignement de qualité sont-ils pris en compte?
Une volonté d’orientation forcée des étudiants et de sélection sociale
L’objectif de l’orientation pour le rapport est de pousser les jeunes à « choisir » l’orientation voulue par le patronat. Pour en finir avec les conseillers d’orientation et les projets d’avenir des collégiens et des lycéens, les représentants patronaux donneront directement leur avis dans les conseils de classes. A l’université, les étudiants signeront un contrat à leur inscription pour s’engager sur « un projet de formation et
d’insertion » puis passeront des entretiens qui pourront
les réorienter dans des filières courtes.
Le but de cette « orientation » est la sélection dès le collège, le lycée puis au premier semestre universitaire. Avec la déqualification des diplômes professionnalisés, la masse des étudiants s’orientera dans des licences professionnelles dévalorisées tandis qu’une minorité s’orientera dans des licences sélectives (comme les bi-licences) qui permettront d’entrer (sur sélection) en master. C’est la fin du droit aux études pour tous : le baccalauréat ne permettra plus d’entrer à la fac de même que les licences en master.
Le rapport repropose le projet Ferry abandonné suite au mouvement étudiant de 2003. En étendant le statut « d’Université de Technologie », les étudiants seront sélectionnés à l’entrée et paieront des frais d’inscription augmentés. Les universités seront mises en concurrence pour les financements publics et pour rechercher des partenariats avec les entreprises privées devenus nécessaires du fait du désengagement de l’Etat.
Ce sont donc les étudiants, via les frais d’inscription, qui paieront cette privatisation de l’université. Comment feront ceux des classes populaires, qui galèrent déjà pour payer leurs études, en se salariant, qui sont désavantagés par le déplacement de la session de rattrapage en septembre, pour continuer à prétendre à des études longues, comme ceux issus des classes bourgeoises?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :