Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

Manifestation du 20 janvier

Posted by lucien sur 20 janvier 2007

Revue de presse

[dépêche AFP matin 20-01-07:]

Les enseignants manifestent samedi contre les suppressions de poste

 

Par Par Philomène BOUILLON
sam 20 jan, 8h46

Le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri lors d'une manifestation le 18 décembre 2006 à Paris

PARIS (AFP) – La FSU, première fédération de l’Education, appelle les enseignants à défiler samedi dans Paris pour une manifestation nationale de protestation contre « une politique de régression du gouvernement » et des importantes suppressions de postes dans l’Education. « A partir de 20 à 30.000 personnes ce sera une journée réussie », a estimé jeudi devant la presse Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.

Très mobilisée, la FSU a réservé 12 TGV ce qui représente 7.500 places et une avance de 500.000 euros et affrété 40 à 50 cars.

« Nous avons eu confirmation que nous serons au moins entre 10 et 15.000 personnes de province, sans compter la région Ile-de-France dont on ne sait jamais le chiffre à l’avance. On aura une manifestation visible ! », a précisé à l’AFP le responsable de la FSU.

Quelques autres fédérations se joindront à la manifestation nationale qui démarrera à 14h00, place Denfert-Rochereau, pour rejoindre la place de la Bastille: la FAEN, le Snalc-CSEN et le Snetaa, mais aussi le syndicat étudiant Unef et les lycéens de la Fidl, a ajouté M. Aschieri.

« L’Unef participera, car une manifestation en janvier sur les moyens nous paraît une bonne occasion de rappeler que le budget 2007 de l’Education est insuffisant », explique Benjamin Vetelé, vice-président de l’Unef.

Ce syndicat veut aussi être entendu car les étudiants « vont entrer en poste (d’enseignants par exemple) en 2007 et il n’est pas question d’être sacrifiés! »

Plus de 5.000 postes équivalent temps plein d’enseignants seront supprimés dans les collèges et lycées à la rentrée prochaine, dont 3.058 au titre de l’allongement du temps de travail de certains enseignants, selon le projet de carte scolaire.

« Nous venons manifester à Paris principalement à cause des suppressions de postes. Par exemple, dans l’académie de Montpellier nous avons des élèves en plus et des postes supprimés », souligne Frédérique Thonnat, professeur d’anglais près de Montpellier et secrétaire académique du Snes-FSU.

Elle se rendra à la manifestation dans un train bondé de professeurs en colère: « On essaye de trouver des moyens complémentaires pour venir à Paris car notre région est très mobilisée », ajoute-t-elle.

Toutes les catégories d’enseignants, du primaire au supérieur, veulent exprimer leur malaise « face à une politique du ministre de l’Education Gilles de Robien qui affiche un mépris des enseignants et lance des réformes à tout va sans concertations », selon les syndicats de la FSU.

« Une nouvelle fois, dans les écoles maternelles et élémentaires, les ouvertures de postes ne correspondent pas à l’augmentation des effectifs: 500 emplois sont répartis entre les académies pour accueillir 24.000 élèves supplémentaires, soit un poste pour 48 élèves ! » souligne la Snuipp-FSU, principal syndicat du primaire qui appelle les professeurs des écoles à « participer massivement » à la manifestation de samedi.

« La conception du métier d’enseignant actuellement consiste à en faire un métier d’exécution. On veut utiliser les heures de présence au lieu de se poser la question du contenu », renchérit Gérard Aschieri.

Il fait allusion à un projet de décret allongeant le temps de travail de certains enseignants, par suppression de certaines de leurs décharges horaires, qui concernera environ 40.000 enseignants selon le ministère, 80.000 selon le Snes-FSU.

Sur ce sujet:

Du côté du Syndicat des enseignants-UNSA (SE-UNSA), on estime que la FSU a décidé seule de la date et des modalités de mobilisation, « et que si on veut construire quelque chose d’unitaire, ce n’est pas comme cela qu’on procède ».

Luc Bérille, le secrétaire général du SE-UNSA, juge en outre que le défilé de samedi est « surtout un moyen pour la FSU de compter ses troupes, à quelques jours de son congrès (prévu du 29 janvier au 2 février à Marseille, NDLR), ce qui ne concerne pas les autres organisations ».

 

 

Professeurs motivés… mais en ordre dispersé

 

Éducation . Décidées à agir, les fédérations syndicales sont divisées sur les dates. La FSU appelle à une manifestation nationale demain à Paris.

 

L’année 2006 s’est finie dans une unité quasi inédite. La bataille de l’école 2007 s’engage en ordre dispersé. Manifestation nationale, demain, à Paris (1), à l’initiative de la FSU, pour la défense de la qualité de l’enseignement. À ses côtés, seulement, la FAEN, le SNALC-CSEN et le SNETAA. Les autres fédérations – et pour tout dire les principales après la FSU – que sont la FERC-CGT, l’UNSA éducation et le SGEN-CFDT, n’ont quant à elles pas embrayé. Question de calendrier et de manière de faire.

« La problématique de la casse des services et des métiers est la même dans toute la fonction publique », explique Richard Béraud, secrétaire général de la FERC-CGT, qui plaide pour concentrer les forces sur la grève programmée, le 8 février prochain, dans la fonction publique. Par ailleurs, « une manifestation nationale n’est intéressante que si elle intervient après une large mobilisation », note-t-il. Argument partagé à l’UNSA éducation, qui regrette que les parents d’élèves ne soient pas associés. Et déplore, en coeur avec la CGT, l’unilatéralisme de la FSU.

Volontarisme ? « C’est vrai que nous avions décidé depuis décembre d’appeler à une manifestation nationale », admet Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. Mais les coups portés contre l’école autant que la période justifient d’agir vite, argumente-t-il. « Notre objectif est double : dire stop à la casse de nos métiers et porter des propositions dans le débat public. » Pas d’antinomie entre période électorale et action syndicale, estime-t-il. « La preuve avec la journée du 18 décembre dernier. » Un enseignant du secondaire sur deux s’était mis en grève ce jour-là, succès en grande partie redevable à l’unité totale des quinze syndicats du secondaire, ce n’est donc pas le cas cette fois.

Quoi qu’il en soit, la FSU n’a pas lésiné sur les moyens. Douze TGV et une cinquantaine de bus ont été réservés pour acheminer entre 10 000 et 15 000 participants de province. En outre, les CGT éduc’action (2) du Nord, de l’académie de Versailles et du Lot-et-Garonne ont annoncé leur participation, de même que la FCPE du Val-de-Marne.

Enfin une chose est sûre : la suppression de plus de 5 000 postes l’an prochain, les projets de bivalence disciplinaire, la remise en cause du professionnalisme des enseignants… Tout cela a échaudé les troupes. Ainsi, en Seine-Saint-Denis, où plusieurs appels à faire grève dans le primaire et le secondaire ont été lancés pour la semaine prochaine (3).

(1) Place Denfert-Rochereau, à 14 heures. Arrivée place de la Bastille.

(2) UNSEN-CGT.

(3) Le 25 janvier dans les collèges et les lycées, à l’appel du SNES-FSU, la CGT éduc’action, de SUD éducation et de la CNT. Grèves tournantes dans les écoles entre le 22 et le 26 janvier, à l’appel du SNUipp-FSU.

Marie-Noëlle Bertrand

L’Humanité du 19-01-07

 

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