Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

La précarité dans l’éducation

Posted by lucien sur 13 janvier 2007

Le réseau européen du syndicalisme anticapitaliste dans l’éducation (France, Espagne, Italie) a sorti un tract sur La précarité: cheval de Troie du libéralisme en Europe dont nous donnons l’extrait concernant la France écrit sous la responsabilité conjointe de SUD éduc/ CNT / Emancipation:

La précarité dans l’Education en France

 

Comme dans les autres secteurs, la précarité gagne de plus en plus les travailleurs de l’Education en France. A cette rentrée, on stimait à plus de 20 000 le nombre de précaires non-réemployés.
Les (rares) statistiques officielles sur le sujet ne donnent qu’un imple ordre de grandeur de cette réalité (sous-estimée) : en 2001, ans la seule l’Education nationale, les agents non-titulaires taient évalués à plus de 100 000 et leur proportion à près de 10% des effectifs totaux du ministère. En fait, en tenant compte des différents statuts précaires existant de la maternelle à l’université, on pouvait atteindre la même année le total de 200 000, soit 20%. Avec plus d’un précaire sur cinq emplois, il ne s’agit donc plus d’une situation conjoncturelle, mais d’une forme de gestion ordinaire des personnels de l’Education.

Une multiplicité de situations

Les précaires dans l’Education appartiennent à diverses
catégories. Il y a d’abord parmi les enseignants des  » maîtres auxiliaires  » qui existent depuis plusieurs décennies et dont le recrutement avait été initialement justifié par la hausse trop rapide des effectifs. Mais il y a de plus en plus de catégories encore davantage précaires, comme les  » contractuels » qui peuvent être embauchés à l’année, ou encore les  » vacataires  » qui ne peuvent être embauchés que sur des contrats ne dépassant pas un total de 200 heures par an. Cette dernière catégorie est la moins payée avec des mois de retard parfois et de plus, sans aucune couverture sociale ni ouverture de droit au chômage. On a également recruté à partir de 1997 pour une durée de cinq ans au maximum des  » emplois-jeunes  » chargés d’assister les enseignants ou de prendre en charge certaines activités d’animation.
Un grand nombre d’entre eux se retrouve donc au chômage depuis deux ans avec la fin des contrats.
Chez les personnels non enseignants, on trouve aussi des vacataires et des contractuels, mais il existe également des formules telles que les  » Contrats emploi-solidarité  » (CES) qui peuvent parfois déboucher sur des contrats emplois consolidés (CEC). Ces dernières formules comme les emplois jeunes sont présentées comme des mesures destinées à lutter contre le chômage en permettant aux intéressés d’acquérir une expérience et une formation.
Mais ils constituent en fait des emplois sous-payés et ne
débouchant pratiquement jamais sur des emplois stables.

La casse des postes et des statuts à la clé

Ces types d’emplois se substituent progressivement aux emplois permanents : de nombreux services (restauration, nettoyage, etc.) ne peuvent fonctionner que grâce à ces personnels tandis que les emplacements d’enseignants depuis deux ans tendent de plus en plus, à être assurés par des vacataires en lieu et place des titulaires remplaçants. Les statuts relativement protecteurs qui pouvaient exister, comme ceux des maîtres d’internat et surveillants d’externats (MI-SE), destinés aux étudiants de condition sociale modeste, sont supprimés. Ils seront remplacés par des assistants d’éducation moins payés et n’ayant pas de véritables garanties de pouvoir suivre des études. La régionalisation avec le recrutement direct vont renforcer la vulnérabilité de ces personnels face aux hiérarchies locales.

Des formes de mobilisations nouvelles

Historiquement, les mobilisations contre la précarité ont surtout été celles des maîtres auxiliaires qui ont revendiqué des mesures de titularisation. La réponse des gouvernements, souvent guidés par l’attitude du syndicalisme majoritaire, a été des plans de titularisation au moyen de concours réservés. Mais ces plans ont laissé un certain nombre en dehors des mesures d’intégration,
notamment les étrangers exclus du fait de leur nationalité
du droit à passer un concours. Avec l’accroissement
des emplois précaires de ces dernières années, le décalage entre la masse de non-titulaires et les titularisations dans ce cadre s’est accentué.
Les seules revendications cohérentes face à la précarité,
c’est la titularisation sans conditions de concours ni
de nationalité et la fin du recours aux emplois précaires.

C’est ce qui distingue les syndicalistes révolutionnaires et/ou alternatifs dans l’Education nationale des autres organisations qui tendent de plus en plus à accepter dans les faits cette précarisationdes personnels. Aujourd’hui les mobilisations sont davantage étudiantes, ou organisées dans le cadre de collectifs de lutte où se retrouvent des précaires d’autres secteurs professionnels comme la culture, la grande distribution ou la restauration rapide. Tout cela conduit à favoriser l’existence de collectifs de précaires autonomes qui luttent dans une perspective unitaire sur le plan des statuts et non-corporatiste.

CNT-éducation, Émancipation, SUD éducation

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