- Tribune E/PSL
Après la lutte victorieuse
contre le CPE,
où va la FSU ?
« Le congrès, placé devant la crise dans laquelle le mouvement syndical se débat en ce moment, crise dont la scission confédérale est une des manifestations et les luttes politiques internationales la cause essentielle, proclame sa foi dans la valeur révolutionnaire du syndicalisme, qu’il considère comme étant toujours l’arme essentielle des travailleurs dans l’oeuvre d’émancipation devant aboutir à la disparition du salariat et du patronat, à l’avènement d’une société juste et fraternelle. »
Ainsi s’exprimaient, en 1948, des camarades du syndicat national des instituteurs (FEN) dans une motion d’orientation (Bonnissell-Valière). Presque 60 ans après, ce texte continue à poser de manière aiguë des questions qui seront celles du débat fédéral à la veille du prochain congrès national de la FSU. Et c’est seulement en apportant des réponses à ces questions que pourra être envisagé l’avenir du syndicat. La question de l’extension du champ de syndicalisation du syndicat ne doit-elle pas être subordonnée à celle des orientations politiques que nous lui donnerons, à savoir du choix qui sera fait par les militants d’un syndicat maintenant la lutte de classe comme modalité centrale de son action en en redéfinissant les contours à l’aune de la crise sociale actuelle ou, à l’inverse, d’un syndicalisme de compromis accompagnant les contre-réformes en cours au risque de perdre grand nombre d’acquis.
Le danger du syndicalisme de compromis mène souvent à la défaite. Ce fut le cas lors de la grève du printemps 2003 où des millions de salariés, menant une lutte exemplaire pour le maintien des régimes de retraites par répartition et voyant se succéder les journées d’actions démobilisatrices, ont exigé en vain des directions syndicales qu’elles appellent à la grève générale.
Mais ces directions sont à présent de plus en plus isolées depuis que salariés, chômeurs, précaires, retraités ont rejoint au printemps dernier lycéens et étudiants dans la lutte pour le retrait du CPE et ont fait reculer le gouvernement. Face à l’ampleur d’un mouvement qui a gagné la jeunesse toute entière, soutenue par des millions de salariés du public et du privé, les directions fédérales et confédérales ont été contraintes de renoncer au règlement « négocié » d’une crise sociale majeure.
Aujourd’hui, 15000 suppressions d’emploi de fonctionnaires au budget 2007, s’ajoutent de manière vertigineuse aux dizaines de milliers de postes déjà supprimés lors des exercices précédents. Tout un système d’éducation s’effondre. Le projet de loi Jacob entend pérenniser l’usage du CDI dans la fonction publique et maintenir des centaines de milliers de salariés du public dans la précarité. Nous avons perdu près de 20% de pourvoir d’achat en 20 ans et les traitements de la catégorie C frôlent le SMIC. L’instauration d’un salaire au mérite a commencé. N’y a t il pas alors vraiment urgence à poursuivre la mobilisation du printemps dernier, à l’amplifier, à construire enfin un puissant mouvement de grève dans l’ensemble de la fonction -publique et au-delà ?
C’est la tâche à laquelle doit s’atteler la FSU. Sauf à faire deux pas en arrière, elle doit contribuer sans réserve au rassemblement tous les acteurs sociaux, étudiants, lycéens, salariés, chômeurs, précaires, et des structures qu’ils se sont donnés : syndicats, coordinations, comités et collectifs de lutte.
La FSU doit être un outil efficace au service des luttes, pas l’inverse.
| Ensemble | Pour un Syndicalisme de Lutte |
| Stéphane Julien (SN du SNUipp) | Jean-François Besançon (BN du SNASUB) |
Paru dans le supplément à Ensemble n°50 (20 octobre 2006).
Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Limoges 13 mai 2003
Brest 19 mai 2003
Paris 25 mai 2003
Paris (BNF en grève) juin 2003
Nice 5 juin 2003
Caen 12 juin 2003
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
Pentecôte 2005
Non au traité en 2005
Caen 4 octobre 2005
Toulouse 23 février 2006
Paris 3 mars 2006
11 mars 2006
Evacuation de la Sorbonne 11 mars 2006
Lille 16 mars 2006
Besançon 16 mars 2006
Paris 18 mars 2006
Caen 18 mars 2006
Bordeaux 21 mars 2006
Grenoble 23 mars 2006
Caen 27 mars 2006
3 millions de manifestants le 28 mars 2006
Caen 28 mars 2006 (1)
Caen 28 mars 2006 (2)
Le Havre 28 mars 2006
Rennes 28 mars 2006
Nice 28 mars 2006
Caen 30 mars 2006 (1)
Caen 30 mars 2006 (2)
Paris 4 avril 2006
Caen 6 avril 2006
Caen 7 avril 2006
Ploermel 18 novembre 2006
Congrès de Marseille de la FSU (29 janvier - 2 février 2007)
Manif du 18 octobre 2007
"l'émancipation de la classe ouvrière doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes"
(Statuts de l'A.I.T., 1864)
"Notre laïcité est d'essence prolétarienne, fidèle à la valeur étymologique du mot [Laïkos = peuple], elle s'oppose à l'aristocratisme des clercs dont le rôle consiste à faire admettre, par la persuasion, les pires servitudes". Marceau Pivert (1930)
Paris (Gare de Lyon) 30 mars 2006
"Vous avez besoin d'une boussole. Je n'en connais qu'une : l'intérêt ouvrier, celui de la classe ouvrière française, celui aussi des ouvriers de tous les pays. L'intérêt général, l'intérêt national, fichaises et tromperies." Pierre Monatte (1947)


"Il est temps de retrouver la bonne route. Il faut en revenir aux méthodes éprouvées de la lutte de classe et de l'internationalisme ouvrier.
Cela suppose un immense effort de redressement du mouvement syndical par les syndiqués eux-mêmes en vue de faire de la C.G.T. à tous les degrés une organisation démocratique et indépendante.". Marcel Valière (1947)
Congrès de Grenoble de la fédération unitaire de l'enseignement CGTU (1926)