Les propos de Sarkozy contre la FSU
Publié par lucien sur 7 mai 2008
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Publié par lucien sur 7 mai 2008
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Publié par vendemiaire sur 6 avril 2008
Renault l’a dans l’O.S !
Discrimination | dimanche, 6 avril 2008 | par Sabrina Kassa
La Cour de Versailles vient de condamner Renault pour discrimination raciale à l’égard de deux ex-ouvriers noirs. L’entreprise, pilote sur la « Charte pour la diversité », assure n’avoir « jamais pratiqué le racisme » ! Vraiment ? Une étude du CNRS de 1986 sur la gestion Ya bon Banania de la Régie Renault à l’époque des « Trente Glorieuses » cite les notes de services qui y circulaient sur les O.S. de l’époque. Florilège.
La com’ de Renault a du souci à se faire. Mercredi 2 avril la Cour d’appel de Versailles a reconnu l’entreprise coupable de discrimination raciale envers deux ex-salariés noirs qui estiment avoir eu des carrières moins intéressantes que leurs collègues blancs. Lucien Breleur, électricien auto de 1971 à 1983, et Daniel Kotor, ouvrier spécialisé (OS) puis agent administratif de 1983 à 2004 vont recevoir 80 000 euros (60 000 pour Kotor) de dommages et intérêts et 8000 euros au titre du préjudice moral. Une petite somme à débourser, mais qui fait mal à l’entreprise.
Et pour cause : si tous les OS immigrés se réveillent, ça risque de ruiner son plan com’ : entreprise pilote pour la promotion des minorités, signataire de la charte pour la diversité, etc… « Renault, dont l’ancien président Louis Schweitzer dirige actuellement la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), a réagi en expliquant que l’entreprise “avait toujours condamné le racisme sous toutes ses formes”, et ne pratiquait “en aucun cas la discrimination raciale” », nous apprenait l’Afp mercredi dernier. Sûrement un cas d’amnésie foudroyante…
Quelques perles issues des archives de Renault
Mais preuve que la recherche publique sert quand même à quelque chose, une étude du CNRS, au titre joli et pudique, « Les OS dans l’industrie automobile », datée de 1986, fait état de « Notes pouvant servir à l’information de personnes appelées à utiliser des travailleurs africains de race noire » rédigées par des responsables de la gestion de la main d’œuvre immigrée de la Régie Renault dans les années 1960 et 1970. Des notes à la fois philosophiques et pragmatiques pour gérer les Ya bon Banania venus travailler en France.
Quelques perles ? Celles d’un certain M. Dinand, datant du 25/6/62 : « L’Africain musulman ne sera pas tellement différent de l’Africain animiste. Si l’animisme le rassure pour le présent, l’Islamisme, religion facile, le rassure pour l’au-delà. » ou encore, « … son intuition lui tient lieu de raisonnement. ». Délicieux, non ? On aime beaucoup aussi : « Il pourra passer du concret à l’abstrait, mais la démarche inverse lui sera pratiquement impossible. » Le texte comprend aussi « le comportement à adopter » : « efforcez-vous d’être clair » ; « parlez lentement sans élever la voix (ce qui l’affolerait) », « ayez de l’autorité (surtout ne pas se contredire : l’Africain a une mémoire étonnante) » ; « conservez votre calme et armez-vous de patience ».
Dans cette fameuse étude du CNRS, on trouve aussi la note n°5127, du 31 mars 1972, comportant des recommandations très claires pour les recruteurs de la Régie. Des détails ? « Retenir préférentiellement les ouvriers portugais, yougoslaves ou espagnols qui se présentent à l’embauche plutôt que les ouvriers originaires des DOM, d’Afrique du Nord ou d’Afrique Noire ». Et ça bien sûr, c’est pas du racisme… Renault refoule sec son Ya bon passé mais compte quand même jouer à fond aujourd’hui sa com’ « Zy va la Diversité ». C’est comme dirait l’autre… pas tout à fait crédible. Dites, Docteur Schweitzer, ça peut se soigner comme ça le racisme dans l’entreprise ?
http://www.bakchich.info/article3260.html
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Publié par lucien sur 3 avril 2008
Pouvoir d’achat
Le Parisien, mercredi 02 avril 2008, 13h08 | AFP
Les sections syndicales CGT, CFDT, FO, Unsa (autonomes), Solidaires, FSU, CFTC d’Ile-de France ont appelé mercredi à une manifestation unitaire des salariés du privé et du public d’Ile-de-France pour l’augmentation du pouvoir d’achat, le 16 avril à Paris.
«10% des Franciliens (plus d’un million) vivent en-dessous du seuil de pauvreté», souligne l’intersyndicale.
«Cette situation a une cause principale: les salaires directs et indirects (couverture maladie, indemnisation du chômage et des accidents du travail, retraites…) sont trop bas», explique le communiqué, qui ajoute: «Il faut que ça bouge !».
Les syndicats réclament «de véritables négociations sur les salaires» pour une revalorisation «immédiate» des traitements des fonctionnaires et une augmentation des salaires «au moins égale au niveau de l’inflation». Ils demandent également la revalorisation des retraites, la suppression des franchises médicales, la construction de logements sociaux et une politique tarifaire plus abordable dans les transports.
La manifestation partira le mercredi 16 avril à 14H00 de la Préfecture de Région, rue Barbet de Jouy (VIIe), pour rejoindre le siège du Medef, avenue Bosquet (VIIe).
Dans un appel séparé, la confédération FO a proposé «de faire du 16 avril, sur tout le territoire, une journée de manifestations départementales» pour s’opposer notamment à l’allongement à 41 ans de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein.
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Publié par lucien sur 8 février 2008
Communiqué de presse
des organisations syndicales du second degré
SNALC, SNETAA, SNCL-FAEN, SNFOLC, UNSEN-CGT, SNEP, SNES, SUD-EDUCATION, UNSEN-CGT, SNUEP
Attachés à une amélioration du système éducatif, une relance de la démocratisation, pour la réussite de tous les jeunes, les organisations syndicales du second degré soussignées expriment leur volonté d’une véritable amélioration et revalorisation des métiers de l’éducation.
Le rapport Pochard, qui se fixait officiellement cet objectif, en se plaçant d’emblée dans le cadre d’une logique budgétaire contrainte, d’une aggravation des conditions de travail et de la charge de travail, d’une individualisation des rémunérations et carrières, d’une mise en concurrence des personnels et des établissements, d’une déréglementation des obligations de service refusée massivement par la profession l’an dernier, ne peut servir de basse à une négociation.
C’est pourquoi les organisations syndicales SNALC, SNETAA, SNCL-FAEN, SNFOLC, UNSEN-CGT, SNEP, SUD-EDUCATION, UNSEN-CGT, SNUEP signifient au ministre de l’Education Nationale leur exigence d’ouverture de véritables discussions pour que des réponses soient apportées à la prise en compte des réalités du métier et que soit revalorisé ce dernier dans le respect du statut.
Elles appellent leurs organisations au niveau local à se rencontrer pour maintenir la mobilisation pendant la période des congés de février avec des initiatives diversifiées.
Elles conviennent dès maintenant de se retrouver le 20 février pour envisager des suites communes.
Revue de presse
Dépêche AFP du 8-02-2008
Le rapport Pochard remis lundi au ministre de l’Education nationale Xavier Darcos “ne peut servir de base à une négociation” sur l’évolution du métier d’enseignant, a estimé vendredi une large entente syndicale formée notamment de la FSU et du Snalc-CSEN (classé à droite).
Un total de neuf syndicats du second degré a exigé du ministre l’”ouverture de véritables discussions pour que des réponses soient apportées à la prise en compte des réalités du métier et que soit revalorisé ce dernier dans le respect du statut”, selon un communiqué.
Les signataires sont le Snes-FSU, majoritaire dans les collèges et lycées, le Snep-FSU (éducation physique et sportive), le Snuep-FSU (enseignement professionnel), ainsi que les syndicats Snalc-CSEN , Snetaa-EIL, SNCL-Faen, SNFOLC, Unsen-CGT et Sud-Education.
Selon eux, la commission Pochard a manqué son objectif d’”améliorer et revaloriser” les métiers de l’éducation “en se plaçant d’emblée dans le cadre d’une logique budgétaire contrainte, d’une aggravation des conditions et de la charge de travail, d’une individualisation des rémunérations et carrières, d’une mise en concurrence des personnels et des établissements, d’une déréglementation des obligations de service refusée massivement par la profession l’an dernier“.
Les neuf syndicats ont appelé “à maintenir la mobilisation pendant la période des congés de février (…) et conviennent de se retrouver le 20 février pour envisager des suites communes”, conclut le communiqué.
Voir aussi:
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Publié par lucien sur 28 décembre 2007
Revue de presse
Dépêche AFP du 28-12-07:
Force Ouvrière, Sud et la CGT ont dénoncé vendredi dans des déclarations distinctes la “volonté hypocrite” et “intenable” du gouvernement de remettre en cause la durée légale du travail, craignant une “régression sociale majeure”.
Dans un document d’orientation aux organisations patronales et syndicales rendu public jeudi, le Premier ministre François Fillon leur a demandé de se prononcer sur ce qui, en matière de durée du travail, doit être fixé par la loi, par accord collectif ou par accord individuel.
“Il y a une volonté sans le dire et un peu hypocrite de vouloir remettre en cause la durée légale en tant que telle et ce n’est pas acceptable“, a réagi sur France Info et France Inter le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly.
“Nous ne pouvons pas accepter que la durée du travail puisse être différente d’une entreprise à une autre, voire d’un salarié à un autre“, a-t-il ajouté.
Le Premier ministre “sait très bien que sur ces questions-là, la négociation ne pourra pas fonctionner. Donc d’une certaine manière, on fait semblant de nous consulter et après on passe en force“, s’est-il ému.
Pour la CGT, Bernard Thibault a dénoncé dans Libération “la reprise quasi in extenso de la revendication du Medef” par le gouvernement.
“Il est évident que le gouvernement prend fait et cause finalement pour la position patronale“, a aussi relevé Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral CGT sur France Info et France Inter.
“La remise en cause de la notion de durée légale du travail commune à l’ensemble des salariés serait sans doute une régression de plus d’un siècle. Dans une même localité, vous verrez les directions d’un supermarché qui négocieront une durée légale pour leurs salariés et tel autre qui négociera autre chose. Forcément, le patronat mettra en concurrence les salariés pour obtenir le maximum de concessions sur la durée du travail et cela deviendra vite intenable“, a-t-il ajouté.
Dans un communiqué, l’Union syndicale Solidaires (syndicats Sud) s’est également insurgée, dénonçant un gouvernement “au service du Medef”.
“C’est une régression sociale majeure qui se prépare. Le gouvernement ne reculera que contraint et forcé“, a estimé Sud, invitant à “créer rapidement les conditions d’un mouvement d’ensemble des salariés du privé et du public”.
Sud a aussi fait remarquer qu’une éventuelle remise en cause de la durée légale du travail “aurait pour conséquence de vider de tout contenu la récente loi sur les heures supplémentaires puisqu’elle aboutirait à ne plus considérer les heures travaillées au-delà de 35 heures comme des heures supplémentaires qui ne seraient donc plus défiscalisées“.
Patronat et syndicats sont invités à conduire une négociation rapide d’ici au 31 mars, avant que le gouvernement ne légifère.
Article dans Libération du 28-12-07:
Fillon envisage la suppression de la durée légale du travail
La durée légale du travail en France vit-elle ses derniers instants ? A peine plus d’un mois après les déclarations de Laurence Parisot, présidente du Medef, qui se demandait, le 21 novembre, s’il ne fallait pas «poser sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail», le Premier ministre semble en proie aux mêmes interrogations. Dans un courrier adressé, mercredi, aux organisations syndicales et patronales, François Fillon se demande «à quelles conditions de validité devrait être soumis un accord d’entreprise pour qu’il puisse librement déterminer les règles applicables en matière de durée du travail […]: seuil de déclenchement des heures supplémentaires, taux de majoration applicables […]». Autrement dit : comment supprimer la durée légale du travail, seuil à partir duquel sont comptabilisées les heures supplémentaires - et leur majoration à 25 % - en renvoyant sa détermination non plus à la loi, mais à la négociation d’entreprise.
Cette remise en cause de moins en moins masquée a fait réagir les organisations syndicales. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui voit dans cette proposition «la reprise quasi in extenso de la revendication du Medef», considère cette éventualité comme le début d’«une révolution du droit social en France». Aucune raison, explique-t-il à Libération, de ne pas déroger ensuite, par accord d’entreprise, au Smic ou à d’autres règles applicables à tous du droit du travail, pour aboutir à «un dumping social généralisé, à une concurrence entre entreprises sur des critères sociaux». D’autres centrales syndicales font aussi remarquer que la fixation de la durée légale du travail à un niveau plus élevé que 35 heures serait également un bon moyen pour le gouvernement de faire des économies… en rognant sur une de ses propres lois votée en août et en grande pompe. En effet, les heures travaillées au-delà de la trente-cinquième heure ne seraient plus considérées comme des heures supplémentaires, elles ne bénéficieraient donc plus du régime de la loi Tepa et des avantages qui y sont attachés : exonérations de cotisations sociales et défiscalisation.
Article sur NouvelObs.com, 28-12-07:
Durée du travail : levée de boucliers contre le projet de François Fillon
Les syndicats protestent contre la proposition du Premier ministre de remonter le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Le PS accuse le gouvernement de vouloir “abolir la durée légale du travail”.
[suite]
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Publié par lucien sur 19 décembre 2007
REVUE DE PRESSE
AP - Lundi 17 décembre, 14h30
PARIS - La CFDT et la CFTC signeront dans le courant de la semaine un accord avec l’UTP sur la mise en oeuvre du service minimum en cas de grève dans les transports urbains en province. L’UNSA et la CGC consultent leurs instances pour une réponse définitive, tout en ayant émis un avis “favorable” sur le projet qui sera rendu public mardi mais dont l’Associated Press a obtenu une copie.
Seule FO a indiqué à l’Associated Press qu’elle ne ratifiera pas ce texte. La CGT, de son côté, se prononcera le 19 décembre sur cet accord qui transpose les disposions de la loi sur le service minimum applicable à compter du 1er janvier prochain.
Le gouvernement a donné jusqu’à la fin de l’année aux syndicats et aux directions des entreprises concernées pour négocier les modalités d’application des dispositions de cette loi. A défaut, elles s’appliqueront par décret.
Des négociations sont en cours à la RATP et une réunion “conclusive” devrait avoir lieu vendredi prochain à la SNCF, selon la direction.
L’Union des transports publics (UTP, qui regroupe les directions des réseaux de transports des villes de province) a donné jusqu’au 20 décembre aux syndicats pour donner leur réponse.
“Nous avons décidé de signer cet accord”, a déclaré à l’Associated Press le secrétaire général de la CFDT-Transports Joël Le Coq.
Les syndicats favorables à la signature mettent en avant un accord “novateur qui améliore le dialogue social dans les entreprises” et se satisfont d’avoir trouvé un terrain d’entente avec la partie patronale “plutôt que de se voir imposer unilatéralement des mesures plus dures pas décret”, a expliqué le porte-parole de la CFTC Jean-Philippe Catanzaro.
FO, de son côté, avait décidé de boycotter les négociations qui ont eu lieu depuis la fin du mois de septembre dernier “et ne signera pas un texte qui n’est que la transposition d’une loi que tout le monde a rejeté et qui remet en cause le droit de grève”, a déclaré à l’Associated Press le secrétaire général de FO-Transport Gérard Apruzzese.
Cet accord, dont l’Associated Press a obtenu une copie, reprend les dispositions de la loi du 21 août 2007 “relative au dialogue social et à la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs”.
Il prévoit notamment une déclaration préalable pour les salariés “qui déterminent directement l’offre de service ou qui concourent à la sécurité” -les conducteurs sont les premiers concernés- et qui souhaitent faire grève, 48 heures avant le début du mouvement.
Cette déclaration doit permettre aux directions des entreprises de mettre en place un “plan de transport” avec les salariés et les moyens restant et d’en informer les voyageurs 24 heures à l’avance.
Un gréviste qui ne se serait pas déclaré à l’avance risquera des “sanctions disciplinaires”. Ces sanctions ont toutefois été limitées dans l’accord et ne peuvent excéder un avertissement, de source syndicale.
Dans le cadre du développement de “bonnes pratiques” durant le conflit, un article précise que “les partenaires signataires de l’accord rappellent que le droit de grève doit s’exercer dans le cadre de la loi, notamment en ce qu’elle prévoit le respect de la liberté d’aller et venir et la liberté du travail”, interdisant de fait le recours aux piquets de grève.
Au-delà de huit jours de grève, l’article 20 prévoit la possibilité d’organiser une consultation des salariés à bulletin secret “portant sur la poursuite de la grève”.
En contrepartie de tout ce dispositif, le dialogue social sera renforcé dans les entreprises, avec la mise en place d’un système “d’alarme sociale” comme il en existe à la RATP et à la SNCF.
Avant tout dépôt de préavis de grève, le texte prévoit que les syndicats doivent informer la direction de leurs intentions, l’employeur disposant ensuite de trois jours ouvrables pour déclencher des négociations.
La période de négociations préalables au dépôt du préavis de grève sera ensuite de huit jours. Si aucun accord n’est trouvé, le dépôt du préavis doit se faire au maximum dans les cinq jours francs suivant la dernière séance de négociations et au minimum cinq jours francs avant la date effective de déclenchement du conflit.
Un “observatoire paritaire de la négociation collective” dans la branche des transports urbains est également mis en place.
Cette instance sera composée “de deux représentants par organisation syndicale représentative” et “de représentants patronaux dans la limite du nombre de représentants syndicaux”.
Les syndicats obtiennent par ailleurs des moyens supplémentaires en terme de représentativité dans les instances de la branche. AP
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Publié par syndicaliste sur 12 décembre 2007
Article paru dans Le Canard enchaîné d’aujourd’hui
AVEZ-VOUS entendu parler de Pierre ? C’est un lycéen de Nantes. Il a 17 ans. Voilà deux semaines, le mardi 27 novembre, il est allé manifester contre la réforme sarkozyste de l’université. Il se trouvait sur les pelouses du rectorat, avec un bon millier de manifestants, quand les CRS et les flics sont, arrivés, et ont chargé. Brutalement. En tirant au Flash-ball. Pierre a reçu une balle dans l’œil. Transporté en urgence à l’hôpital. Dès le lendemain, le préfet se sentait en mesure d’affirmer aux journalistes que le diagnostic était « plutôt rassurant ». Ce préfet est formidable. Il est plus rapide que les médecins du CHU. Lesquels, deux jours plus tard, estimaient le pronostic « incertain » et relevaient un « potentiel de risque de perte complète de la fonction visuelle » : « Des complications peuvent-survenir (décollement de la rétine, glaucome post-traumatique). » A l’heure qu’il est, Pierre est sorti de l’hôpital. Il a 23 jours d’ITT. Et le pronostic est toujours incertain.
Alors, aviez-vous entendu parler de Pierre ? Les médias ont été d’une discrétion de violette à son sujet. Après tout, un gamin qui risque de perdre un œil, ça n’est guère une information. Il n’avait qu’à pas. Il ne nous intéresse pas. Les seules victimes dignes d’attention sont celles auxquelles s’intéresse l’omniprésident Sarkozy.
Savez-vous qu’à Nantes, le jeudi 29, près de quatre mille jeunes ont manifesté pour protester contre les violences policières, et notamment celle-là ? Il semblerait que tout le monde ne trouve pas parfaitement normal le fait que le droit de manifester s’accompagne désormais du droit à avoir un œil en moins. Mais qu’est-ce que quatre mille personnes ? Dans les médias nationaux, rien ou presque. Savez-vous qu’en fin de semaine dernière 30 universités françaises étaient encore bloquées ? 31 selon SUD-étudiants, entre 13 et 17 selon les anti-bloqueurs de « Libère ta fac »… Et que 41 lycées l’étaient aussi ? Là encore, les médias ont été d’une discrétion remarquable. Après tout, les principaux syndicats lycéens et étudiants Fidl, UNL et Unef ne soutiennent plus le mouvement, donc la ministre Pécresse a gagné, donc les blocages n’ont plus lieu d’être, donc c’est comme s’ils n’existaient pas, donc ils n’existent pas : pourquoi parler de choses qui n’existent pas ?
Pour être informé du fait que les facs françaises bougent, qu’elles bruissent encore de débats, d’assemblées générales, de manifs, de grèves, il n’y avait, ces derniers quinze jours, qu’un seul recours : les sites Internet du réseau Indymedia, à Paris, Lille, Nantes, Grenoble, Toulouse, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand, ou Rebellyon à Lyon, Bellaciao à Paris, etc. Le tout formant une sorte de vaste place publique où claquent au vent les dazibaos, vivante, engagée, subjective, alimentée par des militants (donc pas forcément fiable : il faut recouper), avec tracts, vidéos, photos, appels à manifester, agit-prop, agendas, etc. Oui, c’est sur ce média alternatif, multiforme ouvert et bordélique qu’on pouvait (et qu’on peut toujours) s’en apercevoir, tellement il déborde de contributions ces jours-ci : la loi Pécresse, même assaisonnée de quelques milliards, ne fait toujours pas l’unanimité. Une info à transmettre à TF1…
Jean-Luc Porquet

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Publié par lucien sur 11 décembre 2007

Dépêche AFP du mardi 11 décembre 2007
Rentrée 2008: service minimum dans les écoles et suppression de la carte scolaire
Xavier Darcos a confirmé mardi qu’il souhaitait instaurer un service minimum dans les écoles primaires dès la rentrée 2008, faisant craindre aux syndicats une remise en cause du droit de grève, et a annoncé que la carte scolaire serait de facto supprimée à cette même date.
“Je souhaite rendre, dès la rentrée prochaine, possible un service minimum d’accueil dans les écoles” primaires, a déclaré le ministre de l’Education nationale lors d’une conférence de presse.
Pour le mettre en place, il sollicite la participation des communes qui, si elles sont volontaires pour l’organiser, seront dédommagées par le reversement “de tout ou partie des retenues” opérées sur le salaire des grévistes.
Selon son entourage, l’accueil des communes volontaires se fera “au sein des écoles“, par du personnel municipal ou du personnel extérieur, comme par exemple des associations. Ce sera aux communes de choisir qui elles recrutent.
Selon le ministre, “un certain nombre de contacts” ont été pris avec les maires de moyennes et grandes villes, lesquels, a-t-il dit, se montrent disponibles pour un “partenariat“.
Par ailleurs, des discussions avec les partenaires sociaux dans les prochaines semaines vont porter également sur “la manière de prévenir les conflits” et “l’information des familles et des collectivités“.
Les syndicats d’enseignants, - Snuipp-FSU, SE-Unsa et Sgen-CFDT - ont immédiatement exprimé leurs craintes d’une remise en cause du droit de grève, un soupçon récusé par le ministre, qui a déclaré: “il ne s’agit pas d’être briseur de grève“.
Le SE-Unsa a dénoncé “une vision perverse” du dispositif de financement des communes, dans lequel “l’Etat employeur, contre lequel la grève s’exerce, se verrait confier le beau rôle (et) s’émanciperait à bon compte de ses responsabilités dans le déclenchement du conflit“.
Contrairement aux collèges et lycées, où un accueil est assuré les jours de grève, les écoles primaires ferment s’il y a trop d’adultes grévistes pour accueillir l’ensemble des enfants dans des conditions normales de sécurité.
Le ministre a par ailleurs annoncé que la carte scolaire, dont l’assouplissement a été entamé cette année, serait de facto supprimée à la prochaine rentrée.
“En 2008, elle sera rendue totalement inutile puisque nous accepterons toutes les demandes de dérogations, sans exception, ce dès lors qu’il y aura de la place dans l’établissement souhaité“, a-t-il dit.
Quand il n’y aura plus de place disponible, alors les critères sociaux (élèves boursiers en particulier) primeront pour accéder à la demande de dérogation.
Dans les 30 collèges en France qui auront perdu le plus d’élève avec la suppression de la carte scolaire (plus de 10% des effectifs prévus pour l’entrée en 6e), les classes seront “dédoublées”. Mais si ce dispositif “ne permet pas de réussir”, ces collèges fermeront au terme d’une “réflexion de trois ans maximum“.
M. Darcos a par ailleurs annoncé que le soutien, activités culturelles et sportives proposées cette année après l’Ecole dans les collèges de l’éducation prioritaire seraient étendues à “toutes les écoles relevant de l’éducation prioritaire” et à celles volontaires.
Le ministre a aussi confirmé sa réforme du bac professionnel en trois ans: “nous ne reculerons pas sur ce projet“, a-t-il assuré.
De nouveaux programmes scolaires du primaire, donnant la priorité à l’apprentissage de la langue française seront mis en oeuvre à la rentrée 2009 et deux évaluations nationales témoins, en CE1 et CM2, seront en place pour l’année scolaire prochaine.
Voir aussi:
Rappel:
C’est avec ce ministre là que le SNUipp et le Sgen négocient en même temps sur la base d’un protocole le transfert des heures du samedi matin pour les enseignants!
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Publié par lucien sur 2 décembre 2007
L’Humanité des débats. Tribune libre.
Pourquoi les bac pro se mobilisent pour leurs diplômes ?
Par Aline Louangvannasy, professeure de philosophie au lycée Rive-Gauche de Toulouse, secrétaire régionale de la CGT éduc’action Midi-Pyrénées.
Cette semaine, les élèves des lycées professionnels, ceux qui n’aiment pas l’école et que l’école n’aime pas toujours, étaient dans les rues pour défendre leurs diplômes menacés par l’activisme mimétique de notre ministre de l’Éducation. Cet événement mérite qu’on s’y arrête. Au-delà du fait qu’il signale que l’incendie couve dangereusement dans les lycées professionnels, il témoigne d’une prise de conscience politique d’une nouvelle frange de la jeunesse. Une jeunesse oubliée, invisible, qui fournira le gros des troupes des ouvriers et des employés de demain. Leur préoccupation ce n’est pas la réforme des universités, c’est le BEP. BEP que M. Darcos veut supprimer. Alors ils font comme les autres, ils manifestent, ils bloquent. Mais sans succès, ils n’intéressent personne. C’est dommage car du haut de leur BEP, ils sont à l’avant-garde des préoccupations étudiantes concernant la revalorisation des diplômes, la création de filières professionnalisantes, et ils sont aussi à l’avant-garde des mutations qui affecteront dans les années à venir le statut des salariés.
L’enseignement professionnel est souvent considéré à tort, comme une filière de relégation. Depuis vingt ans il a mauvaise presse. On accuse régulièrement l’école d’être en inadéquation avec les besoins du marché. On lui oppose le savoir-faire de l’entreprise. La réforme proposée est l’aboutissement de cette bataille idéologique.
Le bac pro a été créé en 1985. Dans son principe, il devait posséder une dignité égale aux autres baccalauréats. Mais il n’a pas atteint ses objectifs ambitieux en terme de poursuite d’études. Il est très difficile pour un élève de l’enseignement professionnel de poursuivre en BTS ou en IUT, quasi impossible de suivre des études à l’université. Cependant, ce baccalauréat a contribué à une élévation du niveau, à la formation de diplômés plus qualifiés et à une meilleure insertion professionnelle des jeunes. Il a aussi conduit à l’abandon progressif des formations peu qualifiées comme le sont les CAP. Le baccalauréat professionnel peut être préparé en trois ans ou en quatre ans. Cette différenciation des rythmes de progression permet non seulement de prendre en compte les capacités individuelles de chaque élève, mais aussi la complexité plus ou moins grande des savoir-faire à acquérir selon les métiers. Or M. Darcos, pour des raisons budgétaires et idéologiques, a décidé, sans aucune concertation, de généraliser les baccalauréats professionnels en trois ans. Cette généralisation aura des conséquences désastreuses pour les jeunes. Cela renforcera l’exclusion des élèves les plus en difficulté, ceux pour qui l’enseignement professionnel constituait une réelle chance d’insertion. Le contenu des programmes étant pour l’instant inchangé, qu’adviendra-t-il des élèves qui ne peuvent suivre le rythme des trois ans ? On ne sait pas ! Ce qui est sûr, c’est que les entreprises ne voudront pas prendre en charge la formation d’une main-d’oeuvre sous-qualifiée.
La réforme se traduira ensuite par une diminution du nombre de formations offertes. La formation scolaire sera plus généraliste, et la spécialisation professionnelle repoussée à plus tard lors de l’embauche dans l’entreprise. Les conséquences de cette conception de la formation professionnelle sont extrêmement graves. La collectivité se déchargeant sur le jeune, et sur les entreprises, de ses responsabilités en termes de formation professionnelle, c’est la fin annoncée d’un service public de la formation. Le jeune (stagiaire, apprenti) construira son parcours de formation. La professionnalisation, la validation et l’insertion professionnelle dépendront du secteur privé. De même la qualification du salarié et les droits qui en découlent ne seront plus liés à la personne du salarié, mais de fait au poste de travail occupé. Le principe est la volonté d’une plus grande adaptabilité de la main-d’oeuvre aux besoins du marché du travail, les jeunes en étant le principal facteur d’ajustement. On aurait presque l’impression de voir ressurgir le CPE par la fenêtre.
À une période où s’ouvrent des négociations sur les conditions de travail, où circule l’idée d’une sécurité sociale professionnelle, la résistance de nos élèves n’est donc pas dénuée de fondement. Ils sont déjà de plain-pied dans le monde du travail. Nous devons être fiers d’eux, ils nous ont ouvert la voie. Il est maintenant de notre responsabilité d’être à leurs côtés.
L’Humanité du 1-12-07
Voir aussi:
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Publié par lucien sur 24 novembre 2007
Dépêche AFP, 24-11-07:
Journée de transition sur le front de la contestation de la loi Pécresse: étudiants et lycéens sont restés mobilisés vendredi tandis que des travaux d’approche se poursuivaient en coulisse entre étudiants, acteurs universitaires et gouvernement.
A la veille de la quatrième coordination nationale étudiante qui se tiendra à Lille, une petite cinquantaine de sites universitaires étaient toujours perturbés à des degrés divers, ainsi que plus de 80 lycées.
“On a senti la ministre très soucieuse de trouver une issue, comme on a senti l’Unef très soucieux, et comme nous sommes très soucieux nous-mêmes que ça s’arrête“, a expliqué vendredi à l’AFP Michel Lussault, porte-parole de la conférence des présidents d’universités (CPU), qui a été reçue jeudi par Valérie Pécresse.
Entamés jeudi par médias interposés, les travaux d’approche pour trouver une issue concertée à la crise actuelle se sont poursuivis vendredi, a confirmé une source universitaire.
L’Unef, syndicat étudiant leader de la contestation du CPE, est aussi la seule force étudiante impliquée dans le mouvement qui ne réclame pas l’abrogation de la loi sur l’autonomie des universités, une donnée indispensable à l’ouverture de discussions éventuelles.
Il a lancé jeudi un signe d’apaisement, jugeant “un retour à la normale envisageable” dans les universités, à condition que le gouvernement ouvre des discussions et offre des “réponses satisfaisantes“.
Le même jour, la ministre de l’Enseignement supérieur s’est dite “prête à avancer” avec les étudiants mais sur les seuls chantiers de la lutte contre l’échec en Licence et du logement, chantiers ouverts cet été et qui “n’ont jamais été interrompus” selon l’entourage de Mme Pécresse.
Après cette réponse laconique et sans engagement concret pour l’instant, les étudiants et lycéens mobilisés contre la loi estimaient vendredi que le gouvernement jouait “le pourrissement“, alors que la mobilisation étudiante ne progresse plus au seuil de sa quatrième semaine.
Quoi qu’il en soit, l’Unef est resté muette vendredi, accréditant l’idée de contacts en cours. La ministre s’est également gardée de revenir sur la crise vendredi tant dans les médias qu’au salon de l’Education où elle a fait une visite surprise.
Elle “attend la semaine prochaine, c’est très difficile de parler avant une coordination étudiante“, a commenté M Lussault.
Peut-être même attendra-t-elle mercredi pour s’exprimer, dans la mesure où une nouvelle journée de mobilisation est prévue mardi.
Entre-temps la posture conciliante de l’Unef risque de provoquer des tensions ce week-end à Lille. La semaine dernière, sur 16 porte-parole de la coordination, 11 étaient issus de l’Unef, contre aucun la fois précédente, confirmant son nouveau rôle central et le poids qu’aurait son éventuel retrait de la mobilisation, alors que déjà les salariés des transports ont cessé leur mouvement.
Quant aux présidents d’universités, ils ont estimé vendredi par la voix de Michel Lussault, que “pour sortir de cette crise, il faut que tout le monde prenne ses responsabilités“.
Pour rassurer étudiants et personnels, les présidents d’universités sont prêts, selon lui, à débloquer des fonds propres pour lutter contre l’échec en Licence, à organiser des “débats de fond” sur la mise en place de la loi dans les établissements.
En échange, il souhaiterait que “le ministère garantisse un engagement financier pluriannuel pour accompagner la loi“, et que l’Unef “s’engage à accepter l’application de la loi dont on fera le bilan“.
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Sur la réforme, à lire dans Rue89: Réforme des universités et de la recherche: la grande manip, par Michel Saint-Jean, physicien, directeur de recherches au CNRS

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