Syndicalisme de lutte

“La classe ouvrière sait qu’elle n’a à compter que sur elle-même“ (Monatte)

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Renault l’a dans l’O.S !

Publié par vendemiaire sur 6 avril 2008

Renault l’a dans l’O.S !

Discrimination | dimanche, 6 avril 2008 | par Sabrina Kassa

La Cour de Versailles vient de condamner Renault pour discrimination raciale à l’égard de deux ex-ouvriers noirs. L’entreprise, pilote sur la « Charte pour la diversité », assure n’avoir « jamais pratiqué le racisme » ! Vraiment ? Une étude du CNRS de 1986 sur la gestion Ya bon Banania de la Régie Renault à l’époque des « Trente Glorieuses » cite les notes de services qui y circulaient sur les O.S. de l’époque. Florilège.

La com’ de Renault a du souci à se faire. Mercredi 2 avril la Cour d’appel de Versailles a reconnu l’entreprise coupable de discrimination raciale envers deux ex-salariés noirs qui estiment avoir eu des carrières moins intéressantes que leurs collègues blancs. Lucien Breleur, électricien auto de 1971 à 1983, et Daniel Kotor, ouvrier spécialisé (OS) puis agent administratif de 1983 à 2004 vont recevoir 80 000 euros (60 000 pour Kotor) de dommages et intérêts et 8000 euros au titre du préjudice moral. Une petite somme à débourser, mais qui fait mal à l’entreprise.

Et pour cause : si tous les OS immigrés se réveillent, ça risque de ruiner son plan com’ : entreprise pilote pour la promotion des minorités, signataire de la charte pour la diversité, etc… « Renault, dont l’ancien président Louis Schweitzer dirige actuellement la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), a réagi en expliquant que l’entreprise “avait toujours condamné le racisme sous toutes ses formes”, et ne pratiquait “en aucun cas la discrimination raciale” », nous apprenait l’Afp mercredi dernier. Sûrement un cas d’amnésie foudroyante…
Quelques perles issues des archives de Renault

Mais preuve que la recherche publique sert quand même à quelque chose, une étude du CNRS, au titre joli et pudique, « Les OS dans l’industrie automobile », datée de 1986, fait état de « Notes pouvant servir à l’information de personnes appelées à utiliser des travailleurs africains de race noire » rédigées par des responsables de la gestion de la main d’œuvre immigrée de la Régie Renault dans les années 1960 et 1970. Des notes à la fois philosophiques et pragmatiques pour gérer les Ya bon Banania venus travailler en France.

Quelques perles ? Celles d’un certain M. Dinand, datant du 25/6/62 : « L’Africain musulman ne sera pas tellement différent de l’Africain animiste. Si l’animisme le rassure pour le présent, l’Islamisme, religion facile, le rassure pour l’au-delà. » ou encore, « … son intuition lui tient lieu de raisonnement. ». Délicieux, non ? On aime beaucoup aussi : « Il pourra passer du concret à l’abstrait, mais la démarche inverse lui sera pratiquement impossible. » Le texte comprend aussi « le comportement à adopter » : « efforcez-vous d’être clair » ; « parlez lentement sans élever la voix (ce qui l’affolerait) », « ayez de l’autorité (surtout ne pas se contredire : l’Africain a une mémoire étonnante) » ; « conservez votre calme et armez-vous de patience ».

Dans cette fameuse étude du CNRS, on trouve aussi la note n°5127, du 31 mars 1972, comportant des recommandations très claires pour les recruteurs de la Régie. Des détails ? « Retenir préférentiellement les ouvriers portugais, yougoslaves ou espagnols qui se présentent à l’embauche plutôt que les ouvriers originaires des DOM, d’Afrique du Nord ou d’Afrique Noire ». Et ça bien sûr, c’est pas du racisme… Renault refoule sec son Ya bon passé mais compte quand même jouer à fond aujourd’hui sa com’ « Zy va la Diversité ». C’est comme dirait l’autre… pas tout à fait crédible. Dites, Docteur Schweitzer, ça peut se soigner comme ça le racisme dans l’entreprise ?

http://www.bakchich.info/article3260.html

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Flashball contre lycéens à Gagny

Publié par lucien sur 1 avril 2008

Témoignages dans l’Humanité : Flashball contre lycéens à Gagny

Au Lycée Gustave Eiffel à Gagny (93), samedi 29 mars à 8h, plus de 200 lycéens se sont rassemblés devant leur lycée pour organiser un blocus pacifique. A 9h, les brigades départementales de la Police nationale les chargent, avec bombes lacrymogènes, flash-ball et matraques. Plusieurs élèves et un professeur sont blessés. Un lycéen a été embarqué au commissariat. A 19h, grâce à la mobilisation de parents d’élèves et de citoyens, il est libéré.Ci-dessous des liens vers des vidéos amateurs :

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Notation en ligne des enseignants: le juge des référés rendra sa décision le 3 mars 2008

Publié par lucien sur 27 février 2008

Source: Ensemble d’après dépêche AEF diffusée par des sections départementales.

Les organisations syndicales attaquent le co-fondateur du site, Stéphane Cola, sur “la violation des dispositions de la loi Informatique et libertés qui réglemente et encadre le système de traitement des informations nominatives en soumettant à des dispositions particulières les informations n’ayant pas reçu le consentement des intéressés“, explique Me Weyl. Or, “aucun des profs concernés n’a été saisi d’une demande de consentement“, poursuit-il.Le Snes et la FSU dénoncent en outre une atteinte à la vie privée, en vertu de l’article 9 du code civil: “il y a débat autour de cette question, mais nous estimons que la mise en ligne du nom d’une personne, suivi de son affectation et d’une évaluation purement subjective de son travail porte atteinte à la vie privée, dans la mesure où n’importe qui, y compris ses enfants, peut y avoir accès“, poursuit l’avocat.

ATTEINTE À LA FONCTION

Enfin, ce type de procédure s’apparente selon les plaignants à une “atteinte à la fonction”: “noter les profs, c’est le rôle de l’État, pas celui d’une officine privée, financée par la publicité. En plus, la procédure est complètement anonyme. Quand mon chef d’établissement me donne une note administrative, il assume et j’ai des possibilités de recours“, dénonce Francis Berguin. Pour Me Frédéric Weyl, “le prof est soumis à une relation inversée de notation sans aucune possibilité de rectification. Or, l’enseignant ne peut pas être évalué par l’usager, il ne fournit pas une prestation commerciale, mais remplit une fonction éducative“, estime-t-il.

L’argument de Stéphane Cola selon lequel ce type de procédure existe dans le supérieur ne tient pas la route. On note les enseignements, pas les personnes, ce n’est pas du tout la même chose. C’est d’ailleurs un débat sur lequel on est prêt à revenir“, estime Francis Berguin. Le secrétaire national du Snes regrette l’absence du ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, qui “avait condamné le site” , ce matin à l’audience, aux côtés des enseignants: “Nous l’avions sollicité, mais il n’a même pas pris la plume pour nous répondre.” [*]

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[*] Note d’Ensemble:

Nous avions noté l’illusion dérisoire d’en appeler au ministre le 10 février dernier (cf. Noter son prof… et l’art des communiqués) en disant notamment:

Le site en question, http://www.note2be.com, où on peut juger son prof dès la maternelle, a été créé par l’ancien assistant parlementaire de Phlilippe Séguin. Ce genre de collusion entre la droite et des offensives médiatiques inédites envers les enseignants n’est pas sans rappeler le vomi que déverse SOS-Education sur les enseignants (cf. Le grand audit a commencé, Ensemble 2006). Darcos n’a jamais rien fait contre les attaques et calomnies de SOS-Education, pourquoi prendrait-il des mesures “pour protéger les personnels” avec ce nouveau site?

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Shoah: pour la police aussi, il faut un devoir de mémoire

Publié par lucien sur 21 février 2008

L’écrivain Maurice Rajsfus [*] a été arrêté par des policiers français le 16 juillet 1942, durant la rafle du Vel d’Hiv’. Il nous envoie cette tribune en réaction à l’idée de Nicolas Sarkozy de faire porter par chaque élève de CM2 la mémoire d’un enfant de la Shoah.

Entre le 16 juillet 1942 et le 31 juillet 1944, 11 000 enfants dont les parents étaient désignés comme juifs devaient être raflés, puis déportés vers les camps de la mort. Pour Nicolas Sarkozy, il faudrait que chaque élève de CM2 prenne en charge la mémoire de l’une de ces victimes de la haine raciale.Une autre approche est possible, en se posant la question essentielle: qui a arrêté ces jeunes? Ce sont nos policiers et gendarmes français, lesquels n’ont jamais hésité à les confier rapidement aux bons soins des bourreaux nazis! Il serait donc cohérent que dans chaque commissariat soient rappelé régulièrement les exploits des anciens de nos forces de l’ordre.

De tels rappels à l’Histoire seraient tout à fait salutaires, en un temps où policiers et gendarmes sont constamment en mission pour traquer les sans papiers et, à l’occasion, les séparer de leurs enfants -sans que cela les traumatise particulièrement.

Bien sûr, il ne saurait être question de comparer les périodes, car le temps de la barbarie nazie est heureusement révolu. Pourtant, les mauvaises manières n’en perdurent pas moins, et les fonctionnaires d’autorité de la République ne se risquent jamais à transgresser des ordres qui ne sont en rien compatibles avec les traditions humanitaires du pays des droits de l’homme.

Une fois encore, on nous objectera: “Ce n’est pas pareil!” Belle façon de faire l’impasse sur des dérives insupportables. Tout serait donc permis, dès lors qu’un régime se proclame démocratique et que ses dirigeants procèdent du suffrage universel?

Une certitude: les policiers et les gendarmes de la République pourraient tirer grand profit de l’étude des périodes noires de notre histoire, et des missions dont les forces de l’ordre étaient investies, de l’été 1940 à l’été 1944.

Enfin, si au temps de l’occupation nazie ceux qui s’accommodaient de leur fonction ne pouvaient refuser, paraît-il, les ordres reçus, il en va tout autrement en 2008.

[*] Note de Sdl: Ancien militant de Socialisme ou Barbarie, M. Rajsfus a présidé Ras l’Front de 1991 à 1999 et cofondé l’Observatoire des libertés publiques.

Voir aussi:

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Nouveau diplôme « Paris 1 / Conforama » : la direction de l’Université Paris 1 transforme l’université en prestataire de services pour le grand patronat

Publié par syndicaliste sur 20 février 2008

Communiqué de la FSE Paris I du lundi 18 février 2008

La présidence de Paris 1 a négocié en secret avec Conforama la création d’un nouveau « cursus diplômant (Bac +5) » : la « DM Academy ». Et c’est via la presse (communiqué de l’AEF du 8 février 200 8) et le communiqué triomphaliste de Conforama du 15 janvier 2008 (http://www.canalconfo.com/pdf/1201626777.pdf) que nous apprenons que tout a déjà été décidé !

La présidence de Paris 1 met donc le nom, les locaux et les personnels de Paris 1 au service des capitalistes de Conforama qui bien sur ont décidé du contenu de la « formation ». Contre leur argent, l’université se prostitue et est de fait transformée en prestataire de services remplissant un cahier des charges.

Pour nous, l’université doit être financée à 100% par l’Etat central et le patronat ne doit pas avoir son mot à dire sur la définition et le contenu des diplômes qui doivent être nationaux, qualifiants, et reconnus dans les conventions collectives.

L’université n’a pas à prendre en charge la formation professionnelle des salariés de Conforama (décidée par les capitalistes de Conforama, en fonction de leurs intérêts de classe). Dans le cadre d’un système de formation des adultes indépendant du patronat, au service des travailleurs, l’université aurait alors vocation à accueillir les travailleurs et à leur transmettre des savoirs critiques et émancipateurs, et non du prêt à penser au service du capital, comme c’est le cas avec cette « formation ».

C’est aujourd’hui la logique de la LRU qui se déploie avec vulgarité et ostentation, et qui révèle ce qui se cache derrière la soi-disante « autonomie » des universités : la soumission directe aux intérêts du patronat, via leurs agents au sein des universités (les présidents d’université)

La FSE Paris 1 exige le retrait inconditionnel de ce nouveau cursus. Elle appelle l’ensemble des organisations syndicales à se prononcer dans le même sens, et à organiser la mobilisation afin de contraindre Pierre Yves Hénin, président de Paris 1, à faire disparaître ce nouveau cursus.

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Le Plan “Réussir en Licence” : une nouvelle attaque contre les droits étudiants

Publié par lucien sur 19 février 2008

(article publié dans la revue “L’Emancipation syndicale et pédagogique“, n°6 de février 200 8)

Le Plan “Réussir en Licence” :

une nouvelle attaque contre les droits étudiants

Le 13 décembre 2007, en pleine mobilisation étudiante, Valérie Pecresse a annoncé un nouveau plan pour la “réussite en Licence” . Derrière ces mots se cache une nouvelle attaque contre le service public d’éducation et contre les droits étudiants fondamentaux.

Le Plan Licence , tout comme la LRU, reprend dans les grandes lignes les recommandations du rapport Hetzel que la FSE combattait déjà en 2006.

Un nouveau plan de bataille pour le gouvernement et le patronat
L’automne 2007 a vu une lutte massive se construire contre la loi sur les “libertés et responsabilités des universités” dite LRU. En exigeant notamment le retrait de cette loi, les étudiant-e-s et lycéen-e-s combattaient la capitalisation de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire la soumission de ce dernier aux intérêts du patronat. Disant répondre aux revendications étudiantes, le gouvernement Sarkozy/Fillon tente de museler la contestation en mettant en place de nouvelles mesures de régression sociale. De la même manière qu’il répondait au mouvement de contestation des quartiers populaires en novembre 2005 par une loi sur “l’égalite des chances” combattue par les travailleur-euse-s, il répond aujourd’hui à la lutte contre la capitalisation de l’Université par des attaques supplémentaires contre les droits étudiants. Notons que Pécresse s’est appuyé sur les syndicats institutionnels (UNEF, Cé) pour légitimer ses attaques. Ces derniers, après avoir négocié la LRU, osent annoncer que le Plan Licence est un acquis de la lutte alors que celui-ci était prévu depuis le rapport Hetzel.

Faire de la licence un diplôme professionnalisé, dévalorisé, et terminal pour la masse des étudiant-e-s
La logique du Plan Licence est simple : les entreprises ne veulent plus d’étudiant-e-s formé-e-s sur des connaissances fondamentales mais sur des compétences précises profitables immédiatement aux entreprises. Le but est d’accentuer la casse du cadre national des diplômes, d’individualiser ces derniers et de mettre en concurrence les étudiant-e-s. Ce mécanisme renforce la concurrence entre travailleur-euse-s puisque ce cadre national était adossé à des droits collectifs dans le monde du travail. C’est ainsi que, au cours de la 2ème et 3ème année, l’étudiant-e sera amené-e à découvrir le monde de l’entreprise et à faire obligatoirement un stage. De plus, l’apprentissage des compétences (TIC, rédaction de CV) sera favorisé dès la 1ère année au détriment des connaissances fondamentales liées à une discipline (lettres, droit, sciences physiques,…). Enfin, l’étudiant-e devra orienter ses choix de cursus en lien avec une ouverture sur les métiers, c’est à dire en fonction des besoins du patronat local. Quand les entreprises participent à la gestion de l’Université, elles développent les formations qui leur sont profitables économiquement et délaissent celles ne leur rapportant rien. Elles le font d’autant plus facilement que, depuis plus de 30 ans, l’État se désengage financièrement de l’enseignement supérieur.

L’application concrète de la sélection à l’entrée des universités
Tout d’abord, chaque université devra afficher “les places disponibles pour chaque filière, les taux de réussite aux examens et les taux d’insertion professionnelles”. L’université fait donc comprendre aux futurs étudiant-e-s que leurs orientations ne doit pas dépendre de critères scolaires mais économiques. Ensuite, les lycéen-e-s recevront un “avis” d’un conseil de classe d’orientation. Le but est de dissuader l’élève de choisir une filière par goût mais en fonction de son “projet d’insertion professionnelle”. Cette pré-inscription/sélection va permettre aux universités de choisir les meilleurs étudiant-e-s au moment des procédures d’orientation, ceux/celles qui pourront payer le plus, laissant sur le carreau les plus pauvres.

Justifier une politique à l’encontre des classes populaires
Pécresse annonce que le Plan Licence , en renforçant l’insertion professionnelle des étudiant-e-s, permettra de “diviser le taux d’échec par 2 en première année”. Nous refusons ce constat : la réelle explication de l’échec scolaire réside dans l’insuffisance des bourses sur critères sociaux et l’obligation de se salarier pour subvenir à ses besoins. Alors que les enfants d’ouvrier-e-s ont sept fois moins de chances d’accéder à l’Université que les enfants de cadres, le gouvernement souhaite justifier sa politique à l’encontre des classes populaires. Sa seule réponse et d’offrir aux facs la possibilité d’embaucher des étudiant-e-s sur contrat précaire afin que ceux/celles ci soient “plus près de leurs lieux d’études”.

Non à la mise en concurrence des universités ! Non à la mise en concurrence des travailleur-euse-s !
Ce Plan Licence est la suite logique du processus européen de Bologne. Dans la continuité des réformes LMD-ECTS et de la LRU, les gouvernements successifs accentuent la casse du cadre national des diplômes et l’autonomie pédagogique des universités. Les diplômes deviennent locaux, n’ont plus aucune valeur et leur qualité baisse (multiplication des stages, manipulation de logiciels informatiques,…). Il s’agit d’une part d’offrir au patronat une main d’œuvre peu formée, donc plus corvéable, et d’autre part de mettre en concurrence les travailleur-euse-s via l’individualisation de leurs statuts. Le Plan Licence utilise la peur du chômage de masse pour professionnaliser les diplômes et dégrader nos conditions d’études. Soyons clairs, la professionnalisation ne créera aucun emploi : ce n’est pas l’Université qui est responsable du chômage mais le système capitaliste qui a besoin de faire pression à la baisse sur les salaires pour augmenter les profits d’une minorité.

Il faut préparer les prochaines luttes !
Alors que le gouvernement et les syndicats institutionnels présentent ce Plan Licence comme la réponse aux revendications étudiantes, nous devons, à la lumière de la lutte anti-LRU, acquérir la conscience que seule l’organisation collective des étudiant-e-s et le rapport de force permettent de défendre efficacement nos droits. L’AGET-FSE continuera de mener le combat contre la capitalisation de l’enseignement supérieur. Nous appelons donc les étudiant-e-s à préparer les luttes futures à nos côtés et à se syndiquer car, de son côté, le gouvernement ne perdra pas de temps pour casser nos acquis (LRU, chasse aux sans papiers, destruction de l’aide sociale étudiante, contrat unique,…). Nous devons nous tenir prêt-e-s pour riposter avec une énergie redoublée !

Non au Plan Licence de Pécresse !

Retrait sans condition de la LRU !

Le savoir est une arme, le syndicat est une force !

Seule la lutte paie !

AGET – Fédération Syndicale Etudiante

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Le syndicalisme enseignant et la suppression du samedi matin

Publié par lucien sur 6 février 2008

SE et SGEN signent un accord avec le ministère tandis que le SNUipp lance une “consultation”: que se passe t-il dans le 1° degré avec la réattribution des heures de travail du samedi matin supprimé?

Le site Ensemble, qui suit ce dossier depuis plusieurs mois, propose trois nouveaux articles aujourd’hui:

Voir aussi:

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Rapport Attali: nouvelles attaques contre l’école

Publié par lucien sur 24 janvier 2008

Article publié hier sur le site Ensemble 

Vous pensiez peut-être qu’on allait rester indéfiniment à l’abri des attaques ? Qu’après les décentralisations, les externalisations, les privatisations de ces dernières années, les libéraux s’arrêteraient devant l’école comme les armées d’Hannibal devant les murailles de Rome ? Le projet libéral est un projet de long terme. Sa méthode est la méthode salami : une tranche après l’autre, pour éviter les ripostes collectives. Après le rapport Camdessus, après le rapport Thélot, voici le rapport Attali, nouveau coup de boutoir contre la “citadelle” de l’éducation nationale.

La commision Attali vient de rendre son rapport. Comme prévu, c’est un catalogue de mesures plus libérales les unes que les autres. L’argumentation est toujours la même : un tableau catastrophiste de l’état du pays, un plaidoyer larmoyant sur les inégalités, les exclusions, pour déboucher sur la nécessité de casser systématiquement tout ce qui peut rester de social, de public, de protecteur et de régulateur dans la société française. “Libérant” ainsi la croissance, nous disposerions de nouvelles richesses et tout le monde serait gagnant.

Evidemment, ce discours ne convaincra que ceux qui ont intérêt à y croire. Les autres se souviennent que depuis le premier plan de rigueur au début des années 80, jusqu’au paquet fiscal de 2007, en passant par l’adoption de l’euro en 1999, on nous a toujours servi ces mêmes arguments pour justifier plus de flexibilité, moins de dépense et de service public, sans autre résultat que l’accroissement des inégalités, des exclusions, de la fragilisation et de la culpabilisation des plus pauvres.

Poussés par la concurrence internationale, rien ne satisfait les tenants de la logique libérale dont Attali se fait le porte-parole. Tous les services publics les uns après les autres ont subi leurs attaques dans les dernières années. Il ne reste pratiquement plus que l’école à échapper à la logique du marché, à celle de la concurrence. Aussi est-ce sur elle qu’Attali concentre ses attaques, dès les premières pages de son rapport. Là aussi, rien de neuf dans l’argumentaire : juste l’habituel fatras d’accusations et de calomnies que l’on croirait sorties du site des ultra-réacs de SOS-éducation.

Parmi les arguments d’une particulière mauvaise foi, on notera le rapprochement des dépenses d’éducation et du nombre de chômeurs parmi les jeunes (p 24)… Comme si le maintien d’un haut niveau de chômage n’avait pas été un moyen délibérément utilisé par les politiques des trois dernières décennies pour contenir les revendications salariales et développer la précarité, en particulier parmi les jeunes travailleurs ! Comme si le chômage n’était pas un mal récurrent qui ronge le capitalisme depuis sa naissance ! En accuser l’école, c’est faire coup double pour les tenants du libéralisme : ils détournent l’attention de leur propre incapacité à assurer le plein emploi, et ils tentent de fragiliser un peu plus l’école publique, laïque et républicaine dans l’opinion.

Pour comprendre cet acharnement, il suffit de réfléchir à notre fonctionnement : nous subissons depuis des années le poids du blocage de nos salaires malgré l’inflation ; nos missions sont dévalorisées, nous sommes calomniés dans les médias, et ce matraquage rend les relations avec les parents de nos élèves toujours plus difficiles ; nos tâches et nos responsabilités ne cessent d’être alourdies ; nous travaillons pour ainsi dire sans chefs et si nous voulions tirer au flanc, il n’y aurait rien de plus facile ; et pourtant, malgré cela nous continuons à faire notre travail avec un engagement, un professionnalisme que de nombreux autres secteurs privés pourraient nous envier. Peut-être parce qu’il s’agit d’enfants… Quoi qu’il en soit, notre fonctionnement et nos résultats sont la démonstration même que la logique de la concurrence, celle de la victoire du fric et de l’écrasement des pauvres, n’est pas une nécessité et que la notion d’intérêt commun peut être une motivation suffisante pour nous faire atteindre l’essentiel de nos objectifs. Car ne nous laissons pas abuser par les mensonges d’Attali et consorts : il est évident que l’école ne peut gommer les inégalités sociales d’une société économiquement et socialement toujours plus violente et inégalitaire. Néanmoins l’école telle qu’elle est, avec ses dysfonctionnements et ses imperfections, reste un très puissant facteur d’égalité sociale. Elle est même sans doute le principal facteur d’égalité dans la France d’aujourd’hui, et c’est aussi pour cela qu’elle est tant attaquée.

L’école publique, républicaine, laïque, gratuite et obligatoire est désignée à la vindicte comme principal obstacle à la croissance : il faut la détruire. Et pour cela :

- Soumettre les enseignants : La liberté dont nous disposons dans l’organisation de notre travail et dans le choix de nos méthodes est pour nous non seulement un élément essentiel de notre plaisir à enseigner mais aussi une nécessité pour pouvoir nous adapter aux besoins de nos élèves. C’est pourquoi Attali entend nous placer sous contrôle, non plus des inspecteurs (sans doute trop favorables à l’esprit du service public) mais d’ “une autorité administrative indépendante du ministère” (et qui donc, sinon une collectivité locale ?), s’appuyant sur l’avis des usagers (en clair les parents) et surtout des élèves… (p 28). Chers enseignants, mettez des bonbons dans les poches, et préparez-vous à vous soumettre aux exigences idéologiques des maires, aux lubies pédagogiques des parents, aux caprices de vos élèves, vous allez être à leur service, et non plus au service de l’Etat. La notion même d’éducation nationale, mission d’intérêt public et collectif, est bafouée, réduite à un service privé aux familles sur le modèle Acadomia. Bien sûr, nous connaissant, Attali se doute qu’une telle soumission ne sera pas facile à obtenir : il faut donc aussi casser notre statut, supprimer le concours d’entrée, nous précariser et soumettre notre carrière à l’autorité des petits chefs (p 27).

- Développer la concurrence : Le maître mot de tout libéral, la concurrence (c’est à dire la réussite des uns par l’écrasement des autres) doit s’imposer à tous les secteurs de la société. Le totalitarisme libéral ne peut supporter que l’école échappe à cette logique. De plus, et surtout, la concurrence va permettre de dresser les écoles les unes contre les autres, de briser l’esprit qui nous unit encore et qui fait du corps enseignant, malgré les coups portés, le principal bastion de la résistance au libéralisme. Alors, pour développer la concurrence, tout est bon : renforcer l’autonomie des établissements, dénoncer les écoles dont les élèves rencontrent le plus de difficultés en publiant leurs résultats, faciliter et renforcer les ségrégations en supprimant la carte scolaire, abandonner la gratuité et développer les écoles privées (pp 27 et 2 8) : bref tout faire pour que puisse se développer un véritable marché de l’éducation sur les ruines du service public. Attali reprend ici à son compte, presque mot pour mot, le programme du Front National en matière scolaire.

- Soumettre précocement la jeunesse au monde de l’entreprise : Imposer l’entreprise comme un passage obligé à la fac, au lycée, au collège c’est très clair dans le rapport (pp 29 et suivantes). Mais le plus consternant, c’est de voir comment le rapport Attali désire inscrire précocement les “valeurs” du libéralisme dans l’esprit des très jeunes enfants. L’objectif de permettre l’épanouissement de l’enfant, de préparer le développement d’un adulte libre, cultivé et citoyen est piétiné. Non seulement les programmes scolaires sont conçus dans le but de former des salariés efficaces (accent mis sur le calcul, l’anglais et l’informatique dès l’école primaire), mais ils préparent la soumission précoce à l’idéologie totalitaire du marché : “L’enseignement de l’économie doit être aussi, dès le primaire, concret, positif, et exigeant sur les dimensions éthiques, sociales et écologiques de la croissance. Il devra expliquer le rôle du travail, de l’entreprise et de l’entrepreneur, montrer que le scandale est dans la pauvreté plus que dans la richesse, dans les injustices plus que dans les inégalités. Il devra expliciter le rôle relatif de la concurrence et des collectivités publiques dans la création et la répartition des richesses.” Quelle ironie de lire ces lignes au moment où les marchés financiers vacillent tout autour de la planète, au moment où la concurrence entre vieilles et nouvelles nations industrielles s’exaspère, accélérant la destruction des ressources et creusant les inégalités !

Je n’irai pas plus loin ce soir dans l’analyse à chaud de ce rapport. D’autres sauront, je l’espère, compléter et enrichir cette analyse critique du rapport, car si l’école vient en tête des préoccupations venimeuses d’Attali et de sa clique, elle n’est pas, loin s’en faut, la seule visée par cette charge anti-sociale. Ce serait, bien sûr, la tâche des militants syndicaux “professionnels” que de mener cette critique, et d’alerter l’ensemble des salariés sur ce qui constitue, Sarkozy l’a lui-même reconnu, le projet politique du gouvernement. Malheureusement, les directions syndicales restent sidérées face à la détermination du gouvernement. La mobilisation des grévistes du 24 janvier saura-t-elle les tirer de leur effarement ? Ou permettra-t-elle seulement de masquer leur incurie ?

P. Seppecher

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Xavier Darcos veut aller “plus loin” dans le service minimum à l’école

Publié par lucien sur 20 janvier 2008

Revue de presse
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 20.01.08

Interrogé par Canal+, dimanche 20 janvier, le ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, a critiqué la grève que les enseignants mèneront, jeudi, dans le cadre d’un mouvement national des fonctionnaires, estimant que “ce n’est pas avec des grèves que nous réglerons les problèmes de l’école de la nation”. Il a également affirmé que le service minimum à l’école, qui sera expérimenté à cette occasion, pourrait être étendu, évoquant la possibilité de demander “aux professeurs de se déclarer grévistes deux jours avant”.

Selon M. Darcos, “plus de 370 villes ont déjà accepté” d’expérimenter ce service minimum d’accueil dans les écoles maternelles et élémentaires pour jeudi, “y compris des villes socialistes comme Chambéry”. Ce service pourra être remboursé par l’Etat aux communes à hauteur de 90 euros par groupe de 10 à 15 élèves pour six heures d’accueil.Le ministre en a profité pour critiquer le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a refusé de mettre en place ce système en expliquant que la commune ne pouvait se substituer à l’Etat en raison d’un problème de responsabilité juridique. “Les maires sont déjà responsables de l’accueil des enfants et des locaux dans lesquels ils se trouvent puisqu’il s’agit du premier degré. M. Delanoë le sait très bien d’ailleurs”, a-t-il expliqué.

Plus globalement, M. Darcos a déclaré que la vision qui existe actuellement à l’éducation nationale, qui consiste à “croire que la réponse aux problèmes (…) c’est de protester contre des ministres qui ne rêveraient que de démanteler le service public, de lui faire du tort, d’embêter les gens, de faire le malheur des petits enfants, et en conséquence de s’arrêter de travailler”, devra être “un peu révisée”.

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Voir aussi:
  • Pourquoi feindre l’étonnement? (Ensemble, 18-01-0 8)
    • “Le ministre fait ce pour quoi il a été nommé : appliquer une politique de régression sociale.
      Cela vous surprend ? C’était pourtant écrit noir sur blanc dans le programme de Nicolas Sarkozy.”

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La réforme des régimes spéciaux au Journal Officiel

Publié par syndicaliste sur 16 janvier 2008

Article publié aujourd’hui sur le blog Où va la CGT?

Ca y est. Contrairement à tout ce que claironne la confédération CGT, la réforme des régimes spéciaux est validée, et publiée au Journal Officiel du 16 janvier pour prise d’effet au 1er juillet 2008.
On trouve dans les textes tous les éléments prévus par le gouvernement Sarkozy/Fillon : allongement de la durée de cotisations, décote, indexation.
On trouvera ici le Décret N°2008-47 du 15 janvier 2008 relatif au régime spécial de retraite du personnel de la Société nationale des chemins de fer français, et ici le Décret N°2008-48 du 15 janvier 2008 relatif au régime spécial de retraite du personnel de la Régie autonome des transports parisiens.

Depuis la reprise forcée du 21 novembre pour “permettre les négociations”, la confédération, comme les fédérations concernées font tout leur possible pour laisser croire que les choses avancent, que c’est moins pire, qu’il reste des choses à négocier, qu’il faut améliorer le rapport de force, et d’ailleurs le 22 janvier etc… etc…
C’est la tradition dans la confédération : le mensonge pour politique, la déformation, le travestissement de la réalité pour tenter de ne pas perdre la face. Confédération comme fédérations tentent de nous faire croire que la tactique suivie a fait la preuve de sa justesse, que l’orientation du 48ème Congrès était juste.
Mais les travailleurs voient le résultat, cash. Des années de travail en plus, des pensions amputées de centaines d’euros. Maintenant, c’est cash qu’il faut faire payer les directions syndicales !

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