Le Plan “Réussir en Licence” : une nouvelle attaque contre les droits étudiants
Publié par lucien sur 19 février 2008
Le Plan “Réussir en Licence” :
Le 13 décembre 2007, en pleine mobilisation étudiante, Valérie Pecresse a annoncé un nouveau plan pour la “réussite en Licence” . Derrière ces mots se cache une nouvelle attaque contre le service public d’éducation et contre les droits étudiants fondamentaux.
Le Plan Licence , tout comme la LRU, reprend dans les grandes lignes les recommandations du rapport Hetzel que la FSE combattait déjà en 2006.
Un nouveau plan de bataille pour le gouvernement et le patronat
L’automne 2007 a vu une lutte massive se construire contre la loi sur les “libertés et responsabilités des universités” dite LRU. En exigeant notamment le retrait de cette loi, les étudiant-e-s et lycéen-e-s combattaient la capitalisation de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire la soumission de ce dernier aux intérêts du patronat. Disant répondre aux revendications étudiantes, le gouvernement Sarkozy/Fillon tente de museler la contestation en mettant en place de nouvelles mesures de régression sociale. De la même manière qu’il répondait au mouvement de contestation des quartiers populaires en novembre 2005 par une loi sur “l’égalite des chances” combattue par les travailleur-euse-s, il répond aujourd’hui à la lutte contre la capitalisation de l’Université par des attaques supplémentaires contre les droits étudiants. Notons que Pécresse s’est appuyé sur les syndicats institutionnels (UNEF, Cé) pour légitimer ses attaques. Ces derniers, après avoir négocié la LRU, osent annoncer que le Plan Licence est un acquis de la lutte alors que celui-ci était prévu depuis le rapport Hetzel.
Faire de la licence un diplôme professionnalisé, dévalorisé, et terminal pour la masse des étudiant-e-s
La logique du Plan Licence est simple : les entreprises ne veulent plus d’étudiant-e-s formé-e-s sur des connaissances fondamentales mais sur des compétences précises profitables immédiatement aux entreprises. Le but est d’accentuer la casse du cadre national des diplômes, d’individualiser ces derniers et de mettre en concurrence les étudiant-e-s. Ce mécanisme renforce la concurrence entre travailleur-euse-s puisque ce cadre national était adossé à des droits collectifs dans le monde du travail. C’est ainsi que, au cours de la 2ème et 3ème année, l’étudiant-e sera amené-e à “découvrir le monde de l’entreprise“ et à faire obligatoirement un stage. De plus, “l’apprentissage des compétences (TIC, rédaction de CV)“ sera favorisé dès la 1ère année au détriment des connaissances fondamentales liées à une discipline (lettres, droit, sciences physiques,…). Enfin, l’étudiant-e devra orienter ses choix de cursus en lien avec “une ouverture sur les métiers“, c’est à dire en fonction des besoins du patronat local. Quand les entreprises participent à la gestion de l’Université, elles développent les formations qui leur sont profitables économiquement et délaissent celles ne leur rapportant rien. Elles le font d’autant plus facilement que, depuis plus de 30 ans, l’État se désengage financièrement de l’enseignement supérieur.
L’application concrète de la sélection à l’entrée des universités
Tout d’abord, chaque université devra afficher “les places disponibles pour chaque filière, les taux de réussite aux examens et les taux d’insertion professionnelles”. L’université fait donc comprendre aux futurs étudiant-e-s que leurs orientations ne doit pas dépendre de critères scolaires mais économiques. Ensuite, les lycéen-e-s recevront un “avis” d’un conseil de classe d’orientation. Le but est de dissuader l’élève de choisir une filière par goût mais en fonction de son “projet d’insertion professionnelle”. Cette pré-inscription/sélection va permettre aux universités de choisir les meilleurs étudiant-e-s au moment des procédures d’orientation, ceux/celles qui pourront payer le plus, laissant sur le carreau les plus pauvres.
Justifier une politique à l’encontre des classes populaires
Pécresse annonce que le Plan Licence , en renforçant l’insertion professionnelle des étudiant-e-s, permettra de “diviser le taux d’échec par 2 en première année”. Nous refusons ce constat : la réelle explication de l’échec scolaire réside dans l’insuffisance des bourses sur critères sociaux et l’obligation de se salarier pour subvenir à ses besoins. Alors que les enfants d’ouvrier-e-s ont sept fois moins de chances d’accéder à l’Université que les enfants de cadres, le gouvernement souhaite justifier sa politique à l’encontre des classes populaires. Sa seule réponse et d’offrir aux facs la possibilité d’embaucher des étudiant-e-s sur contrat précaire afin que ceux/celles ci soient “plus près de leurs lieux d’études”.
Non à la mise en concurrence des universités ! Non à la mise en concurrence des travailleur-euse-s !
Ce Plan Licence est la suite logique du processus européen de Bologne. Dans la continuité des réformes LMD-ECTS et de la LRU, les gouvernements successifs accentuent la casse du cadre national des diplômes et l’autonomie pédagogique des universités. Les diplômes deviennent locaux, n’ont plus aucune valeur et leur qualité baisse (multiplication des stages, manipulation de logiciels informatiques,…). Il s’agit d’une part d’offrir au patronat une main d’œuvre peu formée, donc plus corvéable, et d’autre part de mettre en concurrence les travailleur-euse-s via l’individualisation de leurs statuts. Le Plan Licence utilise la peur du chômage de masse pour professionnaliser les diplômes et dégrader nos conditions d’études. Soyons clairs, la professionnalisation ne créera aucun emploi : ce n’est pas l’Université qui est responsable du chômage mais le système capitaliste qui a besoin de faire pression à la baisse sur les salaires pour augmenter les profits d’une minorité.
Il faut préparer les prochaines luttes !
Alors que le gouvernement et les syndicats institutionnels présentent ce Plan Licence comme la réponse aux revendications étudiantes, nous devons, à la lumière de la lutte anti-LRU, acquérir la conscience que seule l’organisation collective des étudiant-e-s et le rapport de force permettent de défendre efficacement nos droits. L’AGET-FSE continuera de mener le combat contre la capitalisation de l’enseignement supérieur. Nous appelons donc les étudiant-e-s à préparer les luttes futures à nos côtés et à se syndiquer car, de son côté, le gouvernement ne perdra pas de temps pour casser nos acquis (LRU, chasse aux sans papiers, destruction de l’aide sociale étudiante, contrat unique,…). Nous devons nous tenir prêt-e-s pour riposter avec une énergie redoublée !
Non au Plan Licence de Pécresse !
Retrait sans condition de la LRU !
Le savoir est une arme, le syndicat est une force !
Seule la lutte paie !
AGET – Fédération Syndicale Etudiante
Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Limoges 13 mai 2003
Brest 19 mai 2003
Paris 25 mai 2003
Paris (BNF en grève) juin 2003
Nice 5 juin 2003
Caen 12 juin 2003
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
Pentecôte 2005
Non au traité en 2005
Caen 4 octobre 2005
Toulouse 23 février 2006
Paris 3 mars 2006
11 mars 2006
Evacuation de la Sorbonne 11 mars 2006
Lille 16 mars 2006
Besançon 16 mars 2006
Paris 18 mars 2006
Caen 18 mars 2006
Bordeaux 21 mars 2006
Grenoble 23 mars 2006
Caen 27 mars 2006
3 millions de manifestants le 28 mars 2006
Caen 28 mars 2006 (1)
Caen 28 mars 2006 (2)
Le Havre 28 mars 2006
Rennes 28 mars 2006
Nice 28 mars 2006
Caen 30 mars 2006 (1)
Caen 30 mars 2006 (2)
Paris 4 avril 2006
Caen 6 avril 2006
Caen 7 avril 2006
Ploermel 18 novembre 2006
Congrès de Marseille de la FSU (29 janvier - 2 février 2007)
Manif du 18 octobre 2007
"l'émancipation de la classe ouvrière doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes"
(Statuts de l'A.I.T., 1864)
"Notre laïcité est d'essence prolétarienne, fidèle à la valeur étymologique du mot [Laïkos = peuple], elle s'oppose à l'aristocratisme des clercs dont le rôle consiste à faire admettre, par la persuasion, les pires servitudes". Marceau Pivert (1930)
Paris (Gare de Lyon) 30 mars 2006
"Vous avez besoin d'une boussole. Je n'en connais qu'une : l'intérêt ouvrier, celui de la classe ouvrière française, celui aussi des ouvriers de tous les pays. L'intérêt général, l'intérêt national, fichaises et tromperies." Pierre Monatte (1947)


"Il est temps de retrouver la bonne route. Il faut en revenir aux méthodes éprouvées de la lutte de classe et de l'internationalisme ouvrier.
Cela suppose un immense effort de redressement du mouvement syndical par les syndiqués eux-mêmes en vue de faire de la C.G.T. à tous les degrés une organisation démocratique et indépendante.". Marcel Valière (1947)
Congrès de Grenoble de la fédération unitaire de l'enseignement CGTU (1926)